‹ TertullienChapitre 473 sur 561 · De virg. vel · texte numérisé non relu

De virg. vel

truche '. La femme doit afficher le deuil et Findigence des vêtements, se montrer en public comme une Eve pénitente, rachetant l'ignominie du péché originel qui retombe sur elle ^

Ainsi le chrétien n'a pas de costume particulier, mais, quel que soit son sexe, on doit, sinon le reconnaître, au moins le remarquer dans la rue par la simplicité de son vêtement, la sobriété naturelle de sa toilette, et, s'il s'agit d'une chrétienne par la sévérité des étoffes, qui étouffent sous leurs plis tous les charmes perfides. Point de bijoux, pas même de couronnes '\ car les couronnes sont absurdes, les fleurs étant faites pour être vues ou senties et non pour être placées sur la tête, où on ne les voit ni ne les sent ^ ; elles ont aussi une origine condamnable, car elles sont sorties du mensonge, de la légende de Pandore couronnée par les Grâces. En réalité, elles ont été inventées par les dieux, c'est-à-dire par les démons, et à leur usage; ils les ont perpétuées pour s'honorer euxmêmes \ On pourrait peut-être encore passer sur leurs origines, si l'usage qu'on en fait était acceptable ; mais il est, au contraire, idolâtrique ; c'est pourquoi il n'est Jamais question de couronnes dans les Livres Saints, et ce silence équivaut à une interdiction générale. Tertullien veut pourtant la détailler, et, passant en revue tous les cas où les anciens pouvaient porter des couronnes, il précise sa proscription avec une rigueur et presque une rage tout à fait extraordinaire. Il conclut que le chrétien, en se couronnant, s'assimilerait à un mort ou à une idole, ce qu'il ne saurait faire impunément, car il est l'image du Dieu vivant ^. Nous sommes, de toute évidence, en pleine exagération montaniste.

En revanche, tout ce qu'avance Tertullien sur le costume et la parure des chrétiens est dit par d'autres que lui, et répond en effet très bien à l'idéal qu'on peut se faire de la toilette d'un homme simple et recueilli. Les païens sensés de ce temps, comme les sages de nos jours, blâmaient la recherche exagérée du vêtement ' et de la parure, et ils prêchaient, au besoin par l'exemple, la simplicité. Les lois somptuaires n'avaient jamais pu l'imposer aux païens, pas plus d'ailleurs que le christianisme ne la fera accepter de ses fidèles et ne la maintiendra même dans son Eglise.

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