Tesnier, François: L'Oeillet, 1908
Le type de l'Œillet des fleuristes est une plante à tiges ligneuses, à feuillage glauque, à petite lleur lilas pourpré fermées de cinq pétales, dentées sur les bords ; il se rencontre à l’état sauvage dans les endroits pierreux, arides de l’Afrique septentrionale et de l’Europe méridionale ; on le trouve aussi naturalisé sur les vieux murs et les ruines des anciens châteaux de Ja France occidentale. On lui a attribué une origine orientale, parce que depuis longtemps, les musulmans le cultivaient et employaient scs lleurs comme parfum.
Quoique un botaniste du X\T siècle, Pierre Pena, ait avance que le Canlabrica, plante que les Romains, au dire de Pline, découvrirent en Biscaye et introduisirent en Italie, sous le règne d’Auguste, était l’Œillet, on est indécis sur la question de savoir si les Anciens l’ont cultivé, car rien dans ce qu’il est resté de leurs écrits sur les plantes cultivées ne permet de J’y reconnaître ; on doit aussi constater que parmi les plantes que I on a reçu d’eux, on ne le trouve pas.
La première notion précise que l’on ait de l’Œillet remonte à 1270 ; an rapport de Joinville, Saint-Louis, pendant sa croisade contre 1 unis, employa les fleurs pour préparer une
l’œillet
boisson pour combattre l'épidémie qui décimait son armée et les croisés le rapportèrent en France.
Cette plante dut ses noms vulgaires cVŒillel — petit œil — à l’apparence de sa fleur et celui de Giroflée quelle porta un certain temps, à son parfum rappelant celui du Girofle ; les premiers botanistes pour les mêmes raisons, rappelèrent Ocellus , Caryophyllus et les apothicaires en firent VHerba tunica r rappelant son pays d'origine ; Fucbs, Mathiole, Dodoëns, le nommèrent Betonica altéra ., Belonica coronaria ; mais le nom de Caryophyllus fut le plus employé jusqu’à ce que Linné donnât à YtEülel des fleuristes son nom classique de Dianthus Caryophyllus.