Au chapitre relatif à la persécution, p. i
2. Le Pasteur, Simil. III et IV, explique que les hommes sont dans le monde comme des arbres durant l'hiver : tous ont perdu leurs feuilles et sont, en apparence, desséchés ; il est impossible, au premier abord, de distinguer ceux qui sont réellement morts de ceux qui ne le sont pas : il faut attendre le printemps; de même, c'est dans le siècle à venir, celui de Dieu, que les justes d'ici-bas seront séparés des méchants. Athén., De resurr., i8, estime que la résurrection est nécessaire pour redresser la vie, durant laquelle le bonheur et la calamité ne semiblent pas toujours répartis selon le mérite de chacun; 19 : il faut qu'elle vienne aussi pour permettre le châtiment complet des grands coupables, car il en est qui sont tels qu'une seule mort ici-bas ne suffit pas à expier leurs crimes.
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ses yeux fixés sur la vraie connaissance, comme le navigateur sur l'étoile qui le guide '.
La vie tout entière c'est l'ensemble des épreuves humaines, ou plutôt une continuelle épreuve, une guerre % qui ne comporte qu'une victoire décisive, celle que donne la mort; le chrétien aspire donc à la mort \ La victoire revêt encore plus d'éclat pour le fidèle s'il meurt confesseur et martyr ; celui qui la remporte dans ces conditions acquiert une dignité très supérieure à celle du commun des morts; celui qui seulement essaie de la remporter et n'y réussit qu'à demi, y gagne une considération éminente parmi les vivants *. On recherche au-delà de la vie son voisinage, comme une protection et une garantie. Dans les premiers âges, il se trouva des hommes pour courir au devant du martyre, et il fallut que l'Église interdît ces excès, qui n'allaient point sans égoïsme et sans vanité, qui surtout n'étaient pas sans danger pour les autres fidèles. Et pourtant, c'étaient ces exagérés, ces zélés, auxquels songeait peut-être Marc-Aurèle quand il disait qu'il ne faut point se laisser aller ici-bas à jouer la tragédie ^ c'étaient, dis-je, ces énergumènes qui étaient complètement logiques, et non pas l'Eglise qui les condamnait. Si la vie est un fardeau dont le poids peut d'un ins-
1. Clém. Alex., Strom., VI, g, 79 : xaBi-jp ol iz'ko'Xô^v^o: xotl -pô; t6 à'TToov Tf,v vaûv y.ax;u6'Jvov-u5;... Strom., VII, 7, 43, établit que le vrai chrétien considère que les choses de ce monde sont gouvernées pour le mieux : cette pensée suffit à lui faire tout supporter sans plainte ni murmure. C'est même dans cette résignation aux tracas de la vie qu'il montre sa vertu et gagne des mérites supérieurs à ceux du solitaire qui fuit l'épreuve. C'est là une idée rarement exprimée par les premiers chrétiens et, au contraire, chère à Clément (5from., VII, 12). Cypr., Ad Donat., 14 : ... ad caelum oculos tollit a terris et ad Dornini munus admissus ac Deo suo mente iam proximus... Lact., De officio Dei, s'efforce également d'établir que tout est pour le mieux dans la création : meliits et rectius (ch. 3); son développement est très amusant, parce qu'il entreprend de démontrer que Dieu a été un ouvrier impeccable, en étudiant l'adaptation des organes humains à leurs fonctions: ce sont là des vérités qui demandent à ne pas être trop considérées dans le détail.