‹ TertullienChapitre 560 sur 561 · SECONDE PARTIE. — LA SOCIETE CIVILE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE. — LA SOCIETE CIVILE

Les principes sociaux, 2 1 5 et ss.

Chapitre VIII. — Les fondements de la société romaitte. — La religion : i.

Le chrétien vit dans la société civile, 217. — Cette société a des principes sur lesquels il doit se faire une opinion, 217. — Ce que sont ces principes à la fin du second siècle, 217. — La religion, la famille, la propriété; ce sont de vieux principes lentement modifiés dans leurs applications pratiques et compliqués dans leurs conséquences, 217. — Le phénomène social le plus frappant, c'est l'inégalité des conditions et des fortunes, 217. — Problèmes sociaux qui s'en suivent, 218. — Difficulté que présente pour nous leur position antique, 218. — Question préalable en ce qui touche le christianisme : le chrétien peut-il concevoir et

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admettre une société civile? — En quoi il y a là une notion qui lui échappe, 218.

II. — Le paganisme. — La vieille religion romaine; ses caractères généraux ; elle ne suppose pas nécessairement la foi, 220. — Dédoublement, à Rome, delà religion proprement dite et du sentiment religieux, 221. — Evolution de la religion proprement dite; efforts des empereurs pour la restaurer, 222. — La dévotion et le sentiment religieux à la fin du second siècle, 225. — Les superstitions, 229. — La magie et la sorcellerie, 23o. — La préoccupation de l'au-delà, 232. — Aspirations mystiques et morales : la sainteté païenne, 232. — Tentatives pour développer la vieille religion dans le sens mystique et moral; elle ne s'y prête guère, 233. — Cependant, curieux essor du culte des Génies, 234. — Succès des religions de l'Orient, 236. — Elles parlent à l'imagination; elles recherchent le mystère; elles affirment des tendances morales et mystiques, 237. — Ce qu'est la pratique religieuse à la fin du second siècle, 240. — L'accord des croyances et des religions : le syncrétisme, 240. — Comment il s'explique et comment il vit, 241. — Pourquoi l'Etat le tolère, 241.

m. — Restent en dehors du syncrétisme, les sceptiques, les Juifs et les chrétiens, 243. — Comment les sceptiques demeurent en règle vis-à-vis de la religion de l'État, 243. — Les Juifs sont dans une situation exceptionnelle, mais légale, 243. — En quoi les chrétiens ont une attitude autre et sont dans une situation différente, 245. — Leur esprit de propagande et leur exclusivisme, 246. — Leurs arguments pour établir qu'ils possèdent la vérité absolue, 25o. — En quoi ces arguments sont logiquement médiocres pour un païen, 25i. — Opinions païennes sur le christianisme et ses fidèles, 258. — Point de vue de l'Etat, 260. — Pourquoi les chrétiens ne veulent accorder aucun respect à la religion officielle, 260. — Leurs doctrines, et particulièrement doctrine de TertuUien, sur la religion romaine, 260. — Sur l'origine et la nature des dieux, 261. — Sur la foi païenne, 266. — Sur les statues, 268. — Sur les miracles, prodiges et oracles, 269. — Sur les mystères, 270. — Sur la valeur morale du paganisme, 271. — Ils le rejettent, qu'il soit religion d'Etat ou religion de famille, 272. — Leur opinion sur sa valeur sociale, 272,

IV. — Conclusion sur l'état d'esprit religieux du monde romain à l'époque de TertuUien, 275. — En quoi son christianisme intransigeant constitue un véritable danger pour la société romaine et semble annoncer une révolution sociale, 277.

Chapitre IX. — La famille : \. — La famille romaine à la fin du second siècle, 279. — Elle n'est plus la vieille famille, qui a subi de nombreuses modifications du fait de l'usage et des lois, 279. — Nécessité pour l'État et pour la société d'une certaine fixité de principes dans la constitution de la famille, 280.- — L'État a besoin de citoyens ; en ce sens, nécessité pour lui du mariage et de la procréation des enfants, 280.

II. — Opinions de TertuUien sur le mariage, 280. — Elles sont, en apparence, contradictoires : tantôt il présente le mariage comme un des vices du siècle; tantôt il proclame sa sainteté, 281. — Elles remontent à deux sources différentes : des textes et des traditions qui admettent le mariage; une tendance qui le repousse, 281. — Opinion des premiers chrétiens sur le mariage; elle lui est peu favorable, parce qu il est la

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satisfaction d'instincts naturels et parce qu'il détourne l'homme de Dieu, 281. — Nécessité de la concession paulinienne, qui est d'ailleurs présentée comme un pis aller, 281. — Elle n'est pas acceptée des rigoristes et prête le flanc à leur attaque, 281. — C'est de leur côté que se range Tertullien, 283. — Il considère le mariage comme une forme légale de la fornication, 284. — Persistance de cette doctrine parmi les fidèles; l'Eglise la repousse nécessairement, 284. — Opinions de Clément d'Alexandrie, d'Origène, de S. Augustin, des Constitutions apostoliques, des Conciles, 285.

