‹ Tesnier, François: Le Dahlia, 1909Chapitre 2 sur 3 · II · texte numérisé non relu

II

Le Dahlia en France. [1803-1850)

L’introduction du Dahlia en France ne paraît dater que de 1802 ; si elle eût été antérieure, André Thouin l’eût-.signalé dans son Mémoire sur la culture du Dahlia , paru en 1804. Il ne parle que de l’envoi de tubercules que Cavanilles fit au Jardin des Plantes de Paris par les

soins de Thibaud, médecin attaché à la mission de Lucien Bonaparte à Madrid, qui les lit parvenir à Thouin, par le courrier de l’ambassade qui se rendait à Paris.

Les trois plantes de Cavanilles qui n’étaient que le Dahlia pinnata et sa variété rosea et le Dahlia coccinea furent reçus en février 1802. On les planta immédiatement en bon s.ol dans de grands pots qui furent placés sous châssis à une température de 12 à 15 degrés de chaleur. La végétation ne commença qu’en mai, fit de grands progrès pendant l’été, les plantes fleurirent à l’automne de la même année et l’on put recueillir des graines sur le Dahlia pinnata. Thouin estimait qu’il devait prospérer en pleine terre et devenir « le plus bel ornement des jardins. »

Les graines envoyées par Humboldt au Muséum et au Jardin de la Malmaison avaient produit un certain nombre de variétés. En 1806, le comte Lelieur, administrateur des parcs et jardins de la Couronne, reçut de la Malmaison trois Dahlias à fleurs coccinées, pourpres, jaunes, qu’il fit cultiver au fleuriste du château de Saint-Cloud, par Souchet père, conjointement avec trois sortes doubles que l’on connaissait alors, pourpre foncé, rose hortensia, jaune nankin. On les mit en pleine terre le long du mur d’une terrasse où l’on obtint de bonnes graines. Quoique les graines de chaque variété ait été récoltées et semées

séparément, les plantes qui en provinrent ne les reproduisirent pas, mais ne donnèrent que des variétés différentes et aucune à fleurs doubles ; les coloris dominants étaient pourpre, cramoisi, jaune nankin, ce qui prouvait que ce n’étaient pas des espèces, mais des variations d’un même type. Souchet continua ses semis, seulement la troisième année, les porte-graines furent plantés près l’un de l’autre afin de faciliter la fécondation croisée, et depuis chaque année, il parut des lleurs plus grandes, plus variées en couleurs, de formes nouvelles et vers 1809, on gagna le Dahlia blanc pur .

Un amateur d’Auteuil, Ternaux, reçut du comte Lelieur, une collection de belles variétés de Dahlias ; les semis qu’en fit Laffay, son jardinier, produisirent un nombre assez considérable de variétés à fleurs doubles et semidoubles, tandis qu’au fleuriste de Saint-Cloud, on ne parvint qu’en 1817 à gagner deux ou trois Dahlias à fleurs doubles, mais d’unç si

mauvaise facture qu’on leur préférait les fleurs simples seulement quelques années après les variétés à lleurs doubles et ensuite à lleurs plei. nés remplacèrent partout les variétés à une seule rangée de ligules.

On les améliorait continuellement ; les ligules du tour d’abord plus ou moins tourmentées, plutôt étroites, fendues à leur extrémité, parfois profondément, s’arrondirent peu à peu et s’élargirent, se recourbèrent extérieurement o 1 ’

devinrent concaves, creusées en cuiller, ou bien prirent la forme de tuyaux ou préférablement celle de cornets; les fleurons du centre se transformèrent d’abord en ligules petites, chiffonnées, disposées irrégulièrement puis prirent la forme de celles de la circonsférence et l’on arriva à ces fleurs si remarquables par leur régularité. On vit aussi certaines variétés dont les ligules contenaient deux petits pétales supplémentaires, mais on ne s’attacha pas a cette variation qui disparut.

A Laffay, à Lelieur qui, lorsqu’il eut quitté sa position officielle, continua d’améliorer le ■Dahlia, ; à Souchet qui, passé au Château de Fontainebleau, s’était formé, dès 1832, une remarquable collection obtenue uniquement de ses semis, il faut ajouter à Paris : C.els, Noisette, Grandidier, Roblin, Pqillet ;-et surtout Soutif, jardinier de Futchiron, à Passy, qui acquit une véritable célébrité par le résultat heureux de ses nombreux semis (certaines années, il en élevait 12.000) qu’il continua jusqu’à la fin, de sa vie et pendant longtemps ses obtentions ont brillé dans les collections et été recherchées dans les jardins. Puis ce fut Mauger (d’Orléans), Baltet-Petit, Louis Carré (de Trqyes) Saller (de Versailles), Besnier (d’Angers), Desprez (d’Yèbles), Deschiens (de Versailles), Chereau (d’Ecouenh Miellez (de Lille),, Rousseau (d’Angers), Lehuidoux (de Saint- Brieuc), Guénot (d’Ivry), etc., etc., qui colla-

borèrent à l’amélioration du Dahlia. Malgré cela, il faut remarquer que les collections contenaient beaucoup de variétés que l’on faisait venir d’Angleterre, où depuis 1835, de grands progrès avaient été réalisés surtout sous les rapport de la forme.

