‹ Tertullien et saint Cyprien [microform]Chapitre 35 sur 49 · Pour que vous ayez présents à l'esprit · texte numérisé non relu

Pour que vous ayez présents à l'esprit

(1) Environ 26.000 francs or.

22^ Les bÈvQiRs bu cHRéTiÈNj

dans vos prières nos frèrps et nos soêurs qui ont fait promptement et allègrement une œuTte si nécessaire, afin qu'ils fassent toujours de même, et que vous leur rendiez bon service à votre tour dans vos prières et sacrifices^ je joins leurs noms à ma lettre. J'ai mis aussi les noms de nos collègues^ et des évêques qiii étaient présents, et ont contribué de leurs deniers au nom de leur peuple^ selon leurs moyens. A côté de notre part propre, je spécifie, en les envoyant^ leurs petites contributions. Dé tous, ainsi que le demande vQtre foi et votre charité, vous vous souviendrez dans vos oraisons et prières. Nous souhaitons, frères très chers^ que vous vous portiez toujours bien dans le Seigneur et que Vous vous souveniez de nousi

La Concprde.

On voit par cette dernière partie de la lettre que le devoir de charité ne se bornait pas à la prestation de secours pécuniaires : mais qu'il impliquait aussi le mutuel secours des prières récitées, des messes offertes, les uns pour les autres.

Cette union des cœurs qui se traduisait par des actes de charité fraternelle subissait parfois des éclipses, et là môme où il semblait qu'elle dût être particulièrement ardente, parmi les confesseurs de la foi enfermés en prison en attendant le martyre. Ce fut, sembJe-t-il, le cas des martyi'S auxquels TertuUien adressa son premier écrit, la lettre ad martyras, qui est de 197. Après une formule d'exorde insinuant, il croit utile de leur recommander une parfaite concorde.

DEVOIRS ENVERS Là SOCIÉTÉ, 229

Avec le;& aliments destines au corps, que vous présentent, ô bienheureux martyrs désignés^ les mamelles maternelles de, notrie dame l'Eglise, et ceux qUé vous font parvenir dans votre prison lés générosités particulières de nos frères, veuillez trouver ici un aliment venant de nous, et destiné à nourrir votre esprit. Il n'est pas bon que l'esprit meure de faim, tandis que la chair s'engraisse. Que dis-je? Ge qui est faible, reçoit des soins : en toute équité, ce qui eist plus faible, ne doit pas être négligé. Je ne suis point d'ailleurs un si grand personnage, que j'aie le droit de vous adresser des exhortations. Et pourtant ce n'est pas seulement dé leurs maîtres et de leurs chefs que les gladiateurs les plus consommés en reçoivent, mais encore des profanés, quels qu'ils soient, les encourageant de loin, et les paroles lancées du milieu de la foule leur sont souvent utiles.

Tout d'abord donc, frères bénis, ne contristez piBLS l'EspritrSàint, qui est entré avec voUs en prison. Si en effet il n'y était pas entré avec vous, vous ne seriez pas maintena.nt où vous êtes. Cherchez dpnc avec application à le faire rester avec vous : ainsi il vous emmènera de là vers le Seigneur. Sans doute c'est la maison du diable aussi, la prison : il y renferme ses serviteurs. Mais vous, vous êtes venus pour le fouler aux pieds dans sa n^aison comme au

dehors, où vous l'aviez déjà affronté, et foulé aux pieds. Qu'il ne puisse dire : « Je les ai; je vais les mettre à l'épreuve de basses rivalités, de trahisons, ou de dissensions. » Qu'il fuie votre vue, qu'il reste caché au fond de son repaire, ramassé sur lui-même, et engourdi, comme un serpent charmé ou enfumé. Qu'il ne soit point assez heureux pour vous mettre aux prises dans son royaume, mais qu'il vous trouve en état de défense, et armés de concorde :

votre paix, c'est la guerre pour lui. Cette paix, certains qui ne l'ont plus dans l'Église, la sollicitent dés martyrs enfermés dans la prison. Et vous avez donc pour la conserver' entre vous, la cultiver et la garder cette raison nouvelle de vous tenir en état de la donner éventuellement à d'autres. (Tertullien, Ad Martyr as, I, ii.)

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