Le Blant, Actes des mart., sect. II, § 89, p
pour éviter aux martyrs ce supplice posthume. D"abord, parce qu'en dehors des idées courantes sur le respect du mort et la nécessité de la sépulture, ils sentaient vivement l'inconvenance qu'il y avait à abandonner aux injures diverses, les restes de confesseurs glorieux, et parce qu'ils attachèrent de bonne heure à ces restes un respect singulier '. Parfois Vofficiiim consentait à vendre les cadavres et il est probable qu'il s'en faisait une source de revenus ^; d'autres fois il s'y refusait, probablement quand le praeses était sévère; alors quelque frère se dévouait et risquait sa vie pour enlever aux gardes les martyres defiincti ^ On les enterrait pieusement dans quelque propriété privée, ou au fond d'une catacombe \
Au fur et à mesure que se développe le culte des saints et des reliques, le respect que l'on avait pour tous les morts s'affermit ■', parce que, suivant l'idée profondément enfoncée dans l'àme des Anciens, on leur prêta une puissance réelle d'intercession près du Seigneur, dans le sein duquel ils s'étaient endormis. On leur demanda des prières ^, et ils participèrent en quelque manière à la considération dont on entourait les saints martyrs, lesquels, d'ailleurs, conservaient dans la mort le rang supérieur qu'ils avaient durant leur vie. Il s'en suivit une modification lente, mais très fâcheuse, dans la disposition matérielle des sépultures.
Les païens plaçaient d'ordinaire, et à de très rares exceptions près, les sépultures hors de la ville '; c'était sans doute plutôt par