Un defaut des premiers Dahlias était leur haute taille qui atteignait 2 m. 50, aussi en 1827, Soulange-Bodin, du jardin de Fromont, les frères Jacquin, fleuristes grainiers à Paris, introduisirent dans les jardins de France, le Dahlia nain anglais qui s’élevait de 0 m. 45 à 1 m., rarement plus; le premier fit des semis importants qui donnèrent les premières variétés naines françaises qu’il répandit en 1829 et depuis les semeurs français obtinrent aussi des variétés naines.

On peut se rendre compte du progrès, en • voyant qu’en 1823, Noisette possédait une collection de 60 variétés doubles et qu’en 1828 les frères Jacquin publient un catalogue énumérant plus de 400 variétés classées par couleurs. Une autre preuve de la faveur qui accueillit le Dahlia se voit dans le fait qu’une première exposition spéciale de Dahlias se tint avec succès à Paris du 25 au 28 septembre 1828.

Quoique dans cette grande production de variétés, les plantes décrites par Cavanilles aient disparu et que l'on eût réuni tous les Dahlias cultivés sous le nom de Dahlia variabilis que leur donna Desfontaines en 1829,

il n’en restait pas moins deux espèces que De Candolle avait déjà distinguées sous les noms de Dahlia superflua et Dahlia frustanea, quand après les avoir reçues de Cavanilles, il les étudia et les cultiva au jardin de Montpellier et obtint de chaque plusieurs variétés de coloris différents. Ces deux espèces renferment toutes les formes que l’on connut successivement :

1° Le Dahlia variabilis ou D. superflua de De Candolle, qui comprit les Dahlia pinnata et rosea de Cavanilles, les D. crocata, sambuci- {olia, pur pur ea de divers auteurs ; 2° le D. coccinea de Cavanilles ou D. frustanea de De Candolle où rentrèrent les D. Cervantesii, mexicana.

Un doit ajouter qu’au moment de son introduction, les tubercules du Dahlia furent présentés comme alimentaires, mais après plusieurs expériences on dut abandonner l’espoir de les utiliser.

Le Dahlia en Angleterre. Le Dahlia nain.

Le Dahlia Perfection. (1789-1850)

Le, D. pinnata ( D. variabilis ) pénétra en Angleterre aussitôt son introduction en Europe. La marquise de Bute qui, en 1789, résidait temporairement à Madrid, reçut de Cavanilles des

graines qu’elle envoya en Angleterre ; les plantes qui en provinrent, soumises à une culture peu rationnelle, ne tardèrent pas à périr. En 1802, John Fraser, de Chelsea, introduisit de France le D. coccinea qui fleurit en serre froide l’année suivante. En mai 1804, une nouvelle importation de D. variabilis fut faite par lady Holland, qui d’Espagne, envoya des graines à Buonajuti qui résidait en Angleterre ; on en obtint des plantes qui fleurirent dans le jardin de Holland House en septembre-octobre de la même année. On a dit qu’un fleuriste de Londres, quand il les vit, offrit 30 guinées pour un tubercule ; seulement, une autre version apprend que les graines récoltées sur les plantes de Holland House . fuirent distribuées à différents amateurs et cultivateurs, entre autres à Lee et Kennedy, de Hammersmith, où cultivés en pots et en serre froide, les Dahlias donnèrent à l’automne des fleurs de différentes nuances rouges ainsi que des graines qui servirent à les multiplier. Un autre fleuriste, Wedgewood les cultivait en pleine terré à rair libre et obtenait une belle floraison. On avait même obtenu chez lady Holland une variété à fleurs roses semi-doubles, caractérisée par son port nain, n’atteignant que la moitié de la hauteur ordinaire.

