‹ TertullienChapitre 55 sur 561 · Suet. Calig · texte numérisé non relu

Suet. Calig

8. Sur ce point, l'accord entre eux et les chrétiens était impossible ; Tertullien l'affirme avec une énergie particulière; Apol., 33 : Satis habeat appellari imperator. Grande et hoc nomen est, quod a Deo traditur. Negat illum imperatorem qui Deum dicit; nisi homo sit non est imperator. Hominem se esse etiam triumphans in illo sublimissimo curru admonetur. Suggeritur enim a tergo : respice post te ! Hominem te mémento ! Ad Scap., 2 : l'Empereur vient immédiatement après Dieu, mais il n'est pas Dieu lui-même; Tertullien ne saurait accorder davantage. 11 est à peine besoin d'insister, tant l'opposition est évidente ; voici néanmoins quelques textes qu'on peut rapprocher de Apol., 33 : S. Théophile, à peu près contemporain de Tertullien (Harnack, G. A. CL , I, p. 496

a recours à un argument tout indiqué, car c'est celui de tous les mécontents sous une monarchie : de telles exigences ne viennent pas de l'Empereur ; il sait bien, lui, qu'il tient son pouvoir du vrai Dieu, dont il reconnaît la puissance '. J'ignore où Tertullien est allé chercher cette dernière affirmation : ou il l'a inventée de toutes pièces et elle marque simplement le désir qu'il aurait de la voir se réaliser, ou elle repose sur quelque légende, à laquelle ont pu donner naissance le refus par Auguste du titre de Dominus ", la pseudo bonne volonté à l'égard des chrétiens d'Empereurs comme Tibère ou Sévère ", les mystérieux temples sans Dieu d'Hadrien \ la philosophie de Marc Aurèle et les prétendus témoignages d'admiration accordés par lui à la foi chrétienne \ Il s'agirait particulièrement de l'affaire fameuse de la' Legio fulminata, dont Tertullien parle dans un autre endroit de l'Apologétique ^. Je ne donne pas cette

et II, p, 319; Batiffol. L. G., p. loi), écrit : AdAiitol.,l, 1 1, Totyapoûv [xà>»>vov -uiixTjffw TÔv ^OLSi.'Kéa, où TrpoaxuvôJv a'jxw, à)vXà e'Jyô[X£voc ùtzèo aÛTOÛ. — Min. Félix, Ocfav., 29 : Etiam principibus et regihus, non ut magnis et electis viris, sicut fas est, sed, ut deis, turpiter adulatio falsa blanditur. — Lactance, Inst. div., II, 16, 3 et 4 : Hi sunt (les démons) qui tingere imagines et simulacra docuerunt, qui ut hominum mentes a cultu veri Dei averterent, effictos mortuorum regum vultus et ornatos exquisita pulchritudine statui consecrarique fecerunt et illorum sibi nomina quasi personas aliquas induerunt. Lactance en donne pour preuve que, lorsque les magiciens ont recours à ces démons, ils les appellent par leurs vrais noms et non pas par leurs noms d'emprunt. Les Actes des Martyrs nous fourniraient des exemples pratiques nombreux; je me contente dun seul très net, pour donner une idée du genre. Le Praeses s'adresse à l'inculpé ; ait Bassus (Praeses) dominis nostris sacrificia rite solvendasunt. ResponditPhilippus : Docti sumus parère majoribus et obsequium Imperatoribus exhibere, non cultum. {Passio S. Philippi episc, VI. (Ruinart).

1. Apol., 3o : Nos enim pro salute imperatorum Deum invocamus aeternum, deum verum, deum vivum quem et ipsi imperatores propitium sibi praeter ceteros malunt. Sciunt quis illis dederit imperium, sciunt qua (qqs. mss. portent quia) homines, quis et animam, sentiunt eum esse deum solum in cuius solius potestate sunt, a que sint secundi, post quem primi, ante omnes et super

omnes deos Recogitant quousque vires imperii sui valeant et ita deum intel-

legunt, adversus quem valere non possunt, per eum valcre se cognoscunt. Caelum denique debcllet imperator, caclum captivum triumpho suc invehat, caelo mittat excubias, caelo vectigalia imponat, non potcst. Ideo magnus est quia caelo minor est...

■ 2. Apol., 34.

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