LE PURGATOIRE
On lit à la fin du traité De anima (4^ : « Puisque le cachot dont parle l'Evangile désigne les enfers ; puisque la dernière obole (^)iovissinium qicadranteni) qu'il faudra acquitter, désigne les fautes légères modicum (quodque delictîiirC) qu'il faudra expier par l'ajournement de la résurrection {jnora resnrrèctionis), on doit reconnaître que l'àme reçoit quelque rétribution dans les enfers {aliquid pensare apiid inferos), en attendant la résurrection où elle recevra son salaire complet. » Nous avons ici le purgatoire, c'est-à-dire l'expiation des fautes légères par une peine temporelle. Seulement il est encadré dans la théorie millénariste. Après nous avoir dit que les justes, c'est-à-dire les habitants du sein d'Abraham, ne prendront pas tous part à la fois à la première résurrection,
(i) Voir plus haut p. 95, 34, i33.
(2) Adv. Marc, 4, 34
(3) Voir plus haut p. i35.
(4) De anima ^ 58.
mais qu'il ressusciteront les uns plus tôt, les autres plus tard {tnaturùis veltardiits resi(i^gentiunt), TertuUien nous explique ici que les fautes les plus légères seront expiées par une prolongation de séjour dans les enfers, en termes plus précis : dans le sein d'Abraham. Son purgatoire consiste dans l'ajournement de la participation à la première résurrection.