CHAPITRE IX
Tertullien mentionne quelque part une divina litteratura {\), un dïvi/ium ■iiistrumentum (2), c'est-à-dire un ensemble d'écrits d'origine divine et divinement inspirés {divinitus inspirari^ (3j. C'est l'Ecriture, dont il invoque à chaque instant l'autorité. Il divise ce divimim instrumentum en deux parties. La première comprend ce qu'il appelle V armarium juda'icum ou Yinstrumentum judaïcae litteraturae (4). L'autre consiste dans \ apostolicum instriimentiint (5), lequel se compose de « l'évangile du Seigneur et des lettres des apôtres (6) ». Chacune de ces deux parties porte le nom de testament. De là les formules suivantes : Ex utroque testamento (7) ; totum insiricmentum ntrncsque testame/iti ; de novo testamento (8).
Il renferme dans l'ancien Testament, non seulement la bible hébraïque, mais les livres deutérocanoniques, tels que l'Ecclésiastique (9) et la Sagesse (10). Il y adjoint même le quatrième livre d'Esdras (11) et le livre d'Hénoch (12). II nous apprend que ce dernier est rejeté par
(i) ApoL, 47 ; De praesc, 39.
(2) De pudic, 10.
(3) De cuitu fem., i, 3
(4) Ihid.
(5) De pudic, 12.
(6) De bapt., i5.
(7) De pudic, i.
(8) Adv. Prax., 20, i5.
(9) De exhortât., 2.
(10) Adv. Valent., 2.
(11) Adv. Marc, 4, 16.
(12) De citltn Jem., i, 3 ; Deidol., 4.
plusieurs comme étant étranger au canon des Juifs. Quant à lui, il estime qu'un livre cité par l'apôtre Jude ne peut manquer d'être inspiré. Dans \ Apologétique, il explique l'origine de la version grecque de l'Ancien Testament d'après le récit d'Aristée auquel il se réfère (i).
On vient de voir qu'il met dans le Nouveau Testament l'évangile du Seigneur et les lettres des apôtres. Il explique que Veva?2gelicum instrumetitum a pour auteurs des apôtres ou du moins des hommes apostoliques qui ont vécu avec les apôtres et écrit après eux, à savoir : Jean et Matthieu, Luc et Marc (2). Il ne connaît donc que quatre évangiles. Quant aux lettres des apôtres, elles ont été écrites par saint Paul et par saint Jean. Tertullien attribue treize épîtres à saint Paul, parmi lesquelles celle à Philémon (3;, et deux à saint Jean. L'épître aux Hébreux a, selon lui, pour auteur Barnabe (exstat enim et Barnabae titulus ad Hebraeos) (4). « Elle est, ajoute-t-il, reçue dans les églises plus communément que le Pasteur. » Il ne semble pas cependant lui attribuer une valeur canonique. Avant d'être montaniste, il parlait du Pasteur d'Hermas comme d'une scriptura (5). Devenu partisan de la nouvelle prophétie, il le range dédaigneusement parmi les écrits apocryphes (6).
Fait-il rentrer les Actes et V Apocalypse parmi « les lettres des apôtres » ? Toujours est-il qu'il met résolument ces deux livres sur la liste des livres inspirés. « Ceux qui ne reçoivent pas cette Ecriture, dit-il, en parlant des Actes, ne peuvent appartenir au Saint-Esprit (7) ». Et, à
(i) Apol., 18.
(2) Adv. Marc, 4, 2.
(3) Adv. Marc, 5, 21.
(4) De pudic, 19.
(5) De orat., 16.
(6) De pudic, 19.
(7) De praesc, 22.
plusieurs reprises, il attribue Y Apocalypse à l'apôtre saint Jean (i).
Quelle est l'autorité qui a déclaré canoniques et inspirés les livres qui composent le Nouveau Testament ? Tertullien n'a pas songé à se poser cette question. Toutefois il nous apprend, dans le De pudicitia^ que le Pasteur d'Hermas a été examiné par un concile et déclaré indigne d'appartenir au divinum instrumentum (2). Ailleurs, il s'exprime comme si le contenu d'un livre était le critérium de son inspiration ; et, retournant un mot des épîtres pastorales, il dit : « Toute Ecriture propre à édifier est divinement inspirée (3).»
