‹ Testament poétiqueChapitre 64 sur 112 · LA TÈTE · texte numérisé non relu

LA TÈTE

Je suis ce jeune Roi de l'Orient fatal Qui le soir d'un carnage, ivre encor de l'épée, Entré clans le harem sanglant de son rival, Y devint amoureux d'une tète coupée.

Pâle face innocente et d'or enveloppée!

On ne put retrouver sur le pavé brutal Son corps, tige de rose en fleurissant frappée. Le Roi fit embaumer ce masque virginal

Et l'aima, dans la myrrhe et dans les bandelettes, Si fort qu'unjour, baisant les lèvres violettes, Il tomba, comme si le froid l'en eût saisi.

Car mon rêve non plus n'a pas de corps. Et j'aime, Et mes bras pour l'étreinte et le baiser suprême Se tordent vainement : cela me tue aussi.

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