‹ TertullienChapitre 399 sur 561 · Dias · texte numérisé non relu

Dias

qu'il ne pouvait entrer un instant dans la pensée d'Hermias qu'on pût comparer, à un degré quelconque, Celui dont ils devaient aveuglément suivre les préceptes et le chef d'une secte païenne.

Bien que les documents dont nous disposons soient peu nombreux, nous pouvons hardiment affirmer, qu'avant Tertullien, la majorité des chrétiens, même instruits, était hostile'à l'étude de la philosophie, et je ne vois que Saint Justin qui, jugeant les autres d'après lui-même, soit enclin à la recommander pour faciliter l'accès de la vérité divine, et la croie agréable aux yeux de Dieu, à icause du bon usage qu'on en peut faire. II attribue les divergences des sectes, lui aussi, au principe d'autorité dogmatique qui les domine toutes ; les élèves se contentent de la doctrine qui leur est transmise par le maître, sans chercher par eux-mêmes la vérité, qu'ils ne manqueraient pas de trouver s'ils le voulaient, car elle est une '.

De la science, les chrétiens ne peuvent penser que ce qu'ils pensent de la philosophie, puisqu'elles ne vont point alors l'une sans l'autre, et sont les deux termes nécessaires de la recherche du vrai. Les textes, qui nous montrent l'opinion chrétienne sur la science proprement dite, sont nombreux, parce que la science se présentait comme le moyen humain d'atteindre la vérité et Dieu lui-même, qu'elle affectait de se passer de Dieu et qu'il y avait, dans le principe même d'une telle prétention, un sacrilège intolérable aux chrétiens, L'Apôtre professait, à l'égard de la science, la même défiance qu'à l'endroit de la philosophie; il engageait le fidèle à fuir toute discussion scientifique \ La foi ellemême était, dans son principe, anti-scientifique, car elle reposait sur la révélation affirmée parle miracle; mais, s'il n'est pas de science sans lois naturelles, il n'est point davantage de lois naturelles qui puissent s'accorder avec le miracle. Or, aux yeux du chrétien, les prières du juste peuvent suffire pour arrêter le fonctionnement des lois naturelles ' et il n'est pas d'expérience qui puisse prévaloir contre la révélation ''. Toutefois, dans le christianisme primitif, nous retrouvons, sur la science, les deux opinions divergentes que nous signalions tout à l'heure à propos de la philosophie.

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