Pedag., II, 10, m ; III
5o4 CHAPITRE XVlll
idée que comme un vœu, sans se faire d'illusion sur sa valeur pratique '.
Prise dans son ensemble, sa doctrine sur le costume, sera celle de l'Église entière ; elle n'a rien d'absolu et remplace les prescriptions par les recommandations, ce qui ouvre la porte à beaucoup d'accommodements. Aussi, est-ce une docrine moyenne du même genre que nous trouvons résumée dans les Constitutions apostoliques''; elle est toutefois un peu plus ferme dans l'interdiction, comme il est convenable, puisqu'elle est attribuée aux Apôtres.
Dès l'époque de Tertullien, s'était vraisemblablement posée la question de savoir si le chrétien, humble de cœur, ne devait point afficher cette humilité parla négligence de ses vêtements. Les avis demeurèrent longtemps partagés parmi les fidèles à ce sujet : Origène, si porté pourtant vers les rigueurs, déclare qu'il est bien inutile, pour atteindre la véritable humilité (xaTcsivocfpoauvY]) de s'imposer une tenue malpropre et dégradante, de répandre de la poussière et des cendres sur ses habits; c'est faire œuvre d'hommes bien intentionnés, mais simples et ignorants ^ Là, comme ailleurs, ce fut l'Église qui arrangea le conflit entre ces deux tendances, elle garda, en principe, ses préférences pour la simplicité du costume '' ; mais, en même temps, elle se laissa aller peu à peu, sinon à autoriser, du moins à tolérer tous les luxes de la toilette. D'autre part, elle ne refusa point de compter comme mérite à certains chrétiens épris d'humilité, l'effort qu'ils firent pour réduire leur vêtement à son minimum strictement indispensable de confortable et de décence. Beaucoup de saints du moyen âge devront une part de leur illustration à la grossièreté et à la saleté de leurs haillons. Dès le m'' siècle, il est clair que les chrétiens riches travaillent à créer dans l'Église une opinion ou une tolérance favorables à leurs habitudes, et qu'ils réagissent d'assez bonne heure, contre la négligence volontaire du vêtement, particulièrement par l'affermissement de cette distinction, qui prêtera à tant de compromis, entre le fidèle dans l'exercice de ses fonctions de chrétien, et le chrétien dans la vie ordinaire, considéré comme homme et comme citoyen.
Diverses questions relatives au costume, et déjà posées par Tertullien, inquiétèrent cependant les chrétiens quelque temps