. III. — La question des enfants; elle est liée à celle du mariage, 287. — Les textes bibliques et évangéliques, 287. — Les opinions chrétiennes au sujet de leur interprétation sont divergentes dès Tertullien, 287. — Lui ne veut pas que le chrétien ait d'enfants, qui le détourneraient du souci exclusif de son salut, 287. — Ses contradictions sorties de sa polémique contre Marcion, 288. — Elles ne prouvent rien contre la pensée véritable de Tertullien, exprimée dans ses ouvrages destinés aux seuls chrétiens, et fortifiée par sa foi en la fin prochaine du monde, 289.

IV. — Le mariage tel que pourrait l'admettre Tertullien, s'il renonçait à cette croyance, 290. — Il faut qu'il soit libre, autorisé par le chef de la fam.ille, patent et consacré par l'Église, 290. — Son but : procréer des enfants,

291. — Pas de secondes noces; place que tient la question dans l'Église,

292. — Pas de polygamie, 295. — Pas de mariages mixtes, 295. — Pas d'adoption, 296. — Avant le mariage, pas d'amour; après une affection modérée, 296. — Le détachement absolu imposé au seul prêtre, 297. — Caractère vraiment chrétien de ces idées, 297. — Persistance des sentiments de famille parmi les chrétiens, 299. — En quoi les doctrines de Tertullien ruinent l'ancienne famille, 3oo. — Elles y maintiennent pourtant l'autorité paternelle, 3oo. — Elles en excluent beaucoup de vices: le divorce; l'avortement, l'infanticide; l'exposition des enfants; l'adultère, 3o2. — Haine de Tertullien contre ce péché qu'il juge indigne de pardon, 3o3. — Son rigorisme conserve longtemps des partisans; mais l'Église ne l'admet pas, 304.

V. — On entrevoit, dès Tertullien, les principes d'une famille chrétienne, 304. — En quoi, il a involontairement contribué à les préciser, 3o5. — La cause essentielle de ses interdictions est sa foi montaniste en la fin imminente du monde; son suprême argument est l'inutilité de la famille, 3o6. — La durée du monde ruine nécessairement sa doctrine, qui n'est jamais acceptée pratiquement que d'une minorité de chrétiens, 3o6.

Chapitre X. — La propriété et la richesse : i. — Le principe et la répartition de la propriété dans l'Empire romain, 3o8. — L'inégalité pratique, 3o8.

— A-t-elle été théoriquement discutée avant le temps de Tertullien, 3o8?

— Comment on pouvait arriver à cette discussion, sans aborder directement le principe de la répartition de la propriété : 1° par la logique, en remontant du fait de l'inégalité à ses causes; 2° par la transposition et l'adaptation sociale d'un principe essentiellement religieux; par exemple du principe chrétien de l'égalité devant la foi, 3 10. — Or, les questions sociales ne semblent pas se poser, au second siècle, en quelque sorte a priori et sous une forme théorique, 3 10. — Nous sommes d'ailleurs mal informes à ce sujet, 3ii. — Caractère véritable des protestations de

divers ordres que nous rencontrons contre l'état social; ce sont des réflexes de la misère, des réflexions de moralistes, 3i i. — Il faut mettre Lucien à part, 3 12. — Dans quelle mesure ses idées nous révèlent-elles un état d'esprit socialiste, 3i2 ? — Dans quelle mesure pouvons-nous les prendre au sérieux, 3i2? — Il affirme franchement l'inégalité des hommes et son injustice, 3 12. — Il semble voir le problème et en concevoir une solution rationnelle : un nouveau partage des biens d'ici-bas, 3i3. — En réalité, la question lui apparaît si complexe qu'il la juge inextricable, 3i5. — Pratiquement, il se contente d'accentuer les inconvénients de la richesse et les avantages de la pauvreté; de montrer la mort égalitaire et libératrice ; de prêcher aux riches la charité prudente, 3i5. — La charité de Pline, 3 17. — Négation stoïcienne du problème social, 3i8. — Comment il se pose réellement à la fin du n* siècle, 3i8.

