‹ TertullienChapitre 408 sur 561 · ApoL, 23 ; Ad Scap · texte numérisé non relu

ApoL, 23 ; Ad Scap

6. De praescr. Iiaer., 8; i i : Nemo quaerit nisi qui aut non habuit aut perdidit... Panem vicinus non habebat et ideo pulsabat, ubi lamen apertum est ei et acccpit, pulsare cessavit... ; adeo finis ut et quaerendi et pulsandi et petcndi.

7. De praescr. Iiaer., 8; g; 11 ; 14, 43. C'est en effet la foi et non exercitatio scripturarum (De praescr. Iiaer., 14); car il est inutile de raisonner; le témoignage de l'âme suiVit {De testim. animae, i).

8. De praescr. Iiaer., 14 : Adversus regulam nihil scire omnia scire est. g. De monog., 4 : Negat scriptura quod non notât.

incliné vers les solutions extrêmes, et que sa foi constante dans rimminence de la fin du monde le pousse à proscrire de la vie humaine tout ce qui n'est pas nécessaire au salut. Ce rigorisme, à peu près conforme à la première tradition chrétienne, devait d'ailleurs fléchir après lui, au fur et à mesure que l'espérance de la tin du monde recula et que les nécessités terrestres de la vie se firent plus instamment sentir. Il faut dire aussi qu'il y eut, à ce point de vue, plus qu'une influence du temps, il y eut aussi une influence du milieu. C'est ainsi que le milieu alexandrin, très profondément pénétré de culture philosophique et scientifique, donna aux docteurs chrétiens qui se formèrent en lui un penchant, que n'eurent généralement pas les autres, pour la philosophie et la science. Clément d'Alexandrie, d'abord, Origène ensuite, tout en maintenant les idées chrétiennes, nécessairement immuables, sur la relativité de la connaissance humaine, sur son humilité par rapport à la divine, sur ses emprunts à l'Ecriture et sur ses plagiats, sont pourtant, l'un et l'autre, partisans de l'étude de la philosophie et de la science. Tous deux ont prêché d'exemple et leurs écrits témoignent, au moins, de connaissances philosophiques étendues. Origène, au dire d'Eusèbe ', avait même atteint en ces matières une telle réputation et une telle compétence, que les philosophes païens d'Alexandrie étaient heureux d'avoir son opinion sur leurs ouvrages, et qu'ils les lui soumettaient volontiers. Dès l'époque d'Origène, les idées qui étaient les siennes faisaient des progrès dans l'Église; elles devaient finalement y triompher et aboutir à de curieuses tentatives de conciliation entre la philosophie, la science et la foi; Tertullien les aurait sans doute trouvées sacrilèges, à moins que les subtilités dont elles s'étayent, n'aient séduit son esprit de rhéteur.

IV. — Sur la philosophie, Tertullien exprime l'opinion la plus rigoureuse qu'on rencontre chez les chrétiens, ou peu s'en faut. En moyenne, ils s'arrêtèrent à une doctrine plus modérée et ils firent des concessions aux hommes qui, tout en étant attachés à la foi, conservaient quelque tendresse aux belles spéculations de l'école. La question semble pourtant les avoir fort divisés, si nous nous en rapportons à Clément d'Alexandrie ". Selon les uns, la sagesse grecque possède bien quelques vérités, mais elle est loin de posséder la vérité; pour d'autres, elle est tout simplement une invention du démon (sx 'zo~j oiaêôXou iv/ xîvr^artv '-V/ît), et, par expresse concession, certains déclarent qu'elle est, au moins, œuvre de puissan-

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