‹ TertullienChapitre 53 sur 561 · Apol., 33; De anima · texte numérisé non relu

Apol., 33; De anima

LE PRINCIPE DU POUVOIR IMPÉRIAL ET l'eMPEREUR 47

divinisés après leur mort par d'autres hommes ', ou encore ce sont des démons immondes, qui se sont clandestinement glissés, sous des noms d'emprunts, dans des statues inanimées, pour recevoir des hommages sacrilèges et volés \ Tertullien hésite un peu entre ces diverses opinions, mais, qu'il s'arrête à Tune ou à l'autre, le résultat est le même. Si les Dieux sont des démons, ils sont méprisables et ne peuvent faire que du mal ; s'ils sont des hommes divinisés, ils ne peuvent rien ; ils peuvent moins encore s'ils n'existent pas. Dans tous les cas, l'Empereur leur est infiniment supérieur : il a la haute main sur eux ; il peut leur refuser les moyens d'existence, interdire les sacrifices qu'on leur offre, les laisser outrager dans leurs temples ^ et Tertullien n'est point à court de suppositions ou de remarques réjouissantes sur le compte de ces pauvres Dieux * : ils doivent être bien fiers, quand meurt leur maître, de le recevoir au milieu d'eux et de le voir enfin tomber à leur rang \ La foule païenne elle-même sait bien que l'Empereur est supérieur aux Dieux, car elle aime mieux se parjurer par Jupiter que d'invoquer en vain le nom du Maître; elle a raison, et c'est de bonne prudence ^.

Cette prééminence que Tertullien accordait à l'Empereur sur tous les Dieux aurait pu flatter Caligula, qui, paraît-il, provoquait Jupiter à la lutte ', mais elle ne changeait rien au fond de la question. Les agents tout puissants du prince réclamaient en son nom le sacrifice à sa divinité et le serment par son génie ^ Alors Tertullien

1. Apol. b : Apudvos de humano arbitratu divinitas pensitatur. — Apol. i3; Ad nat. ; De idol. passim.

2. De idol. 5 ; 8 ; i5 ; etc. Voir le chapitre intitulé : La religion.

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