TROISIEME PARTIE. — LA VIE PRATIQUE
Chapitre XIII. — La morale : i. — Coup-d'œil d'ensemble sur l'opinion que Tertullien a de la morale païenne pratique et de la chrétienne, 389. — C'est l'opinion de tous les moralistes et celle des polémistes chrétiens, 390. —
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Elle est exagérée, Sgi. — Il y a des vertus chrétiennes chez les païens, 393. — Il y a des vices païens chez les chrétiens, 394. — TertuUien se place, pour juger de la morale, au point de vue strictement chrétien, 395. — Les fondements de la morale païenne : religion et raison; comment il les critique, 396. — Les fondements de la morale chrétienne : la foi et la révélation, 399. — Valeur pratique de la morale chrétienne; l'enfer et le paradis, 399. — Comment elle pose et étudie les problèmes préalables, 401. — Le problème du mal et celui du libre arbitre, 401 . — Le mal, c'est le péché, 402. — Chacun en porte la responsabilité personnelle, 403. — Les auxiliaires de la morale chrétienne : la prière, les œuvres et l'entraînement chrétien, 406. — Supériorité réelle de cette morale sur la païenne, 407. — En quoi elle est vraiment pratique, 408.
— En quoi elle déconcerte le commun des païens, 410.
11. — Les traits particuliers de la morale de TertuUien, 411. — Son rigorisme et son intransigeance, 411. — La question de la pénitence et du pardon des péchés, 411. — Les restrictions de TertuUien; hiérarchie des péchés et péchés impardonnables, 412. — Conflit avec Zéphyrin, 41 3.
— Pourquoi l'Eglise a repoussé ces doctrines, 414.
Chapitre XIV. — La recherche du vrai. — La philosophie et la science : i. — A quoi peut servir l'étude du monde? Occupation très élevée, très morale; — enseignement pratique et utile pour la vie; — connaissance de la création et intelligence plus complète du créateur, 417. — La science, de nos jours, s'impose nécessairement à l'homme; la science contemporaine de TertuUien peut-elle faire de même, 418? — 11 faut considérer à côté l'une de l'autre la philosophie et la science, dont l'union est alors plus immédiatement visible qu'aujourd'hui, 418. — La science n'a, en ce temps, que la valeur d'une introduction à la philosophie, 418. — Celle-ci n'est, d'ailleurs, pas scientifique; elle est métaphysique et morale, 418. — Prédominance de ce dernier caractère dans l'esprit du vulgaire, quand il imagine un philosophe, 419. —La cité philosophique, 419. — Rôle social des philosophes : la prédication populaire et l'enseignement officiel, 419. — D'ailleurs, pas de philosophie, mais seulement des sectes rivales et des philosophes ennemis, 42 i . — Vrai caractère de leur sagesse : incertitude de ses fondements et de sa direction, 422. — La science, 423. — Elle est enfermée dans l'école; elle est, elle aussi, incertaine et sans solidité, 424. — Absence de l'esprit d'expérience, remplacé par l'esprit de foi et d'autorité, 424. — Préoccupations littéraires et morales des savants, 423. — Difficulté que nous éprouvons à saisir la portée exacte de leurs connaissances : Galien et Apulée, 426. n. Opinions chrétiennes sur Xn philosophie avant TertuUien, 427- — L'hostilité est nécessaire entre chrétiens et philosophes, à cause de l'identité de leur but, 427. — L'attaque part du christianisme, 427. — La doctrme paulinienne : la sagesse du monde est folie devant Dieu, 427. — Interdiction de discuter avec les infidèles, 427. — La conquête des philosophes par le christianisme, 428. — Ceux qui rompent avec la philosophie : Tatien, 428. — Ceux qui restent philosophes : S. Justin, 428. — La doctrine de S. Théophile et celle d Hermias, 429. — La majorité des chrétiens est hostile à la philosophie, 430. — Opinions chrétiennes sur la science, 43o. — En quoi les prétentions de la science doivent sembler intolérables aux fidèles, 430. — Défiances de S. Paul, 43o. - Divergences d'opinion sur la science, comme sur la philosophie, 43 1. — Doctrine de
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Tatien : inutilité et danger delà science, 43 1 . — C'est à cette doctrine que se ramènent les sentiments des chrétiens vers l'époque de Tertullien, 432.
