Icaroménippe, 2g
3. Lucien, Ménippe, 4 : Ménippe en a des nausées et finit par s'endormir au bruit des querelles; La double accus., 1 1 ; Hermot., pass. ; 79 et s.
4. Hermot., en entier, particulièrement 7 et 18; Ménippe, 5; c'est là sans nul doute leur vice le plus habituel; on peut le conclure de l'insistance de Lucien et aussi des recommandations d'Apollonius (Philostr., .4;;o//., I, 35), qui insiste pour que le sage se garde de ce vice avant tous les autres.
5. Lucien, le Banquet, 21 et s., où le philosophe Hémoticlés, furieux de ne pas avoir été invité à un festin, écrit à l'hôte, pour se plaindre, une lettre extraordinaire; voy. dans Hermot., 81, la morgue de l'apprenti philosophe qui se fait une joie de mépriser le vulgaire.
6. Philostr., .4po//., passim not. "VIII, 7, nous représente les tribulations que son héros traverse en Asie, comme en grande partie le résultat des intrigues d'un rhéteur philosophe ; c'est un certain Euphrate d'Alexandrie qui est en fureur de ce qu'Apollonius Fa combattu devant Vespasien et a raillé son avidité.
7. Lucien, Dial. des Morts, 10,7; Timon, 54-55; Philostr., ApolL, I, 7, sur un des maîtres d'Apollonius gourmand et débauché; c'est d'un autre ton que Lucien, mais tout aussi net.
8. La lune elle-même se voile la face : Icaroménippe, 20 et 21.
pots deviennent vite des arguments redoutables '. Tous ces hommes ne sont, au fond, que de pompeux ignorants, pas plus avancés que ceux qui ne savent absolument rien dans la connaissance de la vraie vie, de la vie d'or ". Au reste, comment faire au milieu de tant d'opinions contradictoires et intolérantes ? Choisir ; il le faut bien, car les vérités incontestées par tout le monde sont si peu nombreuses qu'on ne saurait s'en contenter '. Mais comment choisir avec discernement; il faudrait pouvoir parcourir toutes les écoles, et la vie d'un homme n'y suffirait pas \ Aussi, que recueille le peuple de toutes ces agitations, de toutes ces vaines et subtiles querelles? Rien du tout, pas plus d'ailleurs que ceux qui les mènent ^ et que le vulgaire considère comme des fainéants et des efféminés*'. Il y a bien quelques vrais philosophes, quelques hommes d'esprit élevé et large, qui font vraiment ce qu'ils disent faire, mais ils sont si peu que leur influence ne saurait être sérieuse '. Cette contre partie, oi^i j'ai tâché de résumer les griefs de Lucien, est sans nul doute exagérée ; il semble évident que le désir de rester plaisant a conduit l'aimable épicurien'^ à forcer les traits, au moins à les réunir arbitrairement et à trop généraliser. Ce qu'il dit des stoïques et des cyniques '' prouve bien qu'il n'est point lui-même étranger aux querelles de secte, et qu'il n'est point encore parvenu dans les régions sereines de la philosophie pure : je crois d'ailleurs qu'il ne s'en pique pas. Mais ce qui ressort de ses moqueries et propos divers, c'est que les philosophes ses contemporains ne sont pas du tout des savants, qu'ils n'ont dans l'esprit aucune aspiration scientifique, que les bévues scientifiques ou les superstitions les
1. Herniot., 12 : Un stoïcien, ne pouvant convaincre un adversaire, lui a jeté à la tète une lourde coupe qui l'a à moitié tué. Voy. le Banquet en entier, not. la conclusion, 48 ; c'est très joli et très vivant.