‹ TertullienChapitre 434 sur 561 · Voy. d'ailleurs, Apol., 47; Ad nat., I, 10; De anima · texte numérisé non relu

Voy. d'ailleurs, Apol., 47; Ad nat., I, 10; De anima

3. Je ne connais de lui aucun texte net sur l'histoire, mais il est clair, par l'usage qu'il en fait, qu'il le considère comme un arsenal d'arguments de polémique et qu'il n'est point très exigeant sur la critique du témoignage qui confirme sa manière de voir.

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tiques^ l'autre beaucoup plus nette et plus constante, celle de l'Église. L'une imposa à divers docteurs des solutions variées; l'autre se contenta d'incliner les fidèles à une adaptation de l'art au christianisme, suivant une tendance qui fut constamment celle du clergé à l'égard des usages païens. Elle alla même jusqu'à la tolérance d'un art neutre, devenu sans portée du jour où le paganisme fut définitivement abattu. Tant que le triomphe ne fut pas assuré, les uns, parmi les fidèles, conservèrent contre l'art les grandes défiances primitives, tandis que les autres, subissant l'entraînement de l'usage, ne dédaignaient pas de recourir à lui, au moins pour honorer les morts. Voyez, par exemple, Clément d'Alexandrie; c'est un homme d'ordinaire bien moins intransigeant que Tertullien et cependant, sur cette question de l'art, il va beaucoup plus loin que lui dans la restriction. A son jugement, l'art plastique demeure nettement interdit par la Bible '; l'art, c'est quelque chose de matériel qui ne peut, par conséquent, être très digne de Dieu; en quoi, par exemple, une enceinte de pierres, dressée par des artisans, peut-elle être œuvre sainte "^ ? Si parfait qu'il puisse être, l'art use de la matière, dont la grossièreté demeure en lui, toujours. C'est pourquoi il ne peut enfanter d'œuvres vraiment divines et sacrées \ Le temple digne de Dieu, c'est la communauté des fidèles et sa véritable effigie n'est que dans l'âme du juste \ L'art a une trop grande action sur les sens pour ne pas être dangereux. Clément n'est pas impunément Alexandrin, et il se jette dans une foule d'anecdotes qui couraient l'antiquité sur les passions monstrueuses inspirées par des statues de femmes. Il conclut que l'art a vraiment un pouvoir magique : c'est plus qu'il n'en faut pour le fuir \ Toutefois, Origène, qui est normalement plus rigoureux que Clément, est ici moins absolu que lui; il redoute l'art, parce qu'il le voit surtout sous les espèces des statues des idoles, qui, entraînant dans l'erreur les hommes faibles et ignorants, détournent leur âme de Dieu *^ ; et parce qu'il sait que les préoccupations d'art deviennent aisément absorbantes, partant, nuisibles à la foi \ On entrevoit qu'il pourrait admettre un art chrétien. Eusèbe, trop constantinien pour être intolérant à l'égard des habitudes séculières qui n'étaient pas franchement idolâtriques, ne fait réellement plus d'objection à l'art; il nous décrit même, sans en

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