Stro)7i., IV, 9, 71 et s
^. / Jean, 11, i5 et s. : « N'aimez point le monde, ni ce qui est dans le monde : la convoitise de la chair et la convoitise des yeux et l'ostentation ne viennent pas de Dieu, mais du monde » (Reuss, p. 374). Jacques, IV, 4 : a Folâtres que vous êtes, ne savez-vous pas que l'amiiié du monde c'est l'inimitié contre Dieu ? » Quiconque donc veut être l'ami du monde, se constitue l'ennemi de Dieu (Reuss, p. iSg) : 0; èàv 0'j> '^O'jXrfir^ sîXo; elvat toO 7tÔT|X0'j è/6pô; xoû Ôeoû xx6iTTaTat.
4. Point de vue particulièrement bien marqué dans Ps. Glém. Rom., // Cor., 4 et 5 : ëtîtOs w; àpvix jv ixziCo >>'jx'ov et 6 : "Ettiv ô'o'jto^ ô alwv xai ô [LéXKtiij S'jo £/6poi. O'JtoîXiVci [ioi/siav xxl «pOopàv, xal 'fiXapyypîav xal à-iTT,v IxîÎvo; 5; xo'jto'.; ir-oxiasi-x: O'j Sjvâ;j.:Oz ojv twv ùùo -^iXo: slvai.
nous disons familièrement, par le bon côté, à très peu d'exceptions près ; pour achever de se distinguer d'eux, les chrétiens du second siècle, s'interdirent volontairement ce que les premiers frères s'étaient interdit souvent par nécessité; ils raffinèrent, en bien des cas, sur les abstentions primitives '. S. Paul, par exemple, fut débordé et on en vint à cette idée que le chrétien avait à prendre dans le monde un des deux partis suivants, qui étaient contradictoires : celui des hommes ou celui de Dieu. Prendre le parti de Dieu, ce n'était pas seulement résister, par une douce violence, à ceux qui, ne le connaissant pas, voulaient empêcher ses serviteurs de l'adorer ; c'était faire le moins possible de ce que faisaient ces hommes; il faut entendre : fuir leurs vices, éviter leurs passions, leurs préoccupations et jusqu'à leurs habitudes. Tous les fidèles ne se portèrent pas, dans la pratique, à ces extrémités ; mais ils en admirent tous les principes, et les exaltés, les intransigeants, les timorés, qui craignaient de perdre le salut, les pessimistes et les hargneux, les acceptèrent toutes; il se trouva dans l'Église, ou tout à côté d'elle, des écrivains qui les formulèrent : Tertullien est l'un d'entre eux et le plus notable.
Une autre raison, voisine d'ailleurs de celle que nous venons de signaler, plus qu'il ne paraît au premier abord, en accentua encore les conséquences. Les chrétiens imaginèrent qu'il y avait en ce monde de puissants adversaires du bien, qui s'élevaient, non pas précisément contre Dieu, car le Tout Puissant ne saurait être combattu, mais contre ses œuvres et ses serviteurs, avec sa permission " ; c'était la légion des anges déchus, personnifiés en un seul, le Diable, l'Ennemie II n'est point de notion plus simple et à la fois
1. L'opposition entre les deux conceptions de la vie, la païenne et la chrétienne est marquée d'une manière très frappante dans deux couplets de la Passio SS. Epipodii et Alex., IV et V (Ruinart). Je ne prétends pas que ce texte soit très sûr; je crois fermement le contraire, mais il est expressif. Le juge s"adressant à Epipodius lui dit : Nos deos colimus laetitia, conviviis, cantionibus, ludis, comessatione et lascivia: vos vero hominem crucifixum, cui placere non possunt qui his omnibus profruuntur; qui laetitiam respuit, qui ieiuniis delectatur, qui damnatis voluptatibus tristem et infecondam diligit castitatem. Epipodius réplique : Turpitudines quibus daemones vestros colitis, oblectant membra corporis mentes interimunt...
2. De fuga, 2, Cypr. Testitn., 111, 8o : Nihil licere diabolo in hominem nisi Deus permiserit.
3. Ep. de Jean, V, i8 et 19 : OVoaaîv o'-ci h. roO 0£oj sTuiv -/a". 6 xôjuo; 0X0 î èv xw TOvT.pw y.i'-zT.:. Je rappelle les textes de Tert. les plus caractéristiques sur cette quest. du Diable: De bapt. 5... hic quoque studium diaboli recognoscimus res Dei aemulantis. — De poenit., 7, ... pervicacissimus hostis ille, nunquam malitiae suae otium facil. — De fuga, i5: Agnoscamus ingénia diaboli, idcirco quaedam de divinis afféctantis, ut nos de suorum fide confundat et iudicet. — Adr. Prax., i : varie diabolus aemulaïus est veritatem. Voy. de m. De monog., i5; De praescr. Jiaeret., 40; De virg. vel., i.
plus complexe que celle du Diable ; il n'en est pas non plus qui ait tenu plus de place dans le christianisme et y ait eu des conséquences plus diverses. Notion simple, en ce sens que rien n'est plus facilement accessible à l'esprit borné que cette idée du mal, représenté, inspiré, fait par un être défini '. Notion complexe, car elle est difficile à concilier avec l'infinie bonté de Dieu, avec l'idée de la Providence, celle du libre arbitre et de la responsabilité. Notion active entre toutes parce qu'elle était précisément propre à impressionner les simples et, grâce à l'imagination qui orna le prince des ténèbres de toutes les épouvantes, capable de leur faire peur du mal représenté par lui. Elle contribua à altérer la pureté de la morale évangélique et à remplacer l'effort personnel, l'élévation intérieure, qui font la vraie moralité de l'homme, par une sorte de guerre ", pleine de ruses et de stratagèmes, contre le Diable. Elle conduisit à imaginer celui-ci comme une espèce d'égal de Dieu, menant ses affaires en dehors de lui et presque contre lui ^ Elle eut surtout l'inconvénient d'encombrer le christianisme d'une démonologie qui, tombant parfois dans la diablerie de bonnes femmes, esttout à fait singulière à côté de l'Evangile. Elle eût bien d'autres conséquences encore, sur lesquelles nous n'avons pas à insister : ce qui nous importe, c'est que la notion du diable se soit de bonne heure et fortement ancrée dans le christianisme, étant le complément nécessaire de la notion de l'enfer, comme celle-ci l'était de la crovance à la récompense ou au châtiment d'outre tombe. Aussi les chrétiens attribuèrent-ils vite au Diable un rôle de tous les instants dans la vie" et même après la vie ^; ils l'imaginèrent rôdant sans cesse autour de l'homme et prêt à tirer avantage de la moindre faiblesse '^, afin de s'assurer des compagnons de malheur pour l'éternité '; tout le mal venu des païens lui fut rapporté ** et les païens eux-mêmes