VIII. Les Chrysanthèmes japonais
L’un des faits les plus importants de la culture du -Chrysanthème fut l’envoi, par Fortune, de variétés qu’il trouva cultivées au Japon. Dans ce pays, le Chrysanthème est populaire depuis fort longtemps ; une variété à fleurs simples à seize rayons figure dans les armes nationales et, au XII e siècle de notre ère, on le voit gravé sur le sabre d’un Mikado ; sa culture, très ancienne, y fut et y est encore l’objet de soins minutieux et multiples, qui lui ont fait produire un grand nombre de variétés, dont les formes singulières et remarquables, les couleurs variées, brillantes et en quel-
ques cas peu communes, frappèrent vivement Fortune, quand, en 1860, il les vit pour la première fois dans les jardins japonais. II se procura, à Yedo, trente de ces belles variétés, si notablement distinctes des variétés chinoises, et les apporta avec lui à Shanghaï ; malheureusement, l’humidité du climat en fit périr le plus grand nombre, et sept variétés seulement furent reçues vivantes, en 1861, par Standish (de Bagshot).
Ces sept plantes : Bronze Dragon , couleur bronzée ; grandiflorum, large fleur jaune ; Ysllow Dragon , jaune d’or ; sirialutn, blanc strié carmin ; roseum punclaium ; rose clair moucheté blanc ; japonicum, marron strié jaune, à ligules fimbriées ; lacinialum, blanc pur finement découpé, furent exhibées, en 1862, par Standish, mais leur floraison tardive, la grandeur des capitules, la disposition originale, les formes étranges et la longueur des ligules constrastaient trop avec la régularité et la symétrie que l’on recherchait dans les fleurs d,u Chrysanthème, et elles n’obtinrent que peu d’attention, si ce n’est de Salter, qui, d’un semis de la variété roseum punclatum, obtint, en 1867, un certain nombre de plantes qui, chose curieuse, ressemblaient à celles que Fortune avait choisies au Japon et qui s’étaient perdues pendant le voyage d’introduction.