Eus., H. E., V, 2, I
8. Philosophumena, IX, 11; Neumann, Der rôm St., a. 82 et s. Sur Marcia voir deux mémoires d'Aubé [Ac. des Inscr. Séances, 8 nov. 1878 et Rev. Arcli., mars 1889 et de Ceuleneer : Marcia, la favorite de Commode, ap. Rev. des quest. hist., juillet 1876.
9. Dion Cass., -jb, 7 ; De Ceuleneer, Sept Sev., p. [07 et s.
de lui, mieux valait n'en pas dire et c'est le parti que prit Tertul- ■ lien. Son silence nous est toutefois, en passant, une preuve que son intransigeance, dont on a tant parlé ', savait, quand il le fallait, tenir compte des circonstances.
A part Néron et Domitien, qu'on pouvait impunément malmener, Tertullien ne nomme aucun Empereur parmi ceux qu'il flétrit anonymement et quand il parle des Césars impurs, des persécuteurs impies, tout remplis d'injustices et de vices, il est impossible d'affirmer qu'il songe à d'autres princes qu'à ces deux-là \
Si l'esprit du démon, s'incarnant en de tels hommes, triomphait quelquefois, il était cependant à propos, pour la gloire de Dieu et la consolation des siens, que l'esprit divin eût aussi ses heures de victoire et trouvât parmi les princes de la terre quelques âmes dignes de lui. Un certain nombre d'Empereurs avaient passé, que les Romains admiraient peut-être plus depuis qu'ils étaient morts qu'ils ne les avaient compris durant leur vie : c'étaient surtout Vespasien et les Antonins \ Ils avaient, d'ailleurs, eu tous ceci de particulier, qu'ayant pris fort au sérieux leur métier d'Empereur, ils avaient lutté de toute leur énergie pour raffermir l'esprit romain et restaurer les vieilles traditions romaines, ce qui les avait conduits à ne point considérer le christianisme d'un très bon œil '*. Mais comment Tertullien, ayant entrepris de démontrer aux païens que sa religion était digne de respect et de tolérance, pouvait-il leur avouer que des princes, dépositaires, à leurs yeux, de toute pru- , dence et de toute sagesse avaient jugé la foi chrétienne dangereuse et nuisible à l'Empire? Pour lui, il y avait nécessité de rhétorique à montrer une opposition nette entre la conduite des tyrans de tradition et celle des bons Empereurs ; il y avait aussi nécessité d'intérêt à essayer de faire croire aux païens que les princes excel- ! lents avaient été favorables à l'Eglise. Il ne semble guère hésiter : j tous ces Empereurs, que la vanité intéressée de Sévère porte alors : si haut, Tertullien les dit inspirés de l'esprit de Dieu et il les i réclame comme protecteurs du christianisme, avec une audace qui
1. Aube, Les chrét. dans iEmp. rom., p. 237. (Chapitre intitulé : Chrétiens intransigeants et chrétiens opportunistes.)
2. Apol., 5 : Taies semper nobis insccutores, iniusti, impïi, turpes, quos et ipsi damnare consucstis a quibus damnatos rcstitucrc soliti estis. — De pallio, 4 : Tacendum autcni ne quid et illi de Caesaribus quibusdani vestris obmussitent pariter propudiosis ne caninac forte constantiac mandatum sit inpuriorem Physcone et molliorem Sardanapalo Caesarem designare et quidem sub Neronem. Ce dernier trait rapproché du portionem Neronis d'ApoL, 5, permet de supposer qu'il s'agit de Domitien. Au reste, ce quibitsdam est assez vague pour ne pas être compromettant.