‹ Tétanos BulbaireChapitre 16 sur 29 · EN NET · texte numérisé non relu

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Ré C D nd ©

"Si dr-à

__ Aaucun moment il n’y a de crises; les nuits sont assez

. le sommeil bon et la respiration n’est pas gênée. Traitement: Sirop de chloral donné dès le début. Enfin le 3 juillet, le malade se décide à entrer à l'hôst Ce n’est. pas qu il se trouve plus mal, mais, dit- il, c’est pour faire plaisir à son médecin.

3 juillet. Le malade est à l'hôpital. Sa ue offre une

asymétrie manifeste ; la moitié gauche étant abaissée et

portée en avant et la droite déviée et paraissant plus grosse. EE

La bouche est déviée à droite. De ce côté le lobule du nez est dévié, la narine dilatée ; la joue paraîl tuméfiée, le sillon labio-nasal est très accusé et la commissure dés ‘lèvres est relevée.

À gauche, la joue est flasque, la narine effacée et le sillon labio-nasal n'existe plus. En somme: paralysie faciale gauche très nette. Pas de sialorrhée.

Le masséter gauche est tendu, non douloureux à la pression ; le masséter droit est à peu près normal; par

suite, l’occlusion de la bouche bien qu’assez prononcée n’est pas complète et la mâchoire inférieure peut encore s’abaisser d’environ un centimètre. La parole, nasonnée,

est assez facile ; la langue se meut parfaitement dans tous

les sens.

Au cou, les sterno-cléido- mhéstordiens sont contractés

mais non douloureux; ils font un relief assez manifeste

sous la peau et sont surtout tendus à leur partie infé-

rieure; la contraction des muscles de la nuque n’est pas

exagérée. Les muscles du dos sont suffisamment contracturés pour que le malade ne puisse se baisser ; 1ls ne sont

pas douloureux, sauf nr le malade fait des mouvements.

Les muscles des nn sont indemnes ; ceux de la paroi antérieure du ventre sont légèrement ae. mais non douloureux. Aucune altération de la sensibilité ; réflexe rotulien un peu exagéré. .

Il y a quelques troubles dysphagiques, néanmoins la déglutition est possible.

La respiration n “est pas altérée comme rythme et fréquence, mais elle est un peu bruyante el entrecoupée de profonds soupirs.

Pas de fièvre: 36°,5 ce matin, — il n’y en a d’ailleurs Jamais eu. ;

Alimentalion : bouillon, lait, œufs crus.

Traitement: chloral, 8 grammes par JQUr; ; isolement complet du malade.

Le 5. Nuit un peu moins bonne que les précédentes : agitation, sommeil troublé par des cauchemars : ; légère crise de trismus pendant laquelle la langue a été serrée entre les dents.

Statu quo pour les différents muscles contracturés.

Pas de garde-robes depuis 3 jours ; miction régulière : alimentation satisfaisante.

Les 7 el 11. La situation s'aggrave progressivement ; les contractures sont permanentes et envahissent les muscles des membres inférieurs, surtout les postérieurs.

- Le 12. Statu quo. Traitement: un lavement de chloral matin et soir ; saignée, injection de sérum stérilisé,

Le 16. Nuit agitée ; crises non douloureuses, mais assez nombreuses pour empêcher tout sommeil ; elles ne se répètent pas dans le jour.

__ Contractures permanentes mais non douloureuses des

| muscles de la nuque, du dos, du ventre et des membres inférieurs. ;

Le trismus est plus prononcé, cependant le malade peut

défécation régulières. Respiration un peu gênée, mais suffisante ; pas de cyanose, injection de sérum stérilisé. A Le 17. Statu quo. s ë ; Jene prolongerai pas davantage cette observation : elle | n'offre d’ailleurs que peu d'intérêt, Comme on le voit il s’agit d’un cas de tétanos tout à fait bénin. À partir d’au- = jourd’hui, les symptômes, stationnaires pendant quelques + Jours, s’amendent progressivement ; les crises, peu vio- = lentes, se montrent surtout la nuit ; les muscles du ventre sont les derniers à revenir ‘à l'état normal. Enfin, le 14 août, la guérison est complète et le malade quitte LÉO l'hôpital.