Ensuite, cette culture fut négligée jusqu’en 1814, alors que le comte Lelieur envoya les plus belles variétés qu’il avait gagnées à la Société

d’horticulture de Londres et qui furent très admirées à leur floraison ; voyant tout l’avantage que l’on pourrait en retirer dans l’ornementation des jardins, amateurs et cultivateurs se mirent à l’œuvre et - par des semis nombreux, de bons procédés de culture, ne tardèrent pas à égaler ce qui se faisait sur le continent, puisqu’en 1818, les catalogues annonçaient de 100 à 150 variétés nommées la plupart à fleurs simples. En 1822, la collection de Lee comptait plus de 200 variétés, et la première variété à fleurs doubles, d’une bonne forme, à ligules en coupe, de nuance écarlate, obtenue par Dennis, de Chelsea fut répandue par cette maison sous le nom de D. purpurea supefba. Le nombre considérable de Dahlias que l’on produisait annuellement chez Lee et dans d’autres établissements montre que c’était une des fleurs à la mode, et en 1821, Thomas Blake, pour faciliter la multiplication des Dahlias doubles imagina de les greffer sur les tubercules des variétés à fleurs simples.

Certains cultivateurs comme Pothecary d’Upway, Douglas, jardinier de lady Grantham, à Putney Hill ; Barrett, de Ilardwicke ; Harris d’Upway ; Widnall, de Granchester ; Inwood, de Putney Heath ; Lord, de Bury Saint Edmunds, etc., firent une spécialité de cette culture ; ils semaient en quantité telle qu’au début, ils gagnaient chaque année un assez grand nombre de variétés doubles pré-

sentant des coloris nouveaux, mais de formes aussi bizarres que les' variétés continentales. Seulement, dès 1827, on demanda aux fleurs d’être de plus en plus régulières, avec le centre plein, garni de ligules pointues ou arrondies, mais toujours entières, disposées régulièrement et quand toutes les ligules étaient réfléchies, la forme devait être globuleuse ; les ligules pouvaient aussi être ou plates, ou tuyautées, ou récurvées, mais la fleur devait quand même être régulière. Ce fut cette régularité qui, pendant un certain temps, donna aux Dahlias anglais, une supériorité sur les obtentions continentales.

Vers 1827, un grand progrès fut l’apparition d’une race naine, ne dépassant pas un mètre de hauteur, à floraison plus hâtive, plus constante et plus abondante : on devait cette création à Joseph Wells, jardinier de William Wells, amateur à Redleaf, qui en 1835, en avait gagné 60 variétés plus riches en couleurs claires qu’en couleurs foncées.

En 1830, Lee avait répandu une forme caractérisée par ses fleurs dont le centre était garni de ligules étroites et que leur ressemblance avec des fleurs d’Anémone avait fait nommer D. à Ileurs d’Anémone. Cette variation qui contrastait avec la race à fleur pleine, dite D. à Ileur en globe avait été obtenue vers-1828, par Drummond, de Cork et on la faisait descendre de la variété astrantiæfolia fécondée

par un Dahlia ordinaire à fleurs pleines. En 1829, Russell, de Battersea obtint une variété du D. coccinea à fleurs doubles orange se rapprochant beaucoup de la forme d’une Renoncule.

En 1832, parut le D. Springfield Rival obtenu par George Lynes, jardinier de Perkins, amateur de Springfield et répandu par Inwood. 11 fit sensation par la disposition symétrique et régulière de ses ligules en forme de cornet et fut le point de départ de variétés que l’on distinguait alors par le terme de forme de Springfield ; seulement, sous l’influence de cir constances défavorables : sol pauvre, grande chaleur, manque d’eau, la fleur perdait ses qualités et le centre se creusait ; il en fut ainsi jusqu’à ce que Keynes, de Salisbury, eût obtenu le D. Standard of Perfection qui se montra plus fixe.et fut la souche du D. Perfection caractérisé par une fleur demi-sphérique, très pleine, toutes les ligules en cornet disposées symétriquement.

.Un amateur de Sheffield, Lewick, obtient en 1835, le D. Incomparable , de forme passable, à ligules écarlates à pointes blanches ; ce fut le premier D. de fantaisie et malgré son inconstance, il n’en fut pas moins cultivé jusqu’à ce qu’il fut remplacé par des variétés similaires, mais plus stables. Il en fut de même des Dahlias à fleurs striées qui parurent peu après, seulement à cette époque, les D. de fantaisie

furent loin d’atteindre la popularité des D.

Perfection.