Mentionnons encore les deux règles suivantes, qui doivent servir, selon TertuUien, à interpréter les saintes Lettres : « Le sens des textes de la divine Ecriture s'étend à tout ce qui fortifie la discipline (Jate tamen semper scriptura divin a dividitur ubicumque... disciplina munitur){j\) ; l'Ecriture aime à employerrallégorie(/'/^(; hoc eniin novnm scripturis divinis Jîgiirate uti translatione no}ninum) (5). La première règle lui sert à prouver que le premier verset du premier psaume condamne les spectacles. En vertu de la seconde, il conclut que les dépouilles de vSamarie, dont parle quelque part Isaïe, désignent les mages qui vinrent adorer le Sauveur dans sa crèche.
(i) Adv. Jud., 9 ; Adv. Marc, 3, 14 ; 4, 5.
(2) De pudic, 10.
(3) De cultu Jem., i, 3.
(4) De speclac, 3.
(5) Adv. Marc, 3, i3.
TABLE ALPHABETIQUE
Agape, 259.
Agobard, xxxvm.
Ambrosiastre, xxxiv.
Ame, Nature, 124 à 128, 242, — Origine, 129. — Libre arbitre, 120, 243. — Si elle est capable d'éprouver des sensations sans le aorps, 34, 95, 102, i35. — Condition dans les enfers, i35, 276.
Ame d'Adam, 120, 121, 242.
Anges, Nature, 23;. — Fonctions, 240. — Chute, 182, 188, 208. — Culte, 241. — Démon, 239. — Diable, 238.
— Son péché, i23, 23o.
AugUStiu, XII, xm, xxxr, 190,
Ballérini, xlh.
Baptême, 13; et suiv., 2 52.
— Ne donne pas le Saint- Esprit, 140. — Ag-e requis pour le recevoir, 144. — Suppléé par le martyre, 142. — par la foi, 145.
Barnabe, 2i3, 284.
Bellarmin, 257.
Bossuet, XXV, xLi.
Caïus, XV.
Calliste, 208 et suiv.
Canon biblique, 283.
Ch.ute du genre humain, 244.
— Conséquences, 244,1 3 1,1 45.
Chrétiens, L'âme naturellement chrétienne, 3o. — Innocence des chrétiens, i5 et suiv. — Réunions des chrétiens, 19.
Ciel, voir : Eschatologie.
Clément d'Alexandrie, xxix.
Clefs (pouvoir des), 21 5, 282.
Conârmation, 140, 253.
Couronnes, 168.
Création, m.
Cyprien, xxxm, xxxvi, 263.
Démonstration chrétienne, i, 22, 45.
Dieu, Existence, 224. — Nature, 225. — Unité, 76, 116.
— Eternité, m.
Duperron, 257.
Dupin, 282.
Ecriture, 22, 283.
Eglise, 280. — Eglises Apostoliques, 54. — Rome, 54, 282. — Conciles, 282.
Enfer, Preuve du feu, 152,279.
Episcopat apostolique, 53.
Eschatologie, MiUénarisme, XXXIV, 273. — Fin du monde prochaine, 275. — Séjour actuel des âmes, i33, 276. — Ciel, enfer, 278. — Purgatoire, 277.
Eucharistie, 12, 83, 149, 253 et suiv.
Eve et Marie, 235.
Eusèbe, xv.
Exomologèse, 2o5.
Exorcismes, 239,
Grâce, 245.
Hermas, 2i3, 280.
Hilaire, xxxiv.
Hippolyte, xxxv.
Homme, État primitif, 243.
— Chute, 244. — Conséquences, 245, i3i, 145.
Huet, 233, 234.
TABLE ALPHABETIQUE
Idolâtrie, i63 et suiv.
Immanence (Apologétique!'), 3o à 3g.
Incarnation, 79 et suiv.,
Irénée, xxvm.
