De anima
hasard, il se trouve bien quelques bonnes choses dans les écrits des philosophes, mais il ne faut pas s'en étonner, car elles ont été simplement pillées dans les Livres Saints ' et tout le reste doit être évité, ainsi que le recommande l'Apôtre, comme un danger capital \
D'ailleurs, pourquoi chercher à savoir encore? A peine Tertullien admet-il qu'on étudie la médecine, parce que certains chrétiens s'y sont adonnés et y ont réussi ^ ; sans doute aussi parce qu'elle ne s'occupe que du corps. Cependant elle a le tort, parfois, de trop voisiner avec la philosophie, qui est, dit-on, sa sœur, et de s'abandonner, comme elle, à des spéculations vides. Telles sont ses recherches sur l'àme, qu'elle prétend connaître mieux que la philosophie, parce qu'elle connaît mieux son enveloppe, ou encore ses théories sur la vie et sur la mort \ Au reste, une foule de maladies lui échappent; ce sont celles que nous appelons, nous, nerveuses, et qui sont, dit TertuUien, causées par les démons; le moindre chrétien suffit à les guérir, et point n'est besoin qu'il soit médecin ; il se contente de chasser par la puissance de Jésus Christ, le démon malfaisant qui hante le malade, et le mal disparaît \ Tout ce qui n'est que vaine recherche est inutile et pâture de charlatans. Il est écrit : « Cherche'{ et vous trouvère^ » ; mais il faut entendre, « cherchez pour trouver le Christ ». Le précepte était bon pour les hommes qui, de son temps, ignoraient sa venue, mais il n'y a plus à chercher aujourd'hui ; la vérité est trouvée '^; elle est dans l'Évangile ; la foi, et la foi toute seule, est la règle de toute connaissance '. TertuUien aboutit à une double formule, qui est, en fait, la condamnation de principe de toute science : « Ne rien savoir contre la règle, c'est-à-dire, contre l'Ecriture, c'est tout savoir " » ; et : « L'Écriture nie tout ce qu'elle n'affirme pas ^. »
En ne se départissant point, sur la question de la philosophie et de la science, de son ordinaire intransigeance, TertuUien demeure d'accord avec lui-même et très logique, puisqu'il est naturellement