— Exception de VÉpitre à Diognète, 432. — Son vrai sens, 432. — En réalité, la science et la philosophie, considérées comme inutiles au chrétien, peuvent servir au païen d'introduction à la vérité, 432.
III. — Tertullien méprise à la fois les philosophes et les savants, rivaux prétentieux de Dieu, 433. — 11 les confond avec les charlatans, 433. — Il n'est pas lui même un savant, 434. — Il déteste cependant plus les philosophes que les savants, 434. —Comment il les critique, 435. — Ils ont pillé les livres saints, ce qui explique qu'il y ait du bon dans leurs écrits, 436. — Inutilité de la science, 436. — Exception en faveur de la médecine ; comment elle s'explique, 436. — Pourquoi le rigorisme de Tertullien disparaît vite de l'Église, 437. — Le milieu alexandrin : Clément et Origène, 437.
IV. — Evolution des idées chrétiennes sur la philosophie, 437. — Doctrine de Clément : la philosophie est une bonne introduction à la vérité, 438.
— C'est elle qui triomphe, malgré la ténacité de l'opinion contraire : Lactance, 440. — Evolution du christianisme vers la science, 442. — 11 demeure entendu que celle-ci est relative et insuffisante, 442. — Elle peut servir à exercer l'esprit et à le distraire, 443. — Les chrétiens cultivent les sciences et particulièrement la médecine, 444. — Conclusion,
Chapitre XV. — L'art : 1. — L'art, moins ambitieux que la science, est a priori moins suspect qu'elle au christianisme, 448. — Nous considérons les arts plastiques, l'art musical, l'art littéraire, 448. — L'art tient une grande place dans la vie des hommes du iiic siècle, 449. — Ce n'est pas un art spontané et sincère : le procédé; il n'a pas de véritable valeur intellectuelle : le joli et l'artificiel, 449. — Cet art doit sembler superflu aux chrétiens, 450. — Raisons diverses qui, en outre, doivent les éloigner de l'art : doctrine sur la beauté; interdictions bibliques, 450. — Ils considèrent que l'emploi ordinaire de l'art est immoral et païen; — que les artistes ont une moralité douteuse, 452. — Répugnance pour le nu, 452.
— En quoi la littérature tombe sous les coups des mêmes reproches, 452.
— La musique y échappe aisément, 453. — Le christianisme primitif n'interdit pas absolument l'art, dont l'usage reste affaire personnelle, 453.
— Le christianisme orthodoxe est vite gagné par lui, 454. — La décoration des catacombes, 454. — Comment expliquer les procédés et les types païens qui s'y affirment, 455. — Influence de l'école païenne sur la littérature chrétienne, 455. — Influence du christianisme sur la décadence de l'art païen, 455.
II. — La question de l'art est chrétiennement indécise quand Tertullien l'aborde, 455. — 11 s'en suit qu'il n'est pas lui-môme très sûr de sa solution, 456. — Méfiances qu'il a des arts qui servent aux dieux et aux temples, 456. — Il se réfère naturellement aux interdictions bibliques, 456. — Comment il interprète les exceptions mentionnées dans les Ecritures, 456.
— Il tolère l'art et entrevoit peut-être la possibilité d'un art sacré, 437. — Accroissement de son rigorisme quand il vieillit, 457. — Il n'est toutefois pas absolu : le De pitdicitia ; son sens restreint et réel, 457. — Demeurent seuls proscrits les arts appliqués au paganisme et les métiers qui s'y rapportent, 458. — Tertullien est plus préoccupé d'interdire l'idolâtrie
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dans l'art que l'art lui-même, 458. — Ses opinions sur l'art oratoire, 458.
— 11 ne faut pas l'enseigner, mais il faut l'étudier, 459. — Pourquoi Tertullien n'est pas plus explicite sur l'art et les arts : l'heure n'est pas venue, 460.
ni. — Evolution des idées chrétiennes sur les arts plastiques, 460. — Points sur lesquels l'entente est difficile, 460. — Persistance du désaccord parmi les fidèles, 460. — Doctrines de Clément d'Alexandrie, d'Origène, d'Eusèbe et de S. Augustin, 461. — Hésitations de l'Eglise, 462. — Persistance de l'opposition à l'art : elle mènera aux violences des iconoclastes, 462. — Décadence de l'art sous l'influence chrétienne, 463. — Adaptation des productions de l'art païen au christianisme, 463. — L'art oratoire, 463. — Opinions pour ou contre, 463. — Il s'impose pour la défense de la vérité, 464. — L'art musical, 465. — Son étude permise, sa pratique entourée de défiances, 466. — La musique chrétienne, 466. — Doctrines de Clément d'Alexandrie et de S. Augustin, 466. — Hésitations de l'Eglise, 467.
