Cf. Adh. d'Alè?, Ztf Théologie de Tertullien, Xll
INTRQPÎJÇTION, 11
œuvres de Laetame, de saint Jérôme, de saint Augustin, de Çassiodor.e, nous avons sa F"ïe, écrite par le diacre Pontius, qui avait vécu dans son intimité, les Mçtes proconsulaires de son martyre, ceux dç ses TraUés qui sont des œuvres de circonstance, et surtout les Si Lettres qui composent sa Correspondance, et nous donnent tout le détail de son activité épisçopï^le. Seule la première partie de sa vie, antérieure à sa conversion, se dérobe aux regards dans \\nz ombre discrète.
11 était Carthaginois., comme Tertulliea, et passa sa vie à Carthage. La date de sa naissance ne peut être fixée avec une parfîûte exactitude. Mais on a des raisons de la mettre aux environs de l'an 200. A son vrai nom, Çaeciîius Çyprianus, la majiçe des païens ajoutait le surnom de Tbascîus. Païen de famille, et de mœurs dsins sa jeunesse, vers 245, il se sentit attiré au christianisme, et bientôt, après avoir lu, outre la Bible, les écrits de Minutius Fclix et de TertuHien, il reçut le Baptenie. Sa vie en fut pleinement transformée. Bientôt élu prêtre, quand l'évêque de Carthage vint à mourir, la voix du peuplç chrétien et du clergé l'appela à lui succéder sur le trône épiscopal (249).
11 n'y siégeait pas depuis un an, qu'éclata la plus cruelle des persécutions, celle de Dèce : violente et universelle, elle fit dans le monde romain un grand nombre de martyrs et aussi d'apostats. A Carthage en particulier, le nombre de ceux qui
renièrent le Christ fut pour l'évèque le sujet d'une immense douleur, dont ses écrits ont conservé la trace 1. Lui-même, sur le conseil de ses amis, mais surtout pour remplir ce qu^il pensait être son devoir d*évêque, avait quitté sa demeure habituelle. Il fut alors déclaré proscrit et ses biens furent confisqués. Pendant les quinze mois environ que dura son éloignement, il demeura en rapports constants avec le clergé et le peuple de Carthage. Les lettres de cette époque (y à xlih) le montrent plein de sollicitude pour assurer le service des aumônes aux indigents, pour encourager Tunion des cœurs, la ferveur des prières, pour recommander la prudence dans les visites à faire aux. chrétiens détenus dans les prisons, et la constance dans la résistance aux sollicitations païennes. L'évèque exilé devait aussi s'occuper de ceux qui avaient apostasie et que l'on appelait les Lapsi ou TombéSf par opiposition' à ceux qui avaient refusé d'obéir aux sommations des magistrats et que l'on appelait les Stantes. 11 en était parmi eux qui regrettaient leur défection et souhaitaient d'être réadmis dans la communauté chrétienne. L'évèque eût souhaité qu'ils prissent patience, et vécussent en pénitents, jusqu'à ce que la persécution prît fin, et qu'on pût examiner les cas de chacun d'eux. Mais certains prêtres les admettaient à la communion sans pénitence. A d'autres,