‹ Testament poétiqueChapitre 68 sur 112 · AU DESIR · texte numérisé non relu

AU DESIR

Hôte sombre, hùte ardent et sombre qui m'habites, D'où me viens-tu, Désir, Désir toujours béant ? Quand plus trempé de pleurs que les vieux cénobites, Je veux créer un Dieu, j'avorte d^n néant !

A mon infirmité cependant tu débites Je ne sais quel beau rêve aux seuls aigles séant... D'où vient, désir, d'où vient, flamme aux fureurs subites, Que l'action soit naine et que tu sois géant ?

Ah ! peut-être sors-tu de mon âme immortelle. Et dans ce corps chétif qui tremble devant elle, Instrument de douleur composé pour un jour,

Tu te sens de sa taille et te crois la puissance Qu'elle rassemblera sous son obéissance Dans les mondes futurs pour le futur amour.

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