PAYSAGE LORRAIN
Tétant la pipe en porcelaine En ce cabaret délaissé, J'exhume longuement l'haleine Qui s'envole d'un cher passé ; Le soleil filtre par les vitres Et fait des ronds blancs sur le mur ; Il vagabonde entre les litres Et les verres à l'éclat dur ; Des mouches filent, caracolent, Et font des zigzags tournoyants, Tourbillonnent et se bousculent; Les cloches brament lourdement; Fillettes gentiment niaises Trottent leur missel dans la main Par grappes blondes vers l'église Offrir à Dieu l'éveil fervent De leur petit coeur en dentelles.
Qui cherche, cherche son chemin ; L'Amour s'exhale de la terre Comme un parfum lent et brûlant Qui me grise et sans fin m'altère Vertigineusement !
DEVOIRS D KCOLIER I I