— Proscription de la danse, 467. — Conclusion, 468.
Chapitre XVL — L'éducation et l'instruction : 1. — Le problème de l'éducation se pose nécessairement, 469. — Idée chrétienne de la responsabilité du père devant Dieu, 469. — Nécessité proclamée d'une éducation sévère,
— Difficultés pratiques, 470. — Le problème se dédouble en : question de l'éducation physique et question de l'instruction, 470.
II. — L'éducation physique. — Idées païennes, 470. — Tertullien aborde franchement la question; il condamne l'éducation de gymnase, 470. — Cette exagération s'atténue chez Clément d'Alexandrie, néanmoins le christianisme porte un rude coupa l'éducation physique des anciens, 471.
III. — L'éducation intellectuelle. — L'instruction n'est pas nécessaire à la vie, 471. — Selon Tertullien toute vérité est dans l'Ecriture, 471. — Véritable portée pratique de cette idée : elle est restreinte à la religion et à la morale, 472. — 11 y a un enseignement bien organisé dans l'Empire; il est hostile au christianisme et lui doit être antipathique, étant foncièrement païen, 472. — Attitude que les chrétiens peuvent prendre vis-à-vis de lui, 473. — La solution de l'adaptation avec mise au point, 474. — En quoi elle est dangereuse a priori pour le christianisme, 474. — La solution de l'interdiction ; elle a des partisans : Saint Théophile, 475. — Tertullien se range à la première, 476. — II proclame la nécessité des études élémentaires et secondaires, 476. — Il interdit l'enseignement aux chrétiens, par crainte de l'idolâtrie, 476.
IV. — Divergences des opinions chrétiennes sur cette question, 477. — Les intransigeants : Commodien, 477. — Préférences de l'Église pour l'aristocratie de l'esprit, 477. — Les opinions les plus autorisées penchent vers l'adoption de la culture profane comme moyen de comprendre et de défendre la vérité, 478. — Des chrétiens enseignent, 478. — Importance capitale de cette conception pour l'évolution dogmatique et sociale du christianisme, 479.
Chapitre XVII. — Les fêtes et les spectacles : 1. — Place que tiennent dans la vie romaine les fêtes, les spectacles et les jeux, 481. — Ils sont une distraction et un moyen d'existence, 481. — Leur caractère plus grave en province, 481. — Variété de ces fêtes et spectacles, 482. — Abstentions et
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blâmes païens à l'égard des spectacles cruels ou immoraux, 482. — Le point de vue chrétien est précisé par Tatien, 483.
II. — Importance que TertuUien attache à la question, 481. — Il fait des concessions pour les fêtes privées, demeure rigoureux dans Tintcrdiction pour les autres : le De spectaciilis, 483. — Caractère absolu des interdictions qu'il enferme ; elles portent sur tous les spectacles profanes, 484.
— Les vrais spectacles dignes du chrétien, 486. — Comment TertuUien pose en réalité la question théorique du théâtre, en dehors de l'usage qu'on en peut faire, 487.
III. — Unanimité des Pères dans l'interdiction des spectacles profanes, 487.
— Ils persistent cependant; l'habitude et l'instinct triomphent de la doctrine, 488.
Chapitre XVIII. — La vie courante : 1. — Les restrictions de TertuUien semblent supposer que le chrétien vit isolé du monde dès l'adolescence, 490. — Un tel isolement n'est pas possible au iii« siècle, 491. — TertuUien le sait et est très préoccupé des dangers qui s'en suivent, 491.
