‹ TertullienChapitre 491 sur 561 · Math., V · texte numérisé non relu

Math., V

7. Jacques, V, 12; Justin, I ApoL, 16; Clém. Alex., Pedag., III, 11, 79; Strom., VII, 8, 5o.

8. ApoL, 32 : Sed et iuramus, sicut non per genios Caesarum, ita per salutcm eorum, quae est augusiior omnibus geniis... Id in eis scimus esse quod Deus voluit ideoque et salvum volumus esse quod Deus voluit, et pro magno id iuramento habemus.

la tin du 11^ siècle, les chrétiens s'astreignaient en général, ei autant que possible à une règle qui devait les gêner beaucoup dans leurs relations commerciales. Il est moins sûr qu'ils se soient, dès lors, aussi bien surveillés sur l'emploi des pseudo-serments d'usage courant, au moins si on en juge par le soin que les écrivains chrétiens mettent à les leur défendre '. En tous cas, ils ne purent s'interdire les vrais serments dont l'emploi, fortifiés qu'ils étaient de la crainte de Dieu, pouvait être un précieux moyen de conviction ou un utile auxiliaire de la confiance. On peut déjà en entrevoir quelquesuns dans les Actes des Martyrs \ A l'époque de S. Augustin, ils étaient assez passés dans les mœurs chrétiennes ' pour que l'opposition parût clairement entre la pratique réelle et la doctrine évangélique. Le grand docteur, consulté par un fidèle scrupuleux, nommé Publicola, dût prendre parti sur la question. Selon lui, ce n'est pas le serment qui est un péché, c'est le parjure et c'est afin de nous éviter l'un que l'Écriture a interdit l'autre. Elle ne défend pas de recevoir des serments, et elle a raison, car la vie en serait pour ainsi dire rendue impossible. {Qiiod si nolumus, iibi vivamiis in terris^ nescio utriim fnve/z/rejt7055zwz/5). Il est exagéré d'avoir tant de scrupules '* : Quant au serment proprement dit, il faut l'éviter autant que possible ; ce n'est pas un péché que de jurer le vrai, mais c'est si grave de jurer le faux qu'il ne saurait y avoir, en la matière, de prudence exagérée. Mieux vaut donc s'abstenir et, surtout, se méfier de l'entraînement de l'habitude, de certaines expressions : Dieu sait, Dieu m'est témoin, etc. {Scit Deus, Testis est Deus), qui n'ont pas l'air d'engager et qui, en réalité, engagent \ Il est clair que le principe du serment est admis désormais et que les restrictions, les conseils du docteur n'ont qu'une valeur morale. La preuve en est dans la réglementation du serment par l'Eglise ellemême *^ et dans sa pratique constante, sous la garantie et le contrôle des clercs et des Saints, durant tout le moyen âge. Je crains bien que jamais, sur ce point, le précepte évangélique n'ait complètement triomphé d'un usage enraciné et très humain.

A part donc certaines expressions qu'il s'efforçait de bannir de son discours et qui, sans doute, y demeuraient souvent malgré lui ;

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