‹ Testament poétiqueChapitre 44 sur 112 · HIVER BIENVENU · texte numérisé non relu

HIVER BIENVENU

Tout rouge dans le ciel opaque, un soleil rond Pareil à l'œil crevé de Polyphème, saigne. Les choses, à travers la brume qui les baigne, Incomplètes, ont l'air d'ombres qui se défont.

Voici les temps pour qui la mort est une enseigne ! La chair se crispe, hélas ! la poitrine se rompt, Et les malades se détachent et s'en vont Et les indigents nus maudissent : le mal règne.

Je vais comme eux souffrir : marasme, onglée et deuil. D'où me vient donc la joie amère et discordante Qui m'émeut à la bise et lui fait bon accueil ?

Je suis content. Je suis comme un damné de Dante, Un démon qui, jadis banni par Lucifer, Rentrerait le pied leste en son pays d'enfer.

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