Eus., H. E., IV
2. Acta S. Justini, etc., V (Ruinart) : Haec audiens, Praefectus talcm sententiam pronuntiavit : qui diis sacrificare et Imperatoris edicto parère noluerunt : flagelle cacsi ad capitalem pœnam abducantur, quemadmodum leges praecipiunt.
3. Paul, Sent., V, 21, 2 : qui novas sectas vel ratione incognitas religiones jnducunt, ex quibus animi hominum moveantur, honestiores deportantur, humiliorcs capite puniuntur.
4. Orig., C. Celse, \'1I1, 69. — Lbuvragc de Celse se place vraisemblablement entre 176 et 180 ; Haraack, G. A. C. L., 11, pp. 3i5 et 723.
qu'elle ne soit pas très solide. D'abord ces Actes sont sujets à caution, parce que le martyre même qu'ils relatent n'est pas absolument certain. Havet ' doute fort de sa réalité : il estime que les craintes exprimées par Saint Justin au sujet de Crescent ^ ont pu suffire pour faire croire ultérieurement qu'elles avaient été suivies d'effet et donner naissance à la légende d'un martyre. Il est certain que les Acta, que donne Ruinart, sont le seul récit que nous ayons de la mort de Saint Justin \ Ils passent pour authentiques, mais ils sont certainement très postérieurs à l'événement qu'ils racontent; il est clair, en effet, que tout le préambule, qui fait mention d'édits ordonnant d'arrêter tous les chrétiens et de les mettres en demeure de sacrifier ne saurait s'appliquer à l'époque de Marc Aurèle; c'est vraisemblablement une projection dans le passé des édits de Dioclétien. Peut-être sommes-nous en présence d'un texte détruit au cours de la grande persécution et restitué ensuite avec des réminiscences de Justin et quelque fragment du Martyrhim d'Evelpistus, Hierax, etc., que ses Acta lui donnent pour compagnons d'épreuve. Ce n'est pas certain, rien, hélas, n'est certain en ces matières, mais, en admettant l'authenticité fondamentale de ces Acta^ il faut à tout le moins reconnaître qu'ils ont subi de notables arrangements longtemps après la mort du saint. Nous ne devons donc accorder à tout témoignage issu Aqs Actes de Saint Justin qu'une confiance pleine de réserve.
Une seconde difficulté vient de l'incertitude de la date du martyre. On est généralement d'accord pour la placer entre i63 et 167 ^; mais on peut remarquer qu'il est possible de faire descendre Y Apologie de Méliton aux environs de 169 \ Dans le raisonnement de Neumann '^, le décret du Digeste est daté par l'Apologie de Méliton ; il peut parfaitement lui être antérieur de deux ou trois ans et je ne vois aucune objection sérieuse à supposer que Saint Justin, longtemps respecté, ait été accusé par Crescent à la suite de ce rescrit, qui fournissait un argument et une arme au Cynique.
Une dernière objection : si ces Acta sont vraiment authentiques, la sentence qu'ils rapportent ne saurait être tout à fait exacte, car il est impossible qu'elle ait contenu les mots edictum im peratoris,