De praescr. Iiaer. ; Adv. Marc, passini
2. Ad nat., 1, 20. Les autres hommes et les eunuques sont le premier et le
LA VIE coura.vtf: 547
tation rejaillissait sur les autres chrétiens, dans l'esprit des hommes ignorants et sans critique. C'est au nom de ces purs que parle Tertullien. Les faits de chaque jour prouvaient que leur attitude déplaisait aux païens, qui ne leur ménagaient ni les insultes ni les parodies ', Le chrétien avait le devoir d'en sourire et Tertullicn lui-même essayait de ne pas s'en fâcher \ il s'efforçait, par un argument qui n'est pas encore usé, de s'illusionner sur la portée de ces démonstrations populaires, en affirmant qu'elles étaient simplement payées par quelque ennemi des chrétiens l « Il faut plaire à tout le monde », a dit l'Apôtre; mais il a dit aussi : « qui veut plaire aux hommes ne peut être un serviteur du Christ ^ » Il convient d'en prendre son parti et de se contenter de ne pas mériter les épithètes que lancent les païens. Les chrétiens ne sont ni des lâches, ni des inutiles ^; il n'est d'inutiles que les hommes qui exercent des métiers infâmes, et le christianisme n'admet point ces gens-là dans son sein ^ Les fidèles, au contraire, contribuent, pour leur part, à la vie commune ', et ils jouent ici-bas un grand rôle moralisateur par le perpétuel exemple de vertu qu'ils donnent". On a tort d'exagérer les différences entre eux et les païens; elles sont souvent plus verbales ou formelles que réelles ^. Mais, ce disant, Tertullien énonçait un fait plus qu'il n'approuvait une concession.
A l'autre extrémité du christianisme, il y avait ces hommes, sans doute nombreux, qui réduisaient au minimum indispensable les obligations chrétiennes et qui, une fois sortis de l'assemblée des fidèles, n'avaient plus rien en eux qui marquât le chrétien. Ils conservaient les allures et parfois une grande partie des vices des païens ; leur vie et leurs mœurs ressemblaient à celles des autres hommes de leur condition sociale ; ils étaient la graine des lapsi et des libellatiqiies, étant plus attachés à la terre qu'au ciel, presque im.possibles à distinguer des idolâtres et toujours sur les confins de l'idolâtrie '".
second geniis. Les chrétiens adoptèrent cette division de l'humanité en trois gênera, seulement, à leurs yeux, les nationes et les Juifs constituaient les deux qui demeuraient en dehors de la foi. Voy. Ad >iat., I, 8; Scorpiace, 10.