II. — Lucien croit que les chrétiens sont une secte communiste : est-ce vrai, 3 18? — Opinions modernes sur la question : le fondement théorique du socialisme chrétien, 319. — Le rêve de justice de la Bible : ce n'est pas du socialisme, encore moins du communisme, 3ig. — Comment la question est envisagée par l'Évangile et pourquoi elle Test ainsi : la petite société chrétienne primitive détermine la doctrine sociale de rÉvangile, celle des Apôtres, celle du christianisme traditionnel, 32o. — Le communisme de la première église de Jérusalem : son sens véritable et sa portée restreinte, 32o. — En quoi certains textes évangéliques et apostoliques demeurent socialement inquiétants, 32 1. — Comment certains hérétiques, notamment les Carpocatriens, en tirent des doctrines communistes, 322. — Applications socialistes de l'Evangile à diverses époques; elles ne sont pas selon son véritable esprit, 323. — État de la question dans l'Église à l'époque de TertuIIien : il n'y a que des hérétiques à verser dans le socialisme, 325. — Rapprochement qui s'établit naturellement entre les solutions des orthodoxes et celles de Lucien, 327.

ni. — Opinions de TertuUien, 328. — Il ne se prononce pas contre le principe de la propriété; il semble même l'admettre tout à fait, 328. — Ses idées sur la richesse, 329. — Il s'inspire du rigorisme de S. Luc, mais ne conteste pas la légitimité de la richesse : il se défie d'elle moralement et chrétiennement, 329. — N'a-t-il pas regretté le communisme ébionite, 332 ? — Deux textes semblent le supposer; mais tel n'est pas leur sens véritable, 332. — TertuIIien n'a en vue que la charité et l'aumône destinées à assurer le salut du fidèle, nullement la solution rationnelle d'un problème social, 334. — Ses idées sont cependant en recul sur les doctrines orthodoxes de son temps, 334. — En quoi elles s'opposent aux idées païennes courantes, 335.

IV. — Médiocre influence de TertuIIien sur les doctrines de l'Eglise en matière sociale, 335. — Les dangers du texte et les nécessités de la vie, 336, — Comment la tradition les concilie, 336. — L'évolution dans le sens qu'elle indique ne se produit pas sans heurt, 336. — La logique conduit nécessairement de l'idée de la communauté des biens spirituels à celle de la communauté des biens temporels, 336. — Doctrine de Clément d'Alexandrie à ce sujet : elle aboutit à de simples prescriptions morales et chrétiennes, 336. — C'est la doctrine officielle de l'Église : comment elle est exposée par Bossuet, 337. — Persistance d'une interprétation rigoureuse des préceptes sur l'abandon des biens et sur l'éloignement des riches du salut, 338. — Invectives des Pères contre la richesse et les

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riches : en quoi elles prêtent à l'illusion, 338. — Elles n'ont qu'une portée morale et n'aboutissent qu'à l'aumône, 339. — Comment, au contraire, sont palliés les inconvénients de la richesse. — Le bon riche et le mauvais pauvre, 339. — Comment la doctrine de S. Augustin résume et précise celle de toute l'Église, 343. — État de la question au début duv^ siècle, 346. — Idées sur l'aumône, 347. — Comment l'Église devient propriétaire, 347. — La question sociale est écartée et sa solution reportée dans l'au-delà de la vie, 348. — Pourquoi la société païenne peut cependant croire subversives les idées chrétiennes sur la propriété et la richesse, 348.

Chapitre XI. — Le travail : i. — Idées courantes dans la société païenne sur le travail, 35i. — Mépris général du travail manuel, 35i. — Le travail intellectuel, 352. — Pourquoi le christianisme primitif n'arrive pas aune doctrine ferme sur la question du travail, 353. — Le double point de vue des chrétiens : la doctrine du Discours sur la montagne et celle de S. Paul, 353. — Pourquoi l'une et l'autre se maintiennent parmi les fidèles, 354. — La doctrine de S. Paul a toutefois et nécessairement les préférences de l'Église, 334.

II. — Embarras de Tertullien en face de cette question du travail, 355. — Il ne la considère pas au point de vue social, mais seulement à celui de la foi chrétienne, 355. — Contradiction des thèses qu'il expose dans VAdverstis Marcionem et dans le De idolatria ; elles ne sont pas incon^ ciliables, 355. — Caractère exclusivement théorique de l'affirmation : l'homme ne doit pas s'inquiéter de sa nourriture, 356. —Tertullien se rallie en réalité à la doctrine de S. Paul, 355. — Cette doctrine relève le travail et le travailleur, mais elle ne sera pas acceptée de tous les chré tiens sans difficulté, 357.

