LES ÉTOILES
Je compte ce soir les étoiles Dont les dessins irréguliers De clinquant paillettent les voiles Qui traînent sur les bleus paliers.,
0 machiniste de féerie, Jéhovah ! malgré ton orgueil, Toute cette bijouterie N'est qu'un sublime trompe-l'œil !
Le regard divise et dénombre Les astres épars dans les cieux Et malgré leur éclat dans l'ombre, Ils n'offrent rien de précieux.
Ces diamants dont est baignée L'immensité, — sertis sans art, — Ne sont au fond qu'une poignée De sable qui pleut au hasard,
Des cailloux que leur choc allume, Des braises sombres, moins encor, De frissonnants globes de brume Qu'un reste de feu teinte d'or
Et dans les apparences bleues, Entre chacun de ces néants S'étend par millions de lieues Le vide, horreur des yeux béants...,