Tesnier, François: Le Chrysanthème, 1906
C’est grâce aux relations des Hollandais avec la Japon que l’on eut la première connaissance du Chry* santhème ; d’abord, vers 1664, ils firent une importation considérable de poteries japonaises, sur lesquelles ces fleurs étaient peintes ; ensuite, ils durent introduire des plantes vivantes, puisqu’en 1688, l’amateur dantzikois, Jacques Breyn, parmi les plantes rares qu’il a remarquées dans les jardins hollandais, décrit dans son Prodomus Planîarum Rariorum, sous le nom de Matricaires du Japon, des plantes se rapportant à nos Chrysanthèmes. Il en distingue deux espèces : le Matricaria japonica flore minore, à petites fleurs blanches, qui présentait une variété à fleurs simples et une autre à fleurs doubles, et le Matricaria japonica maxima, à grandes fleurs, dont il mentionne six variétés : blanche, pourpre, jaune pâle, rouge, carnée et cramoisie.
Les voyageurs avaient aussi remarqué le Chrysantnème ; Hheede, qui résida dans les Indes Orientales, la figure dans son Horlus malabaricus, sous le nom de Tcsjelti-pu; Gemelli, qui voyagea en Chine, en 1696, en vante la beauté et aussi le bon usage qu’en font les Chinois pour orner les habitations et les jardins ; en 1712, Kaernpfer décrit huit variétés doubles, qui sont le principal ornement des jardins japonais, sous le nom de Kik, Kikku ; Rumph, en 1750, dans son ouvrage sur les plantes d’Àrnboine, mentionne des va»
riétés blanches, jaunes, rouges comme introduites de Chine et cultivées dans les jardins ; Thunberg, en 1784, dans la Flore du Japon, l'a vu croître inculte le long des chemins, et cultivé dans les jardins sous forme de nombreuses variétés, à port plus ou moins élancé, à fleurs simples et doubles, de nuances et de formes très variées ; en 1790, Loureiro, dans la Flore de Cochinchine, remarque qu’il est cultivé dans les jardins de la Chine et note les formes et les dimensions variées des fleurs, ainsi que leurs divers coloris blanc, carné, pourpre, violet, jaune, rouge.
En 1764, Philippe Miller cultivait, au jardin de Chelsea, et présenta sous le nom de Matricaria iridica, une plante qui fut conservée dans l’herbier du British Muséum et que l'on a dit être le Chrysanthème ; Miller la décrit, dans son Dictionnaire des Jardiniers, comme ayant des feuilles ovales, anguleuses, dentées en scie, fleurissant en juillet, et cette description, pas plus que le spécimen conservé, ne peuvent s’appliquer au véritable Chrysanthème.