Exemple : Eus., H. E., IV, i5,2i et s
LES DISTINCTIONS SOCIALES ET l'eSCLAVAGE SÔQ
ment quel mépris ils ne cachent pas pour le peuple ' ! Si le confesseur lui-même place avant toute chose sa dignité de chrétien "", les hagiographes témoignent toujours d'une estime particulière aux riches et aux nobles qui savent préférer la foi à leur situation séculière \ Certes, les encouragements '' à ce faire, et même les exemples, n'ont Jamais manqué, puisqu'il est toujours demeuré entendu que celui qui attend sa part d'héritage dans le siècle ne sera pas le cohéritier du Christ \ Malgré tout, reportons-nous aux inscriptions chrétiennes; nous voyons que si les marbres très antiques ne portent d'ordinaire aucune indication de rang social '^, il n'en va pas de môme des autres. Nous avons l'impression que, dès l'époque du triomphe, et sans doute avant, la considération pour les avantages de la naissance et de la fortune s'affirme dans l'Église; il y a lieu de croire, à mon sens, qu'elle n'en a Jamais été tout à fait absente. Le christianisme n'a pas su s'abstraire assez de la société dans laquelle il a vécu, pour aller, même dans l'Église, Jusqu'au nivellement des classes '.
III, — Au reste, avant d'essayer de faire disparaître les différences, dans la pratique très grandes, mais théoriquement médiocres, qui séparent les honestiores et les humiliores, le christianisme aurait dû abolir la plus monstrueuse des inégalités, celle qui ravalait une part si considérable des êtres humains au rang des choses ou des animaux **, il aurait dû condamner l'esclavage ''.Sans doute, au temps de Tertullien, la vieille doctrine aristotélicienne de l'esclavage. Justifiée par une sorte de droit naturel, était fortement ébranlée et beaucoup d'hommes admettaient l'égalité naturelle de tous les êtres humains '". Les esclaves sont des hommes; les stoï-