‹ Tertullien et saint Cyprien [microform]Chapitre 36 sur 49 · II. Le respect de la hiérarchie · texte numérisé non relu

II. Le respect de la hiérarchie

Dans la société ecclésiastique, le grand devoir c'est l'union. des cœurs dans tout le corps que forme l'ensemble des fidèles, et en particulier l'union avec le chef qui est l'évêque.

Saint Cyprien en particulier a rappelé souvent le respect et l'obéissance dus à ceux que Dieu a choisis pour gouverner son église.

Non seulement il appuie sur l'Ecriture un précepte de déférence vis-à-vis de l'évêque et du prêtre en disant au livre III des témoignages (LXXXV) que « l'on doit se lever en voyant venir un évéque ou un prêtre » mais à plusieurs reprises il revient sur le rôle de l'évêque et les égards qui lui sont dus.

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Par des exemples tirés de l'histoire des Juifs, il montre Dieu châtiant avec sévérité les manquements commis à l'égard des prêtres et des évêques. Après avoir rappelé un texte du Deutéronome disant que doit être niis à mort « quiconque sera si orgueilleux que de n'écouter pas le prêtre ou le juge du jour » : il ajoute :

Et voici qui montre bien que cette parole de Dieu est véritable et sortie de la bouche de sa souveraine Majesté pour l'honneur des prêtres et le châtiment de ceux qui les outragent.

Trois ministres des autels, Goré, Dathan et Abiron, ayant osé s'enorgueillir et s'élever contre Aaron, le grand prêtre, et s'égaler à leur chef, la terre s'eatr'ouvrit, les engloutit et les dévora, leur faisant porter sur le champ la peine de leur audace sacrilège. Et ils né ne furent pas les seuls. Deux cent cinquante autres qui les avaient suivis dans leur rébellion, furent dévorés par un feu que Dieu fit sortir de l'autel, afin qu'il fût bien établi que les prêtres de Dieu sont vengés par celui qui fait les prêtres. Au livre des Rois nous voyons que le grand prêtre Samuel étant méprisé par le peuple juif. Dieu en fut irrité et dit : <c Ce n'est pas toi, c'est moi qu'ils ont méprisé (1) ». Et pour venger cet outrage, il leur donna Saùl comme roi, pour accabler de mauvais traitements et fouler sous le talon ce peuple insolent,

(1) 1 Sam., 8, 7.

afin que ce peuple insolent expiât par un châtiîiient divin l'outrage fait à un prêtre. (Lettre III, 2.)

A côté- des exemples des sévérités déployéies par Dieu contre les contempteurs de la dignité sacerdotale, Saint Cyprien se plaît à placer lexemple de respect de la même dignité donné par Dieu lui-même dans la personne du Sauveur.

Salomon, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint nous apporte son témoignage et montre combien est grande l'autorité sacerdotale : « Craignez Dieu, dit-il, de toute votre âme et ayez des égards religieux pour ses prêtres (1) ». Et encore : « Honorez Dieu de toute votre âme, et rendez honneur à ses prêtres (2) ». Le bienheureux Apôtre se souvenait de ces recommandations, car nous lisons dans les Actes des Apôtres qu'au moment où on lui disait :

« Est-ce ainsi que vous vous emportez contre un prêtre de Dieu? » il répondit : « Je ne savais pas, mes frères, qu'il fût grand prêtre (3). Il est écrit en effet : Vous n'injurierez pas le prince de votre peuple. » Notre- Seigneur lui-même notre roi, notre juge et notre Dieu, observa jusqu'aux jours de sa passion les égards dus au pontife et aux prêtres, bien qu'ils ne les eussent pas observés envers lui, et n'eussent

(1) Sm., 7, 29.

(2) Sm., 7, 21.

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point honoré Dieu en le reconnaissant comme le Christ. Quand il eut guéri lé lépreuXj il lui dit : « A^a, montre-toi au prêtre, et fais ton offrande (1) ». Avec ces sentiments d'huinilité qu'il à. voulii nous enseigner^ il appelait prêtre celui dont il savait qu'il était un usurpateur sacrilège. De même, au tettips dé sa passion, quand on le soufflette en lui disant : « Est-ce ainsi que vous répondeis au pontife?» il n'a pas une parole irrévérencieuse à l'égard du grand prêtre ; il défend simplement son innocence, en disant : « Si j'ai mal parié, blâthez-môi de ce qui est mal; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappez-vous (2) ». Il s'est montré en tout célàj humble et patient, polir nous donner un exemple de patience et d'humilité. Il a fait voir tous les égards dûs aux prêtres véritables, en se comportant ainsi à l'égard de prêtres qui ne l'étaient pas véritablement (Lettre IIÏ, 1 et 2).

Cette autorité de l'évêque et par suite ce devoir de lui obéir, saint Cyprien l'àppûié siir lès paroles mêmes du Christ adressées à Pierre seul quand il a voulu faire de son élection le symbole à la fois et le fondement de l'unité.

Notre-Seigneur, dont nous devons révérer et mettre en pratique les préceptes, réglant ce

(1) Matt., 8, 4.

(2) lOHANN., 18, 23,

qui concerne les égai'ds dus à l'évêque et le plan de son église, dit à Pierre dans l'évangile : « Je te dis que tti es Pierre, et sur cette pierre jis bâtirai mon église, et les portes de l'enfer n'en triompheront point. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et ce que tu auras lié sur la terre sera lie dans le ciel, et ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans le ciel (1) ». De là vient, à travers la série des temps et des successions, l'élection des évêques, et l'organisation de l'Église :

l'église repose sur les évêques, et toute sa conduite obéit à la direction de ces mêmes chefs. Les choses ayant été ainsi établies par disposition divine, je m'étonne de l'audace téméraire de certains qui m'ont écrit (2), en affectant de parler au nom de l'Église, alors que l'Église est établie sur les évêques, le clergé, et les fidèles qui n'ont point failli {Lettre XXXIII, 1).

(1) Maït., 16, 18, 19.

(2) Allusion à une lelUe écrite à saint Cyprien par des

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