ARISTOCRATIE
Mon dos vierge ignorait Toutrage des bretelles. Royalement coulaient mes cheveux sur mon cou. Et j'allais, bienheureux de ne pas savoir où, Oubliant — par dédain vos lois et vos tutelles :
Mais, Patrie! à présent, voici que tu m'attelles Au char égalitaire, où le même licou Accouple à ton bétail puant — le jeune loup Délicat que je fus... O nobles bagatelles.
Voiles clairs où ma vie aimait tant se draper, Musiques, Poésie, enthousiasme ironique, De vos prestiges fiers volez m'envelopper,
Sauvez-moi du contact naïvement cynique, Des citoyens soldats souillant ma pureté, De leur fraternité, de leur égalité!
8o TESTAMENT DE SA VIE PREMIÈRE
Quand on fut toujours vertueux On aime à voir lever l'Aurore :
Aussitôt que le soleil dore La cour du quartier poussiéreux,
Je saisis d'un bras vigoureux L'oreille au Jule ex-inodore, Telle une précieuse amphore, Je rélève, majestueux...
Au premier cri de l'alouette Je mets en branle la brouette Et fais balader le balai.
Puis m'éloigne avec l'assurance D'avoir rempli comme il fallait Tout mon devoir envers la France !