La « Société pour l’amélioration du Dahlia »

qui se fonda en 1832, se donna pour tâche de faire converger les efforts de tous vers la progression des qualités du D. Perfection qui était devenu classique et entre 1840 et 1845 rem. plaça totalement les D. à fleurs en globe et à fleurs d'Anémone. On peut difficilement se figurer l’attention et les soins que l’on donnait alors à la culture et à l’obtention de nouvelles variétés de Dahlias, travail auquel ont successivement contribué de très nombreux semeurs parmi les plus célèbres desquels on peut citer : Appleby (de Doncaster), Young (de Archerfield), Brewer (de Cambridge), Girling (de Stow Martet), Whale (d’Elcot), Gaines (de Battersea), Turville (de Chelmsford), Spare (de Hingerford), Glenny (de Isleworth), Brown (de Sloughh I-Ieale (de Gaine), Saunders (de Jersey), Th. Ansell (de Camden Town), Harrison (de Downharrfi, Squibb (de Salisbury), Turner (de Slough), Hunt, Elphinston, Bâtes, etc., etc.

Le nombre des variétés s’était accru considérablement, en 1826, la collection réunie à Chiswick, dans le jardin de la Société d’horticulture de Londres comptait 60 variétés surtout semi-doubles que l’on considérait comme belles ; en 1841, on cataloguait plus de 1.200 variétés à fleurs doubles et vers le milieu du XIX 9 siècle on était parvenu à réunir 3.000 variétés

de Dahlias. Pour se rendre compte du labeur nécessité pour arriver à ce résultat, il est bon de retenir que Wilnall, un des plus réputés semeurs, avait fait en 1838, un semis de 32.000 plantes qui deux ans plus tard, après sélection, aboutit à la production d’une unique variété ; dans des temps plus rapprochés, William Keynes, autre semeur émérite, repiquait annuellement plus de 30.000 semis, aussi n’y a-t-il pas lieu de s’étonner des hauts prix atteints par les variétés nouvelles et méritantes qui à leur apparition dans le commerce se cotaient entre 20 et 30 shillings.

Le Dahlia en Allemagne et dans les Pays-Bas.

Le Dahlia Lilliput (1802-1850)

Le Dahlia fut connu en Allemagne à la fin du XVIII' siècle, puisqu’en 1800, on voit Otto, du Jardin botanique de Berlin, recevoir du jardin de Dresde, des tubercules du D. purpurea et d’une variété à ileurs plus pâles ; mais il ne se répandit réellement qu’après 1803, quand Otto eût reçu de Humboldt, des graines recueillies au Mexique qui donnèrent des plantes de coloris variés : des semis poursuivis les années suivantes produisirent de Nouvelles variations (dont une forme double pourpre parue en 1810, qui allèrent rapidement orner les jardins.

Ce fut aussi vers ce temps que Wildenow, professeur de botanique à Berlin, prétextant que la dénomination donnée par Cavani'lles pourrait entraîner une confusion avec le genre Dalea, changea le nom Dahlia en celui de Georgina , en faisant hommage au voyageur naturaliste Georgi, de St-Pétersbourg et ce nom prévalut en Allemagne et en Angleterre jusque 1832 environ. Wildenow réunit les D. pinnata dont il décrivit plusieurs variétés : pourpre, lilas, rouge pâle, conserva le D. coccinea qui se reproduisait de semis sous le nom de Gccrgina eoccinea.

En Belgique, le Dahlia fut introduit vers 1802 ; en 1810, Mussche le cultivait au jardin botanique de Gand, et vers la même époque, F. Wiegers, lleuriste à Malines, annonçait dans son catalogue, des variétés de sept couleurs différentes. En 1813, Donkelaër, jardinier chef du jardin botanique de Louvain, obtint des Dahlias à fleurs doubles et les années suivantes, d’autres cultivateurs hollandais comme Van Eeden, de Haarlem, obtinrent des variétés doubles qui eurent un moment de vogue et se répandirent dans toute l’Europe ; introduites en France par Soutif, ces variétés eurent une part dans la création des Dahlias français.

Si pendant longtemps les Dahlias d’origine anglaise furent plus recherchés en Belgique, il arriva pourtant que les efforts des semeurs belges furent couronnés de succès et que Matteur,

jardinier de Du Mortier, de Tournai ; Haquin, de Liège ; Tassart, De Knyff, d’Anvers, etc., obtinrent des variétés qui égalèrent celles d’Angleterre. Il en fut de même en Allemagne où, entre autres Stock, Mardner et surtout J. Sieckmann, Christian Deegen, tous les deux de Kostritz, produisirent de bonnes variétés, et même des Dahlias fantaisie, dont une première variété a pointes blanches parut à Hambourg en 1834, furent plus recherchés et partant plus beaux qu’en Angleterre.

On doit aussi aux semeurs allemands, principalement à Sieckmann, vers 1850, la création du Dahlia Liliput ou Pompon , qui tout en conservant 1a, taille du Dahlia ordinaire se caractérisait par la production de nombreuses petites fleurs, et, en peu d’années, cette nouvelle race donna en Allemagne la plupart des coloris des Dahlias grandillores.

