Clém. Rom., I Ad Cor.. 3j
4. Didaché, I, i : "OSol Sûo eÎïÎ, [i(a ttj; ÇwT|<; xoù at'a xoû Oavâxou Sta'.popà Sa xo^i)»-)-! [jiSTa^'j T(I)v 5ûo ôôwv. — C'est là, d'ailleurs, une figure familière aux chrétiens : Justin, II Apol., I I, rappelle Tallégorie d'Hercule, placé entre la Volupté et la Vertu et il ajoute que le chrétien ne doit pas hésiter, pour arriver au vrai bonheur, à s'arracher à ce qui fait le charme humain de la vie, à contraindre sa nature, à forcer parfois sa raison. Il s'agit, bien entendu, de la raison du commun des hommes et non de celle qui est éclairée par la foi : Clément d'Alex., Pedag. I, i3, 102, précise ce sens, en définissant la foi et la conduite qu'elle inspire : un enchaînement d'actions raisonnables (aûjxr.aâ xi iixl }>oy'.xôJv •rpiç£wv). — Voy. l'allégorie des deux chemins reprise par Lactance, Inst.
-div., VI, 4, 3 et s.
5. Apol. 39 : Cogimur ad litterarum divinarum commemorationem, si quid praesentium temporum qualitas aut praemonere cogit aut rccognoscerc. — C'est une idée analogue qui a inspiré S. Cyprien quand il a écrit les Testimonia et Clém. Alex, quand il a rédigé le Pédagogue ; voy. particul., dans ce dernier ouvrage, la péroraison du livre I, i3, io3.
6. Aihén., De rcsttrr., 12; 25; Lact., Inst. div., III, 28 et s.
56o CHAPITRE XIX
Nous avons examiné ailleurs ' le problème de l'origine du mal : et nous avons vu que, selon Tertullien, le mal vient du démon, avec l'autorisation de Dieu. Une première difficulté était de comprendre comment quelque chose pouvait être créé en dehors de Dieu et comment Dieu usait parfois de ce qu'il n'avait pas créé, puisqu'il déchaînait le mal démoniaque sur le monde. C'en était une autre que d'expliquer comment ce Dieu infiniment bon, dont la miséricorde peut être seulement suspendue pour la punition des pécheurs endurcis et des infidèles, ou pour le redressement des chrétiens chancelants, frappe des mêmes coups ses serviteurs les plus fidèles. Les chrétiens ne laissaient point que d'être embarrassés de ce double problème, d'autant que sa simple position diminuait singulièrement la force d'un des arguments qu'ils employaient le plus souvent contre les païens, celui du châtiment divin suspendu sur la tête des impies. Ils en usaient tout de même, car, à mesure que le christianisme s'accroissait, il semblait aux esprits peu soucieux d'une logique rigoureuse, plus impossible que Dieu étendît la dispense des maux humains jusqu'aux limites de toute son Église. On s'efforça bien parfois d'établir que ces maux frappaient surtout les idolâtres, mais l'évidence était telle qu'il fallut finalement admettre qu'ils étaient une part de l'héritage d'Adam, répandue sur toute sa descendance \ Il ne restait qu'à expliquer leur existence, et pour ce faire, on pouvait, ou les rattacher à la tare primitive du péché originel, les considérer comme la condition du rachat de cette faute du premier père, et une conséquence de la malédiction divine Jetée sur lui, ou les transformer en une épreuve présente, utile au salut. C'est à cette dernière explication que s'arrêtèrent de préférence les chrétiens, si singulières que fussent ses conséquences ; ils admirent, par exemple, que la maladie des enfants et leurs souffrances étaient une épreuve destinée aux parents. Les maux communs à tous les hommes, le chrétien les accepte avec indifférence et les supporte avec constance, tenant