Strom., I
point de la dialectique chrétienne '. On voit même assez vite que certains chrétiens ont suivi tout le cycle des études païennes; la preuve en est parfois indirecte ; je veux dire que l'éducation reçue ne se révèle que par ses effets \ Il arrive aussi qu'elle soit directe et que nous trouvions l'expresse mention des fortes études faites par tel ou tel fidèle ^.
De toutes les sciences, ce fut la médecine qui rallia le plus vite les suffrages chrétiens : l'expérience apprit assez tôt aux hommes qu'il ne leur fallait pas toujours compter sur la Providence pour les débarrasser des incommodités par lesquelles Dieu les éprouvait ', ou que les démons leur infligeaient par malice. En outre, l'homme, par nature sensible à la douleur \ ne songe guère qu'à elle quand elle le tient ; cette préoccupation unique nuit au salut, autant que l'angoisse de la pauvreté, et il convient, à ce point de vue, d'en abréger la durée ^ Puis, la médecine sérieuse a l'avantage d'arracher le malade à la folie des enchantements et des sortilèges, où la faiblesse humaine se laisse si aisément entraîner quand la souffrance l'étreint \ Au reste, à côté des remèdes humains, audessus d'eux, dem.eure toujours, pour le chrétien, la foi en la suprême bonté de Dieu et l'espérance du miracle **. Ce n'est pas sans quelqu'ironie qu'Eusèbe nous rapporte l'histoire de l'évêque Théodote de Laodicée ; ce fut le plus habile médecin des corps qu'il y eut de son temps, mais il n'acquit point un semblable mérite comme médecin des âmes, car, pour n'avoir pas su contraindre la sienne, il se montra incapable de supporter la per-
1. Voy. dans Const. Apost., VI, 28, l'explication de la menstruation; dans Orig., C. Celse, IV, 5j, la vieille histoire de la .moelle épinière du cadavre humain, qui se transforme en serpent; celle de la génération spontanée des abeilles, des guêpes et des escarbots, par décomposition des cadavres d'un bœuf, d'un cheval et d'un âne. Rapprochez Pline, H. N., X, 66; XI, 20; Ovide. Métam., XV, 4; Suidas aux mots BoÛTtati;, "lir-oi et Kd(v6apo<;. — August., De civ. Dei, XXI, not. 4 et 5, rapporte, sans aucune espèce de critique, une foule de fables sur les propriétés naturelles du diamant et sur divers autres pseudophénomènes, dont une simple observation lui eût démontré la fausseté ; et cependant il recommande l'étude de l'histoire naturelle : De doctr. christ., Il, 29, 45.