I . Cf. le Traité des "Lapsi ou Tombés, i
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des martyrs qui avaient souffert pour la foi sans en mourir donnaient des billets de réconciliation, non seulement à titre individuel, mais parfois même 6 pour eux et pour les leurs » : c'étaient là des façons d*agir que réprouvait l'évêque de Carthage. Le désordre menaçant de s'aggraver, saint Cyprien confia l'administration de son diocèse à deux évéques, et à deux prêtres qui avaient toute son estime, et étaient constamment en rapport avec lui. Entre temps, il écrivait à Rome pour dire ce qu'il avait fait depuis le début de la persécution, et marquer son accord avec le clergé Romain dans la conduite à l'égard des Lapsi,
Aux prétentions des renégats entendant rentrer tout de suite dans la communauté chrétienne, vinrent se joindre, au début de l'année 25 ï, pour donner du tracas à l'évêque exilé, les intrigues d'un laïque du nom de Felicissimus qui alla jusqu'à déclarer que ceux-là ne seraient plus en communion avec lui qui obéiraient à saint Cyprien. L'évêque invita ceux qui tenaient sa place à l'excommunier : ce qui fut fait. C'est au milieu de ces soucis que vers la fête de Pâques (iS mars) de 25 1 , la persécution finie, du moins en Afrique, il put rejoindre ses ouailles, et se réunir avec ses collègues en concile. 11 y lut deux traités de circonstance, l'un relatif au cas des Lapsi et à la persécution, l'autre au schisme de Felicissimus et à l'unité de l'église.
Un autre schisme dont saint Cyprien ne pouvait
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se désintéresser désolait en ce temps là l'église de Rome. Corneille venait d'y être élu ïégitimemcnt, mais on lui opposait un prêtre dé grand talent et de grande ambition, Novatien. Saint Gypri en avait pris parti pour le pape légitihie; il plaida et gagna sa cause auprès d'amis qu'il avait à Rome, en même temps que le concile présidé par lui refusait de recevoir à Garthage les envoyés du sehismatique. L'année àSi fut marquée pour saint Gypri eh par deux événements principaux : l'ordination d'un évê^ue rival par Privât de Lambèse qui avait été déposé par un concile précédent, et quatre autres évêques racolés par lui ; et ensuite, la peste de ''' Garthage. Gelle-ci donna l'occasion au saint évêque de montrer sa charité et son dévouement et d'écrire plusieurs traités ou sermons pour encourager les chrétiens à la patience et aux. œuvres éz miséricorde ou les défendre contre les calomnies des païens.
Son influence ne cessait de grandir. Oh s'adressait à lui de toutes parts; qu'il s'agît de pratiques religieuses comme celle qui consistait à employer de l'eau au lieu devin dans le sacrifice eucharistique ou de secours à envoyer aux eommiinautés Numides, victimes d'une razzia qui laissait des chrétiens et des chrétiennes entre les mains de barbares, ou enfin d'examiner en concile le cas d'évêquès espagnols, Basilides et Martîalis, qui avaient apostasie et voulaient reprendre les fonctions épiscopales malgré les décisions des conciles.
c*étàît lui que l'on consultait, à lui que Ton recou^
tait.
(j'cst lui encore qui eut le rôle principal dans là question du Baptême des Hérétiques, qui brouilla pendant quelque temps Téglisc d'Afrique, et Téglise Romaine. Gêllc-ci né rebaptisait pas ceux qui venaient de l'hérésie à elle. Telle était aussi la pratique de l'église d'Alexandrie; Mais en Asic- Mineurê oiï tenait pour nul lé baptême conféré par de^ hérétiqueis, et l'Afrique faisait de mêmCj du moins depuis un demi-siècle. Quelle était donc la coiiduite à tenir vis-à-vis de ceux qui venaient de l'hérésie novàtianiste, après y avoir été baptisés au nom du Christ? Consulté sur ce sujet par un collègue dâiîs l'épiscopat eh 255, saint Cyprien répondit qu'on devait rebaptiser. L'année suivante, 7 1 évêques réunis en concile à Carthage se prononcèrent dans le même sens, et avisèrent de leur décision le pape saint Etienne. Celui-ci répondit par une lettre, que nous n'avons plus, mais dont nous possédons textuellement la phrase principale : « Si des hérétiques viennent à vous de quelque secte que ce soit, que l'on n'innove point, mais que l'on s'en tienne à la tradition en leur imposant les ittaihs pour les recevoir à pénitence, car les hérétiques eux-mêmes, d'une secte à l'autre, ne baptisent point ceux qui viennent à eux, mais les admettent purement et simplement y>, L'épiseopàt Africain s'entête dans sbh sentiment et le i '^^' septembre 156, 85 évêques réunis à Carthage votèrent
dans un concile dont nous avons le procès-verbal, que l'on devait rebaptiser. L'église d'Afrique conserva sa pratique jusqu'au concile d'Arles, en 314. Mais les bonnes relations entre clic et Rome reprirent, semble-t-il, dès le pontificat du successeur de saint Etienne. D'ailleurs saint Cyprien devait être une des premières victimes de la persécution de Valérien qui éclata en iSj,
Le 3o août aSy, il fut invité à comparaître devant le proconsul, qui l'envoya en exil à Curubis, une petite ville à quelques lieues de Carthage. Un an après il était rappelé à Carthage par le nouveau proconsul Galerius Maximus. H comparut devant ce magistrat le 14 septembre.
— Vous êtes bien, lui dit le juge, Thascius Cyprianus?
— Je le suis.
— C'est vous qui étiez le pape de la secte sacrilège?
