De idol
5. Adv. Marc, IV, 17. Cette idée de l'indignité du prêta intérêt paraît chez Lucien, Hermot., 18.
6. De idol., i3. Celse (onz. C. Celsc, i, g) nous prouve que des chrétiens de son temps observaient réellement l'interdiction que Tertullien formule ici : Ttvâ; |XT,Ô£ |jO'jXo|xévo'j; ôiSovat t, )»a|j.6âv3'.v >>ùyov ';r£pt wv TriffTeûoiKTt, ypf,aTaèi tw MT| sçÉaÇs, àA>>à -tffXî'jffov • xai, 'Il -tffxi; jou cjoiaet ae.
reusement interdits, celui de cabaretier par exemple ' ; dans ce cas, la personne sauvait et faisait accepter la profession. Cest ainsi que S. Théodote, qui est aubergiste, fait de sa maison « un port de salut pour ceux que poursuit la persécution » \ Il fallut même bien que rÉglise orthodoxe se montrât plus tolérante que TertuUien ; c'est-à-dire qu'elle justifiât plus largement la pratique, au fur et à mesure que le christianisme coïncida plus exactement avec la vie courante et normale. Force lui fut, par exemple, de fermer les yeux sur l'amour de l'argent, qui, selon l'Apôtre, est la racine de tous les vices ' ; elle employa tout son effort, d'ailleurs avec plus de constance que de bonheur, à en modérer les excès chez les fidèles '• et à s'en préserver elle-même \ Toutefois, il serait aisé de retrouver après TertuUien des déclarations aussi radicales que les siennes sur le commerce et ses vices, mais ce ne sont plus que des réflexions de moralistes religieux, qui constatent et déplorent de fatales défaillances, sans espoir de les corriger \ En définitive, l'interdit ne persistera que sur les métiers notoirement idolàtriques et reconnus infâmes par l'opinion publique '.
1. Le Blant, Inscr. clirét., l, p. i3o, relève en une liste les métiers qu'énoncent les inscriptions; j'y trouve un tabevnarius et quatre medici; par rapport aux nombre des inscriptions étudiées, c'est là une très forte proportion qui tendrait à établir qu'il y eut beaucoup de médecins chrétiens.
2. Passio SS. Tlicodoti, etc., III, (Ruinart.) — Remarquer cependant que le narrateur croit devoir l'excuser d'être cabaretier : et enim cauponaria praeter
morem erat ei in vili habitu pro munere episcopali VI : non enim cau-
ponariam ut quidam aiunt, lucri causa exercebat ad congregandas pecunias; sed industria utens, cogitabat quomodo caupona sua tieret portus salutis pcrsecutionem patientibus. . .
3. / Tim., VI, 7-10 : piî^a yip -jrivTwv xwv vcaxwv ssxlv yi oiXapyupia.
4. Voy. les recommandations de Clément d'Alexandrie, Pedag. lll, 11, 78 : ne jamais avoir deux prix; ne pas jurer en atïaires ; dire la vérité tout simplement; Dieu ne veut dans sa maison ni menteur ni tricheur. Longtemps l'Église garda ses défiances à l'endroit du prêt à intérêt, qu'elle confondait avec l'usure. (Cyprien, Testim., III, 48 et 61 ; Ambros., Ep., I, xix, 4 et s.). Elle fit du prêt simple une obligation morale de charité (Lact., Inst. div., VI, 18), qui demeura imposée aux clercs [Can. Apost., XLIll, ap. Mansi, I, p. 38; Conc. Laodic, ap. Mansi, II, p. 556). L'épitaphe d'Avolus, par Fortunat, nous fournit un exemple de l'observance de cette règle (Fortunat, IV, XXI, 8 et s., ap. Le Blant, Inscr. cliret., n" 636). Finalement c'est l'usure seule qui est interdite avec sévérité (Hieron., Comment, in E^^ech., VI, 18, vers 5-6 ; Conc. Eliberit., can. XX, ap. Mansi, II, p. 9 et Conc. Nicaen., can. XVII, ap. Mansi, II, 675). , .
5. L'Église n'encouragea pas les clercs à commercer. Le concile d'Elvire ne les y autorise qu'à la condition qu'ils ne sortent pas de leur provincia {Conc. Eliberit., can. XVIII, ap. Mansi, II, p. 9). S. Hilaire le leur interdit tout a tait, comme étant d'un grand danger pour eux et pour l'Eglise, dont ils sont les flambeaux (S. Hilar., Tract, in CXXXVIII Psalm., 34).
6. C'est le sens des imprécations de Salvien, De Giib. Dei, III, 10, 5o : Quid autem aliud est cunctorum negotiantium vita quam fraus atque periurium... t IV, 14, 69 : le commerce n'est que meditatio doli et tritura mendacii.
7. S. Augustin les énumère {De opère monach., XIII, 14); ce sont ceux que
En somme, nous entrevoyons, à propos de cette question du travail, qu'elle aurait pu être la portée sociale du christianisme s'il s'était transposé et s'était, en toutes choses, attaché plus directement à la vie terrestre. Il lui suffit de s'arrêter presque involontairement sur le travail pour accomplir une révolution véritable ; d'avili qu'il était aux yeux des païens, il en fit, en effet, une occupation apostolique particulièrement agréable à Dieu, et bientôt une espèce de prière '. Les réactions du siècle, des habitudes courantes, des préjugés mondains ne triompheront pas de la parole de S. Paul, et, en ce sens, la conception chrétienne du travail, a été la première forme de l'opinion que nous nous en faisons aujourd'hui. Mais les contemporains de Tertullien ne pouvaient prévoir cet ultime et très noble résultat de l'effort chrétien ; leur esprit, inhabile aux généralisations et aux discussions de principes, ne s'élevait pas d'ordinaire au-dessus des faits de chaque jour et des idées qui pouvaient être immédiatement transportées dans la pratique ; il est clair qu'à considérer sous cet angle les sentiments de Tertullien sur le travail et les occupations dignes ou indignes du chrétien, ils devraient paraître, sinon dangereux, au moins à l'envers de tout bon sens, étant perturbateurs de tout ordre établi et de tous les usages admis.
l'Apôtre n'a certainement pas exercés : efFractor, latro, auriga, venator, histrio, turpilucrus. L'interdiction s'est précisée surtout à propos des gens de théâtre : Cyprien, Ep., II, i : ...puto ergo... ut pudor et honor ecclesiae tam turpi et infami contagione foedetur. Voy. les interdictions précises de communion prononcées contre les theatrici, aurigae, pantomimi, par Coyic. Eliberit., can. LXII, ap. Mansi, II, p. 62; Conc. Arelat., can. V, ap. Mansi, II, p. 471. Les Can. Apost., LUI, ap. Mansi, I, p. 42, se contentent d'interdire aux clercs le séjour dans une auberge, à moins d'absolue nécessité. Voy. la même recommandation ap. August., Serm. ad fratres in eremo commor., Sermo XXXVI. — Les Const. Apost., IV, 6; 7 et 8, énumèrent également les métiers infâmes, en défendant de recevoir l'aumône de ceux qui les exercent.
I. Sur ce relèvement du travail libre par le christianisme, voy. partie. P. Ailard, Les esclaves chrétiens, depuis les premiers temps de l'Eglise jusqu'à la fin de la domination romaine en Occident. Paris, 1876, 2° éd., pp. 409 et ss. Il existe de cet ouvrage une réédition très peu remaniée : Paris, 1900, in-12.