‹ Testament de sa vie première, recueilli et expurgéChapitre 4 sur 33 · OBERON · texte numérisé non relu

OBERON

(Et page Pûck de l'antenne Verte d'une sauterelle Les a griffonnés sur l'aile En velours d'un gros phalène.)

Je mis prisonnier l'Arc-en-Ciel Dans le filet d'une araignée, Où dansaient les rais du soleil Sur des globules de rosée:

Pour que la prison lui fût douce, J'ai dit aux clochettes du thym D'émouvoir leur cage de mousses D'un frais carillon de parfums;

Le jeune Arc-en-Ciel s'est dressé, Frissonnant d'aise au soleil clair,

En riant il a secoué Sa jupe de fragiles braises...

Il l'agite au rythme changeant Dont la brise berce la toile, Étoile des cheveux argent Et nacre d'une fée Urgelle,

DEVOIRS d'écolier

Il l'agite, et danse... oh! léger Balancement des flammes d'or, Or vert, rose et bleu, orangé, Qui vous mêlez I fluide corps,

Vois-tu à travers lui vibrer Les ailes d'eau des libellules?

Ondulent les colonnes d'air Soulevées par la canicule.

Et prodige qui me harcèle, Ces bruissements de couleurs Et de lumière folle isolent La splendeur d'une étrange fleur

Où je découvre Ton visage.

Et Ton corps, enfin dévoilé...

— Dans l'air passait un nuage, Tout s'est envolé 1

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