— C'est moi.
— Les très saints empereurs vous ordonnent de sacrifier.
— Je ne le fais pas.
— Réfléchissez.
— Faites ce qui vous est prescrit. En chose si juste, il n'y a pas à réfléchir.
Valerius s'entretint quelques instants avec ses assesseurs. Puis il lut sur une tablette la sentence : « Thascius Cyprianus est condamné à être puni par le glaive ».
Saint Cypricn dit alors ce simple mot : « Dieu soit béni ».
Il eut la tête tranchée le jour même : 14 septembre 258.
Les écrits de saint Cyprien sont de deux espèces : les Traités et les "Lettres.
Parmi les ouvrages divers auxquels on donne le nom de Traités, il faut citer d'abord deux écrits où Ton peut suivre le mouvement de la pensée de saint Cyprien passant du paganisme au Christianisme. Le premier est le traité De ta vanité des idoles, dont le titre indique le sujet, et qui est fait de citations de Têrtullien et de Minutius Félix.
Le second comprend Les Livres des témoignages contre les Juifs. Ils sont au nombre de trois, le premier démontrant que les chrétiens sont substitués aux Juifs dans les préférences divines, le deuxième que le christianisme a réalisé les prophéties messianiques, le troisième renfermant un abrégé de morale chrétienne, le tout en forme de courtes propositions justifiées par des textes scriptuaircs.
\JJid Donatum vient ensuite dans la série des périphrases par lesquelles le diacre de saint Cyprien, Pontius, indique la suite de ses ouvrages. C'est une sorte de dialogue, non une lettre, comme on l'appelle très souvent, dans lequel Cyprien, peut-être déjà prêtre ou même évêque,
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oppose à la misère morale du siècle la merveilleuse transformation opérée dans l'âme par le Baptême.
UAd "Donalum fut suivi de près, s'il ne fut pas précédé, par VAd Yirgines, sorte de mandement adressé aux Vierges consacrées à Dieu, pour les exhorter à rester fidèles à leurs saints engagements.
La persécution de Dèce fut l'occasion de deux traités : le De Unitate Ecclesiae et le De Lapsis, tous deux lus par saint Cyprien au concile de 25 1 qui suivit la fin de la persécution.
Le traité De l'Unité de VEglise semble avoir été écrit par saint Cyprien pour mettre les fidèles en garde contre les intrigues de certains hérétiques, comme Felicissimus, qui tentaient de rompre cette unité, en cherchant à opposer un rival à Tévêque de Garthage. Le De "Lapsis est tout entier relatif à la persécution et en particulier au cas de ceux qu'elle avait fait succomber dans la lutte, les Lapsi ou Tombés*
A l'année 252 se rattachent quatre traités ; le De oratione Dominica, où l'auteur commente avec autant d'éloquence que de piété l'oraison dominicale; le De Mortaîitafe, relatif à la mortalité causée par la peste qui sévisssait alors à Carthage, et où saint Cyprien s'efforce de relever les courages par la pensée du ciel ; V^d Demetrianum, où il répond à un payen de ce nom qui rendait les chrétiens responsables du fléau ; et enfin le De opère eteîeemc-
iNTRÔDUCtlON. ij^
synis, où il montre la beauté dés œuvres de miséricorde et de Taumône.
Au cours de la discussion relative au baptême des hérétiques, et de ses démêlés avec le pape Etienne, il écrit en 156 le De Bono patientiaé, à l'imitation du traité de Tertullien sur le même sujet; et sans doute aussi le De Zelo etlivoreoii De VEnvie. ~
Enfin, exilé à Curubis, pendant la persécution de Vàlérien, il compose à la demande d'un cer-tain Portunatus, un recueil de propositions de nature à donner encouragement et direction au* âmes en temps de persécution, et les appuie, comme il l'avait fait dans les livres des témoignages, de textes scripturaires.
On range aussi parmi les traités de saint Cyprien le procès-verbal du concile de 257 qu'il présida et où tous les évêques présents se prononcèrent dans le même sens que lui sur la nécessité de rebap^ tiser les hérétiques revenant à l'église : l'écrit a pour titre Senientiae episcoporun de haereticis rehaptizandis.
Le contenu de la correspondance qui est bien la partie la plus intéressante de l'œuvre de saint Cyprien se répartit naturellement en quatre groupes. .
11 y a d'abord les lettres à divers (1-1 V, et LXll- LXVlli), réponses, à des questions adressées à l'évêque dé Carthage par des collègues sur des
matières de discipline, dé pratique liturgique, ou à tel détracteur insolent comme Florentius Puppianus, ou à des appels de secours comme celui qui suivit en 253 une razzia faite par des tribus barbares, dans la province de Numidie.
Un deuxième groupe est relatif à la persécution de Dèce et à ses suites. 11 comprend les lettres écrites par saint Cyprien du fond de sa retraite au peuple fidèle, aux confesseurs, .au presbyferiutn qui tenait sa place; et ensuite la correspondance avec Rome, en particulier avec le pape Corneille, sur la conduite à tenir à l'égard des Lapsi : XLl V-
Au troisième groupe appartiennent les lettres, (LXIX-LXXV), écrites, au temps de la querelle soulevée entre Rome et TAfrique par la question des hérétiques.
Enfin Un dernier groupe se réfère à la persécution de Valcrien (LXXVI-LXXXI). Il comprend la correspondance échangée entre saint Cyprien et des chrétiens condamnés aux mines, et deux lettres du saint, l'une à un évèque du nom de Successus, l'autre, aux prêtres, aux diacres, et à tout le peuple de Carthage.