IX. Les semeurs français contemporains
Sur le continent, on apprécia davantage l’originalité et l’aspect un peu étrange des Chrysanthèmes japonais, et ce furent les semeurs français qui ouvrirent la voie à ces nouvelles transformations. Dès 1864, Hubet (d’Hyères), produisit une série de variétés dont les capitules atteignaient 0 m. 14 de diamètre et dont les ligules étaient encore plus longues que dans les variétés introduites. A Toulouse, le berceau des Chrysanthèmes européens, ce furent, entre autres, le docteur
Audiguier, Marrouch, Louis Lacroix, dont les premiers gains parurent en 1882, et qui obtint Viviand - Morel, Phébus, Louis Lacroix, et d’autres qui furent longtemps cultivées ; et le plus ancien et le plus connu, Simon Délaux, qui, en 1866, commença des semis dans son jardin de S aint-Martin du Touch, les collectionna jusqu’en 1872, époque où ses premières obtentions, luiron. Gloire de Toulouse, l 'Ornement de la nature, furent cédées à Boucharlat (de Lyon), qui les mit au commerce, comme il le fit encore pour ses obtentions des quelques années suivantes. C’est Délaux qui obtint, en 1880, les premières fleurs striées de carmin vif sur fond orange dans l’une et de blanc pur sur fond rose dans d’autres. On lui doit encore le Chrysanthème précoce à grandes fleurs, qu’il créa à l’aide de sélections répétées et dont le point de départ fut, en 1889, le C. Gustave Grunerwald, à fleurs roses et qui fut suivi par des variétés qui donnaient depuis le mois de juillet des fleurs de formes différentes, de coloris variés brillants et dont quelques-unes parvenaient sans soins spéciaux à de belles dimensions.
A Valence, de Reydellet, voyant un Chrysanthème levé accidentellement donner des fleurs d’un coloris nouveau, commença, dès 1875, à s'occuper de cette plante, mais ses premiers semis ne parurent qu’en 1882, répandues par Boucharlat ; il suffit de rappeler, parmi ses gains du début, la Triomphante, VEbourifgée, Gloire de Valence, etc. Au château Caradoc, près de Bayonne, c’est Alfred Chantrier qui le cultive depuis 1874, fait ses premiers semis en 1880 et ne les fait connaître qu’en 1885 ; on lui doit Colonel Dreysset, Triomphe d'Eve, Emmanuel Bocher, etc. A Poitiers, on voit Bruant produire, en 1891, Beauté Poitevine, Grisélidis, en 1893, Mme Garbe, et les années suivantes des variétés caractérisées par leur port ramassé.
A Grenoble, c’est un industriel, Ernest Calvat, que
la vue des belles fleurs présentées à l’Exposition de cette ville, en 1883, décida de sa vocation de semeur. Se procurant les plus belles variétés à grandes fleurs alors existantes, ils les croise entre elles et montre, en
1891, le premier résultat de travaux, qui devaient, chaque année amenant son progrès, le conduire à la création de plantes robustes, relativement naines, produisant des fleurs volumineuses, grâce à l’éboutonnage et à une culture intensive, et qui acquirent une réputation méritée.
Et c’est encore Sautel, de Salon ; Jean Héraud, de Pont-d’Avignon, dans le Gard ; Crozy, Rozain, Molin, de Lyon ; Rosette, de Caen ; A. Nonin, de Châtillon, près Paris ; Vilmorin, et tant d’autres.
Les Chrysanthèmes japonais lacinialum et japonicum ont donné, à Crozy, 1893, une série de variétés qu’il appelle C. chevelus, à cause des ligules fins et déliés des capitules.