III. — Toutes les occupations ne sont pas selon Dieu, 358. — Rigorisme de Tertullien sur la question des métiers permis ou interdits aux fidèles, 358. — Crainte permanente de l'idolâtrie, 359. — Les métiers infâmes et les métiers de théâtre, 359. — Le commerce; comment Tertullien l'entrave sans toutefois l'interdire absolument, 359. — Dans la pratique, les opinions de Tertullien sont abandonnées par les chrétiens, mais elles demeurent dans la théorie, 36o. — Impression qu'elles peuvent produire sur ses contemporains païens, 362.

Chapitre XII. — Les distinctions sociales et l'esclavage : i. — Les distinctions sociales, 363. — Silence de Tertullien; quelques conjectures sont possibles, 363. — La doctrine du chacun pour soi mène le monde; le christianisme y donne lui-même à cause de sa préoccupation essentielle du salut; et malgré quelques exceptions, qui demeurent dans les livres ou dans les âmes d'élite, la société du second siècle est fondée sur l'inégalité, 363.

II. — La tradition chrétienne est fixée avant Tertullien sur la question, 364. — Le christianisme prêche la paix, les concessions réciproques, l'égalité devant Dieu, ce qui suppose l'égalité de naissance, 364. — Cette conséquence est admise par les chrétiens, 365. — Pourquoi Tertullien ne tempère pas ses opinions sur cette question, 365. — Il méprise la richesse, fondement de toutes distinctions et les chrétiens sont, d'ordinaire, tenus dajis une situation inférieure qu'il juge nécessairement

indigne d'eux, 365. — Il est donc conduit à repousser les distinctions sociales, 366. — La préoccupation unique du salut l'a détourné d'exprimer ouvertement son avis, qui est évident, 366. — Embarras de l'Église, dès qu'il lui faut prendre contact avec cette société d'inégalité, 366. — Comment c'est la société qui demeure victorieuse, 367. — Persistances des interprétations égalitaires des Écritures; les Carpocraticns, 367. — Pourquoi leurs doctrines n'ont pas de portée pratique, 368. — Considération marquée par l'Église aux fidèles bien nés et riches, 368.

III. — L'esclavage. — Position de la question au point de vue païen, 369.

— Nombre de grands esprits condamnent le principe de l'esclavage, 369.

— Caractère purement philosophique de leurs opinions, 370. — Solutions préconisées par ceux d'entre eux qui en veulent une : la pitié et la bienveillance du maître; l'émancipation de l'esclave par la vertu, la liberté morale, 370. — Progrès du droit dans le sens de l'adoucissement du sort des esclaves, 371. — Le christianisme suppose la condamnation de l'esclavage; elle n'intervient pas dans la pratique, 371. — La doctrine apostolique de la charité, pour le maître ; de l'attente patiente de la fin du monde ou de la mort, pour l'esclave, 372. — Il n'y a rien de social en tout cela, 372. — Parallélisme entre la solution chrétienne et la solution philosophique moyenne, 373. — Toutes deux concourent à expliquer le point de vue de Tertullien, 373. — La question ne se pose pas pour lui, 373. — Il admet l'esclavage, les droits du maître, les devoirs de l'esclave, sous la réserve de l'idolâtrie; c'est la doctrine paulinienne, 373. — Pourquoi Tertullien est si bref sur cette question : la principale raison est son dédain des choses terrestres, 374. — L'affranchissement adoucit les inconvénients de l'esclavage : Tertullien s'en désintéresse, 375. — Mépris qu'il a pour les aff"ranchis, 375. — Son indifférence sociale est très chrétienne et très montaniste, 376. — Constance de ce point de vue dans l'Église, 376.

Conclusion de la seconde partie. — Position du christianisme selon Tertullien vis-à-vis de la société civile considérée dans ses principes, 379. — Il détruit une partie de ces principes, 379. — Il se place hors de la commune solidarité sociale; il s'isole, 38o. — Le péril chrétien n'est pas, pour la société, aussi grand que la logique le ferait croire, 38o. — Tertullien n'est pas socialiste, 38 1. — Ses principes sont exclusivement religieux dans leur fondement et ne sont absolument inconciliables qu'avec la religion païenne, 38i. — Il se détache de la terre et il est millénaire, double raison pour qu'il ne soit pas socialiste, 38i. — Il n'y a aucun lien réel entre ses idées pseudo-sociales, 383. — Mais ses tendances, interprétées humainement et logiquement, demeurent très inquiétantes pour un Romain païen et même chrétien, 383. — L'Église dissipera cette mauvaise impression, 383. — En attendant, Tertullien peut passer pour un anarchiste dans la société de son temps, 384.

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