‹ TertullienChapitre 492 sur 561 · August., Ep., III, ibj · texte numérisé non relu

August., Ep., III, ibj

6. Conc. Eliberit.jfragm. ex cap. III, ap. Mansi, II, p. 19, donne des règles sur la validité du serment des enfants.

5l8 CHAPITRE XVIII

à part le ton plus sérieux de ses propos, et quelques formules religieuses que les circonstances pouvaient amener sur ses lèvres, le chrétien parlait comme tout le monde.

Nous avons vu, en étudiant la question du travail, comment il pouvait employer son temps quand il lui fallait gagner sa vie ; nous avons vu également, à propos des spectacles, quelles distractions lui étaient interdites ; quelles étaient donc celles qui lui demeuraient permises? Celles qui ne comportent pas par elles-mêmes idolâtrie, sans doute, la chasse, la pêche, l'ensemble des exercices que nous appelons aujourd'hui, les sports? Le jeu? TertuUien et les Pères des premiers siècles en général, ne se montrent pas très explicites sur les premiers, et il est assez aisé d'en voir plusieurs raisons : Longtemps les chrétiens sont de petites gens qui n'ont pasle moyen de s'adonner à ces distractions ; en second lieu, il est très probable qu'elles ne soulèvent aucune objection très grande ' et qu'il leur suffira, pour être tolérées, de demeurer dans les bornes de la modération. Il n'en est pas de même du jeu; cette distraction était en grande faveur dans l'Empire, et certains empereurs même s'y étaient particulièrement distingués : Claude, à en croire Suétone, était un joueur acharné et avait composé un traité sur son plaisir favori \ Vitellius s'était fait bien voir de lui en le partageant '. Beaucoup d'honimes plus ou moins habiles vivaient de leurs dés ; d'autres se ruinaient à trop manier les leurs \ car les riches risquaient parfois sur eux de grosses sommes \ Nous avons gardé un assez grand nombre des tabiilae hisoriae dont on usait pour ce jeu redoutable et passionnant ^ Les chrétiens ne pouvaient hésiter ; il y avait évidemment immoralité dans cotte manière de gagner de l'argent; la tricherie était toujours imminente; enfin le jeu pouvait devenir une passion, triple raison pour interdire un passe temps si dangereux. Ils n'y manquent pas; c'est à la fois le jeu lui-même et le gain qu'on en retire qu'ils condamnent \ Un petit traité, faussement attribué à S. Cyprien, et qui a peut-être bien l'honneur d'être le plus vieux monument de la littérature chrétienne latine, (si,

1. Voy. toutefois Hieron, Comment. 'in Midiaeam, II, V, 6: quantum possum mea recolere memoria numquam venatorem in bonam partem legi ; et August., De op. monach., XIII, 14, cite les venatores parmi les gens de mauvaise compagnie, dont l'Apôtre n'aurait pas exercé le métier; Senno, LI, 1,2 : Non enim tantum amatores venatorum sed etiam ipsos venatores venalus est ad salutcm : quia et ipse spectatus est; il s'agit peut-être des venatores du cirque.

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