— II s'efForce de les prévenir par des conseils pratiques, 49' • — Opinion qu'il a du monde considéré en tant que siècle : c'est la prison du chrétien; il doit désirer en sortir, 492. — Ce point de vue est logique et selon le vrai christianisme, 493. — L'ascétisme et le monachisme en sont issus, 493. — Il n'apporte pas cependant une solution pratique au problème posé : nécessité d'un compromis entre le chrétien et le monde, 493. — Le monde est fait pour l'homme, 493. — Il serait logique qu'il usât de toute la création; mais la crainte des machinations diaboliques l'en détourne, 494. — Selon les païens, les chrétiens s'exilent de la vie, 4^4. TertuUien proteste contre cette opinion et affirme que les chré. tiens vivent comme tout le monde, 494. — En quoi cette prétention n'est pas fondée, 494. — Elle suppose résolues des questions réellement très embarrassantes pour le fidèle, 494. — Il lui faut tolérer les idées de tout le monde et concevoir qu'il y a entre lui et le reste des hommes quelque ressemblance, quelque solidarité, 494. — Tout au contraire, TertuUien accentue l'opposition entre le chrétien et le païen, 495. — Il donne au chrétien dans le monde une position éminente et orgueilleuse, 495. —Il n'admet qu'il fasse des concessions que sur l'ordre de Dieu, pour suivre l'exemple du Christ, ou pour l'édification de son prochain,
II. — La question des rapports extérieurs entre chrétiens et païens, 496. — Premiers principes posés antérieurement à TertuUien, 496. — Le chrétien doit se rendre aimable par sa vertu, 497. — Il doit éviter le mal et l'idolâtrie; observer une réserve nécessaire vis-à-vis des païens sur toutes les questions touchant à la foi ; ne pas cacher sa qiialité, 497. — Comment cette qualité peut-elle s'affirmer en dehors de l'Eglise et indépendamment de la déclaration qu'en peut faire le fidèle, 497 ? — La question du costume chrétien, 498. - Est-elle tranchée par le De palho, 4g8? — On ne peut tirer de ce traité aucune conclusion générale, 499. — Il n'y a pas de costume proprement chrétien, 499. — Il y a, en revanche, des costumes interdits aux chrétiens, 5oo. - Le luxe des vêtements et de la parure, 5oo. - Le De cultu feminarum, le De virgimbus velandis et leurs prescriptions sur la toilette des femmes, 5oi. — Opmions de Clément d'Alexandrie : il ne prononce pas d'interdiction absolue, mais
il recommande la simplicité, 5o3. — La doctrine des Constitutions apostoliques ; la recommandation remplace la prescription, 504. — L'humilité dans le vêtement. — Divergences d'opinion à son sujet dans l'Eglise, 504. — Comment l'autorité ecclésiastique tranche finalement la question, 504. — L'anneau et les bagues, les parfums, les couronnes, et les artifices relatifs à la chevelure ; concessions pratiques sanctionnées par l'Eglise, 5o5. — Le chrétien dans la rue, son allure et sa démarche, 5 10. . — Son nom, 5ii. — Sa conversation, 5i3. — Sa gaieté, 514. — Expressions d'usage courant qu'il peut employer ou doit s'interdire, 5i5. — Ses serments, 5 16. — Ses occupations et ses distractions ; le jeu, 5 18. — Les bains, 519. — Usage du signe de la croix, 522. — La maison du chrétien; décoration, ameublement, ustensiles, 523. — La table et la nourriture, 524. — La question des viandes consacrées, 525. — Simplicité de la table et du repas, 528. — Le lit et le sommeil, 53o. — La mort et la sépulture, 53 1.
III. — La question des rapports familiers entre chrétiens et païens, 537. — Les festins et les fêtes domestiques des infidèles; le fidèle peut-il y assister, 537? — Les unions de famille : la question des mariages mixtes, 539. — Lutte entre les prescriptions et la pratique, 541. — Conclusion sur la position du chrétien dans la société païenne, 546. — Les diverses espèces de chrétiens et leurs divers points de vue ; celui de Tertullien et celui de l'Église, 546.
Chapitre XIX. — L'état d'esprit. — L'état d'esprit du chrétien selon Tertullien est une résultante qu'il nous reste à déterminer, 55o. — Place de l'homme dans le monde; rôle qu'il y joue, 55o. — Il semble qu'il doive jouir de toute la création qui est faite pour lui, 552. — Pourquoi cette jouissance est très limitée pour le chrétien : les mérites de l'abstention et de la privation, 532. — L'amour de la vie, 552. — Idées antiques à ce sujet, 552. — Idées chrétiennes : la vie terrestre forme inférieure de la vie véritable,
554. — Opposition entre la jouissance dans cette vie et l'amour de Dieu,
555. — Dangers que le salut éternel met sur la terre; permanence de la tentation ; le Diable, 557. — Place qu'il tient dans les préoccupations et dans l'existence du chrétien, 558. — La vie conçue comme une guerre au démon, 558. — Les deux chemins de la vie : celui du mal et celui du bien, 559. — La vie épreuve, 56o. — Peut-on l'abréger, 56i ? — La question du suicide, 562. — La mort libératrice, 563. — Orientation de la vie vers elle, 565. — Désir plus vaste de la mort universelle, de la fin du monde, 566. — Tendance au pessimisme qui s'en suit naturellement, 568. — Résultats pratiques de cet état d'esprit : eftort pour dompter la nature humaine, 569. — Réaction et victoire définitive de cette nature dans l'Église, 569.