Jérôme, vi, x à xv, xxxiv, xxxv^n.
Jésus-Clirist, Miracles, 39. — Divinité, 58. — Date de sa génération divine, 66, iii, II 5. — Né, comme homme, de Marie, 88. — Deux natures, 228.
Jeûne, 219.
Jurieu, xli.
Justin, XXVII, 235.
Lactance, xxxm.
LauDoi, 282.
Littérature, 180.
Marc-Aurèle, 18.
Mariage, Bénédiction, 194, 272. — Secondes Noces, 190.
Marie, Mère du Christ, 88. — Sainteté, 91, 233. — Virginité 232, 234, 235, 188, 199.
— Eve et Marie, 235.
Martyrs (Séjour actuel des âmes des), 134, 276.
Minucius Félix, xxxv.
Montanisme, XII à XX, 218,267.
Monceaux, xvi, xxv, xxxvi.
Muratori, 276.
Ordre, 267. — Origine des ordres, 268.
Osius, 78.
Pamélius, xxxix, xl, 232, 234.
Paradis terres., 134, 243, 27^
Péchés rémissibles et irrémi; sibles, 210.
Pénitence, 201, 266.
Perpétuité( Auteurs de la), 2 5ir
Phénix (le), 100.
Petau, XL, 233, 234, 269.
Pline, i5 ,
Prescription, 45, 52, 56.
Prière, 140.
Prophéties, 2 et suiv.
Purgatoire, 278.
Rédemption, 161, 23i.
Rigault, xxxix, 266.
Rome, 55, 281 .
Sacramentum, 247.
Sacrements, 252.
Sacrifice, 204.
Saint-Esprit, 69, 227.
Service militaire, 173.
Spectacles, 164.
Subordinatianisme, xl, 6 à 72.
Tatien, xxx.
Tillemont, x, xi.
Traducianisme, 129.
Trajan, i5.
Trinité, Preuves de la second personne divine 64 à 73, 227 — Date de sa génération, 66 III, ii5. — Subordinatia nisme, 66.
Voile des Vierges, 187.
Witasse, xlu.
Zaccaria, xlh.
Zéphyria, xv.
Adflatus Dei 121
Adolescentes tui. ... 220 Apud te agape in ca-
cabis fervet 220
Candidat! xxv
Caro abluitur 99
Certum est quia im-
possibile 87
Corporalitas animae. 126 Custodiatur œcono-
miae sacramentum.. 61 Debinc generatus ad
effectum 67
Derivatio totius et
portio 70
Dum Filio major. ... 70 Duplicem statum non
confusum 229
Ecclesia spiritus per
spiritalem hominem 2 1 7 Editur quantum esu-
rientes capiunt.... 261
Et ofifers ettinguis. . . 195
Etsi habet corpus... io3
Ex illo deliquit. i23, 23« Exinde egressi de la-
vacro 141
Fuit tempus quum
Filius non fuit. 111,227 Haecest nativitas per-
fecta 66
Hesterni sumus 26
Id est figura corporis
mei 257
Invisibilem Patrem. . 72
Ita fabulantur 201
Module alterura 5cj
Naturaveneranda est. i3o Nonne et laïci sacer-
dotes sumus. . . . xx, 195 Non pudet quia pu-
dendum 87
Non quod in aquis
Spiritum consequa-
mur 140
NuUa ferme nativitas
munda i3i
Nulli patet caelum... 134 Nuptura post par-
tUm IQQ, 232
Panem quo corpus
représentât 119
Praesident probati qui-
que seniores 20
Prolatum et prola-
tione generatum. . . 58 Quid festinatinnocens
aetas 143
Secundae immo jam
ultimae spei 2o3
Sed jam semel quia
jam secundo 204
Semen est sanguis
christianorum 27
Spiritus a Pâtre per
Filium 63
Tarn pater nemo. xxv, 205 Testimonium animae
naturaliter christia-
nae 3o
Très dirigens 6i
Ubi très, Ecclesia est,
licet laïci 2()y
Virum passam... 192, 232
Tertom.ien