‹ TertullienChapitre 435 sur 561 · C. Celse, VI · texte numérisé non relu

C. Celse, VI

être choqué, un groupe, païen d'origine, qu'il dit représenter le Christ et l'hémoroïsse; l'herbe qui pousse au pied du socle a le don du miracle, ce qui prouve péremptoirement que l'approbation de Dieu est sur cet ouvrage d'art '. Il ne proteste non plus, en aucune manière, contre la statue élevée à Constantin après sa victoire sur Maxence, parce que l'empereur a fait placer, dans sa main, la croix, et graver sur le socle une inscription rapportant à Dieu le mérite de ses succès\ Sans doute, nous sommes, avec Eusèbe, dans cette période de transition où la joie du triomphe rend parfois les chrétiens un peu aveugles sur la portée des concessions que leur foi fait au monde; toutefois, on peut dire que l'évolution des idées chrétiennes, sur la question qui nous occupe, est dès lors accomplie dans l'Église et que celle-ci est prête à accepter l'art, transposé à l'usage du christianisme. Il n'y avait cependant pas encore unanimité parmi les fidèles •^; ce qui explique que l'Église elle-même ait un peu hésité avant de fixer sa doctrine. Voyez, par exemple, S. Augustin ; il ne pense pas que l'art puisse être rigoureusement condamné, et, selon lui, l'artiste reçoit son talent de Dieu \ mais il juge encore l'art superflu^; il craint qu'il ne détourne de Dieu celui qui s'y adonne ^ Il est certain qu'il y avait, depuis longtemps, un art chrétien à l'époque du triomphe; les peintures des catacombes le prouvent, et divers textes l'établissent, pour des monuments disparus ' ; mais nous voyons, au ive siècle, s'affirmer une opposition conforme aux impressions primitives et qui deviendra, plus tard, le mouvement iconoclaste ■\ Le Concile d'Elvire semble lui donner raison, puisque son xxxvi<= canon proscrit les peintures

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