‹ TertullienChapitre 89 sur 561 · Eus., //. £., IV, 3o · texte numérisé non relu

Eus., //. £., IV, 3o

vient de reculer à i55, sous Antonin, En dehors de ses affirmations générales qui sont d'un difficile contrôle, de l'existence de VApologie de Méliton qui peut faire supposer que les chrétiens n'étaient pas très tranquilles en Asie quand elle a été rédigée et de deux faits précis : le martyre de saint Justin (i63?) et celui de sainte Cécile (177?) ', il ne resterait guère à examiner que l'affaire de Lyon.

Cependant, selon une opinion encore soutenue par Neumann % il y aurait eu, avant cette affaire, un premier rescrit de Marc Aurèle contre les chrétiens; c'est celui qui est signalé au Digeste ^ et se trouve confirmé par Paul ''; il porte des peines sévères contre ceux qui « effraient l'âme légère des hommes » par quelque superstition. Cet édit, selon Neumann", serait de 177, ou de très peu antérieur; il aurait accentué les mauvaises dispositions populaires à l'égard des chrétiens en Asie-Mineure et indirectement provoqué ÏApologiede Méliton. L'attribution de ce rescrit est contestée par M. Allard : « il ne paraît pas, dit-il, se rapporter aux chrétiens ^ ». Aube fait mieux : il nie qu'il ait existé, sans même citer le texte visé \ En revanche, M. Harnack, penche à croire que peut-être c'était contre les chrétiens qu'il était surtout dirigé ^ J'avoue ne pas saisir très bien les raisons qu'on donne pour prouver le contraire. Elles se résument,^n somme, à ceci" : d'abord les écrivains contemporains, tant chrétiens que païens, ne parlent pas d'un tel édit, en second lieu, on a pu, sans invraisemblance, attribuer à Marc Aurèle une lettre très favorable aux chrétiens à propos du miracle de la Legio fiilminata ; en troisième lieu, le légat de la première Lyonnaise, placé en présence d'une affaire chrétienne, sait si peu ce qu'il a à faire qu'il demande des instructions à l'Empereur, ce qu'il n'aurait certainement pas fait s'il avait été éclairé par un édit tout récent; enfin, nous avons le témoignage formel de Tertullien qui nie que Marc Aurèle ait persécuté. Aucun de ces arguments, pris à part, ne me paraît supporter l'examen.

D'abord, il n'est pas exact de dire qu'aucun contemporain ne

1. Allard, Hist. des Pers., I, p. 419; Christ, et Emp., p. 61.

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