Le Blant, Jnsa: chrét., I, n» 483 et n
homme qui n'est point au dessus de l'humanité : il est paisible et bon', sincère et franc ', humble de cœur ' et de langage \ modéré en toutes choses \ sans colère ^, sans rancune ' et sans envie \ patient", discret '", miséricordieux ", surtout charitable '^ disposé à aimer jusqu'à ses ennemis '\ infiniment tendre et indulgent à toutes les créatures '', si éloigné de toute malice qu'il se demande sérieusement s'il a le droit de défendre sa vie menacée '^ et qu'il vit les yeux fixés sur le doux idéal de l'àme d'enfant, sur laquelle il voudrait calquer son âme "^ ; il n'a de haine que contre Tidolàtrie '^ et contre le péché, surtout celui de la chair, de tous le plus redoutable '^ Il se dégage de tous les textes chrétiens, si divers d'origine et de date, si semblables d'esprit pourtant, parce qu'ils sont tous inspirés de ÏEvangile^ et qui reviennent se grouper dans ma mémoire pour tracer ces quelques traits, une impression d'infinie douceur et d'humanité épurée, idéalisée sans doute, mais réelle et vivante. C'est bien à des hommes fragiles et faibles et non point à l'Homme que s'adresse la morale chrétienne et elle a prévu leurs chutes ; elle les a rassurés d'avance sur leurs défaillances ; elle a des paroles de pardon et des encouragements qui relèvent et soutiennent leurs efforts vers le bien '■'; tout chrétien de bonne volonté peut espérer accomplir ses préceptes simples. Sans doute, cette espérance restera illusoire dans le siècle et ne se réalisera que dans
1. Math., V, 9; Didaché, III, 9 ; Le Blant, Inscr. chrét., I, n<" 635, 63/, 641.