Conclusion générale. — i. Tertullien est-il profondément original, 573 ? — Dans le christianisme primitif, deux courants : celui des rigoristes, celui des modérés, 572. —Tertullien se rattache au premier, 575. — 11 n'est pas un novateur, mais un continuateur, 575. — Ses idées ne sont originales que par la forme qu'elles revêtent, 576. — Pourquoi cependant ontelles un air d'originalité, 577 ? — C'est qu'elles constituent déjà une sorte d'anachronisme dans l'Église orthodoxe, 577. — On en peut voir une preuve dans les contradictions qui s'établissent entre Tertullien parlant au nom de l'Église et Tertullien essayant de ramener à son idéal ses
frères qui s'en éloignent, SyS. — Comment expliquer qu'il ait eu de telles idées, 578? — Elles sont une conséquence de son caractère, bjH.
— Elles sont surtout sorties de sa foi en l'imminence de la tin du monde, 579. — C'est dans cette conviction qu'il faut chercher l'explication de ses opinions politiques et sociales. — Concessions qu'il pourrait faire s'il pouvait se détourner d'elle, 579.
II. — Portée chrétienne des idées de Tcriullicn, 58o. — Pour le présent, elles prolongent dans l'Eglise un idéal pratiquement inaccessible et déjà écarté par les chrétiens moyens, 58o. — Pour l'avenir, elles sont condamnées à la stérilité, 58o. — Leur condamnation définitive par l'Eglise au IV" siècle; déclaration finale du concile de Gangres, 481.
III. — Portée païenne des idées de Tertullien, 582. — Au point de vue politique, elles paraissent être celles des exaltés et des martyrs, 582. — Elles sont susceptibles de nuire à l'Empire, plus encore de l'inquiéter, 583. — Elles fortifient un laisser aller et une négligence des devoirs civiques déjà très répandus parmi les pa'iens, 583. — En un sens, Tertullien a accentué le conflit entre l'Empire et le christianisme; il n'a pas diminué l'esprit de persécution ; au contraire, 583. — Au point de vue social, ses doctrines sont également inquiétantes pour les païens, parce qu'ils comprennent difficilement leur portée et leur sens véritables, 383.
— Au point de vue de la vie pratique, Tertullien donne aux païens l'impression d'un contempteur de la nature, d'un ennemi de la vie, 584. — Dans leur ensemble, ses idées posent le christianisme en ennemi irréconciliable de l'État et de la Société, 584. — Pourquoi Tertullien ne semble pas avoir été inquiété, 584. — La mauvaise impression des païens s'est modifiée, puisque l'Empire est devenu chrétien un siècle plus tard ; pourquoi ? A cause du peu de succès, dans la masse des fidèles, des idées de Tertullien, 589. — L'esprit de compromis et de concession l'a emporté sur leur rigueur, 589. — Comment il s'est développé entre le christianisme et le paganisme et comment il s'est imposé à l'Eglise, 389. — L'accord s'est fait entre l'Empire et l'Église, non entre l'Empire et le christianisme, 592. — Il a tué le rigorisme dans le siècle, 592.
IV. — Au point de vue de l'histoire de ce résultat final, l'époque et l'œuvre de Tertullien sont particulièrement intéressantes, 392. — Incertitudes et hésitations parmi les chrétiens de ce temps : les uns croient au triomphe de la foi sur terre ; les autres n'y croient pas, 593. — Tertullien, qui penche pour la seconde opinion, ne s'y attache cependant pas avec assez de fermeté pour ne pas incliner à quelques concessions; elles sont caractéristiques de l'inutilité de son efl'ort, et de la portée chrétienne du triomphe, 593.
Appendice I. — Les origines du culte des saints, 594. Appendice II. — Addenda, bgj.
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