Dans les Dahlias à fleurs striées qui furent estimés, on dut à Van Geert, d’Anvers, l’un des plus remarquables de cette série le D.

Œillet de Bohême , jaune clair strié cramoisi et un peu plus tard, à De Guasco, amateur de Fauquemont, dans le Limbourg, une variété similaire le D. OEillet de Guasco.

Il faut aussi nommer un des plus célèbres cultivateurs de Dahlias de cette époque, J.

Wallner, de Genève, qui le cultiva dès le commencement du XIX” siècle et continua pendant plus de cinquante ans ; il en avait réuni une

des plus importantes collections commerciales

connues qui renfermait 1.400 variétés.

Le Dahlia depuis 1850.

En Angleterre, le degré de perfection atteint par le Dahlia dans la forme des fleurs ne permettait plus que d’espérer des progrès peu sensibles ou des coloris nouveaux dans le type désigné sous le nom de Dahlia d’exposition [Show Dahlia) ; par contre les Dahlias de fantaisie (,Fancy Dahlia) à fleurs maculées, striées, etc., qui jusqu’alors avaient été négligés, furent améliorés et ne tardèrent pas à égaler les Dahlias d’exposition.

Malgré la mode changeante qui tour à tour se détachait du Dahlia on y revenait, il y eut encore des semeurs comme Harrison, Holmes, Bush (de Bath), Perry, Dodd, Rawlings, Ch.

Fellowes (de Sottisham) et surtout William Keynes et Charles Turner, qui non seulement persévérèrent dans l’obtention de variétés nouvelles, mais, pour les deux derniers,répandirent dans le commerce les variétés obtenues par les semeurs de moindre notoriété.

Le succès des expositions anglaises de Dahlias fit que Ton ne considéra plus que l’extrême perfection de la fleur, même des seules fleurs d’estinées à ces expositions, sans s’inquiéter du port et des autres qualités de la plante ;

aussi ces variétés sans maintien déplurent sur le continent et auraient tout à fait discrédité le Dahlia, si des semeurs belges et surtout français n’eussent continué à produire des variétés qui ajoutèrent des coloris nouveaux aux qualités déjà acquises.

En France on remarquait parmi ces producteurs : Bauduin (de Loos-lez-Liile), Chauré (de Vitry-le-François), les frères Baitet (de Troyes), Miellez (d’Esquermes-lès-Lille), Chardine (de Montrouge), Mezard (de Puteaux), Laloy (de Rueilj, Baudinat (de Meaux), Lecocq-Dumesnil (de Paris) et surtout Basseville (de Passy) et Eugène Guénoux (de Voisenon), et en Belgique c’étaient Haquin, Cailloux, Van Renynghe, l’abbé Fichelle, Miquet, etc.

Les Dahlias Liliput furent introduits en France par Bauduin et finirent par être recherchés en Angleterre après que Sieckmann, Deegen et quelques autres eurent amélioré non seulement le coloris, mais aussi le port, car une nouvelle forme naine , à fleurs blanches, parut en 1862 et dès lors le port de la plante plus en rapport avec le Volume des fleurs rendit cette race plus méritante.

Vers 1890, on vit paraître en France, obtenue par Baudriller, une race à très grande fleur atteignant de 0.15 à 0.18 de diamètre et dont la variété la plus remarquable fut le D. Gloire de Paris à fleurs rouge grenat nuancé pourpre ' violacé.

Heinemann (d Erfurt) annonça en 1894, le D. Gloria ou à fleurs d’Anémones Ægir qui avait été obtenu dans le Midi de la France. Cette forme caractérisée par des capitules à centre formé de fleurons longuement tubulés entourés d’une seule rangée de larges ligules, fut introduite en France par Cayeux et Le Clerc (de Paris) qui, dès 1897, obtinrent le D. Professeur Mussat à fleurons bien plus développés et de la même couleur rouge que les ligules, et les années suivantes, ia sélection aidant, parurent d’autres coloris et des fleurs plus agrandies.

Peu de temps après 1850, on vit deux Dahlias curieux, d’abord le Dahlia à. fleurs vertes dont les capitules ressemblaient comme on a dit à une « tête d’Artichaut », obtenu à Versailles, par Salter et retrouvé une vingtaine d'années après en Allemagne, par Sieckmann ; puis un premier Dahlia à feuilles franchement bordées de blanc, obtenu en Autriche, en 1853, par Dôller, jardinier du comte de Schônborn près de Vienne et vendu par Van Houtte (de Gand) ‘sous le nom de D. Empereur François - Joseph.

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