‹ Testament poétiqueChapitre 46 sur 112 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

Il flotte des vapeurs vertes Où tout à l'heure il neigea.

Les fleurs ne sont pas ouvertes, Elles enivrent déjà.

Une couleur passe et change.

Une forme naît, s'enfuit.

La vierge dit : C'est étrange, Et sa gorge l'éblouit.

Voici l'heure mensongère.

Nous allons croire à l'amour !

Je cherche — et ne sais quoi — j'erre ;

Quel moment est-ce du jour ?

Emparadisant les choses, A l'Occident embaumé Pleut une cendre de roses :

C'est le soleil consumé.

Et voici qu'en face tremble, Balancée à l'horizon, La lune frêle, qui semble Une bulle de savon.

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