Renan, Evang., p
3. Pline, Epist., X, 97 et 98, selon la division commune; 96 et 97 de led. de Keil.
yt) CHAPITRE III
aurions perdu le texte précis, mais dont les deux lettres ne seraient qu'une dérivation? Je crois bien que ce fut un procédé usité de bonne heure que de restituer ainsi, sous une forme originale et caractéristique, des textes disparus et pourtant utiles à garder.
Il nous faut, dès Tabord, noter qu'en dehors de ce que nous apprennent les deux lettres, la tradition signale peu de martyres sous le règne de Trajan et qu'aucun n'est dû à l'initiative impériale '.
L'opinion des critiques est généralement favorable à l'authenticité des deux lettres ". Un des arguments les plus solides qu'on avance pour fonder cette authenticité est tiré du témoignage de Tertullien, qui semble bien désigner et même analyser les deux documents dans V Apologétique ■'. Cependant, la non authenticité a trouvé des partisans convaincus; les doutes, soulevés dès le XVI* siècle, ont été fortement accentués au xviii* siècle et ont été fortifiés de nos jours, d'abord par M. Aube, bien qu'il ne les ait pas jugés décisifs, puis par M. Desjardins \ enfin par M. Dupuy ^ et M. Havet ^, pour m'en tenir aux plus notables.
L'accord n'a pu se faire ', de sorte qu'il nous faut, à notre tour, reprendre la question, car elle est, au point de vue de l'affirmation de Tertullien, d'une importance capitale. Je voudrais simplement, soumettre au lecteur les réflexions qui m'ont frappé en étudiant les deux pièces pour mon compte et en lisant les Études de mes devanciers.
D'abord, comment connaissons-nous les deux lettres? Elles ont été publiées par Aide en i5o8, d'après un manuscrit unique et