++ A DIOBSrRVATION 11L = PoLLock, 1847. — Tétanos chez un D .. homme de 33 ans, consécutif à une légère blessure de la cornée gauche par un coup de mèche de fouet. Cicatrisation rapide et Sans complication. Le soir du 10° jour, le malade ayant été exposé à l'humidité, le trismus survient, et, le lendemain apparaissaient de la panophtalmie, la rétraction de la moitié droite de la face et une paralysie faciale gauche. Mort le soir. OBSERVATION PVR LANGENBEGK, 1869. — « Jeune garçon ‘ de 7 ans, qui, en juillet 1869, quelques jours après une plaie de la joue gauche avec corps étranger et paralysie faciale de ce

encore boire à la cuiller et même à la tasse. Miction et

Traitement: deux lavements de chloral ; 2° saignée et

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côté, fut pris de trismus puis de contractures des muscles de la face, du cou, du phar yax et des grands droits de l’abdomen. A

. l'aide de la sonde œsophagienne on lui administra deux grammes de chloral, ce qui le fit dormir toute la nuit jusqu à 3 heures du matin. De 3 heures à 9 heures il resta éveillé, mais calme : > à 9 heures, nouvelle crise assez intense. Une seconde fois le

chloral fut administré avec la sonde dont l'introduction pro-. voqua encore un accès. L'enfant redevint alors calme et s’en-

dormit, bien que le sommeil ne fût pas très profond. » L'observation s'arrête là.

Avant cette observation, rapportée, non tant pour mettre en évidence les phénomènes insolites d’une forme particulière de tétanos que pour montrer l'excellence du

traitement par le chloral, j'aurais dû, pour rester fidèle

à l'ordre chronologique, page la 1"° observation de Rose,

qui date de 1863. Mais, j'ai pensé qu'il y avait un intérêt

véritable à rapprocher les deux cas du chirurgien qui le premier a esquissé une description de cette forme curieuse de tétanos. 3

OBSERVATION V. — Rose, 1863. Tétanos céphalique avec paralysie faciale, consécutif à une plaie du rebord orbitaire gauche. Mort. — Frédéric Stuhr, cocher, âgé de 23 ans, fut amené le 2 février 1863, à l'hôpital Béthanie. Le 31 janvier il avait reçu un coup de manche de fouet sur l'extrémité externe du rebord orbitaire inférieur gauche. Il en était résulté une petite plaie triangulaire bientôt recouverte d'une couche noirâtre.

Dès le 1° revrier, le malade commença à souffrir, et le lendemain apparurent des contractures dans les muscles masticateurs, du dos et du ventre. Pas de fièvre (il n'y en eut d’ailleurs jamais); pas de vomissement, pas d’albuminurie; pouls normal : en somme, c'était un cas type de tétanos aigu. Seule-

po

ment la bouche était déviée à droite ; (l’ occlusion des paupières à gauche était incomplète ; la Soncibilite était partout conservée et en outre il ÿ avait une paralysie faciale gauche très manifeste. Impossibilité de la déglutition; écoulement continuel de la salive. De plus, de temps à autre, survenaient des crises dans les muscles contractés ; il y avait également des phénomènes d’asphyxie très marqués. Ces crises se reproduisaient Sponta-

nément, ou par l'excitation de la plaie, ou bien encore par les

tentatives de déglutition du malade. Intelligence parfaitement conservée. Le 3° jour, les crises envahirent les muscles des.

membres inférieurs, et vers midi le malade mourut dans un de

ces accès.

Le traitement avait coubisté: en l'administration d'un lavement contenant 20 gouttes de teinture d’ opium,

À l’autopsie, rien de particulier, si ce n’est un peu de con-

gestion de l’encéphale et des méninges ; toutes les branches du

facial étaient saines. | x

OgservarTiON VI. — Rose, 1870. Tétanos céphalique consécutif à une plaie profonde de la mâchoire supérieure droite;

. paralysie faciale. Guérison. — Il s’agit d’un matelot qui .

une chute s ‘était fait une plaie profonde de la mâchoire supérieure droite. Deux semaines après, il fut amené à l’hôpital avec tous les phénomènes d'un trismus complet; il existait

en outre de la contracture des muscles du dos et du ventre.

Mais alors un doute s’élevait : en présence de cette paralysie faciale si insolite, et bien que les phénomènes observés fussent tout à fait comparables à ceux du tétanos, était-on autorisé à admettre l'existence d’un tétanos traumatique léger, ou bien ne pouvait-on pas supposer qu'un corps étranger avait pénétré à travers la base du crâne, occasionnant ainsi des troubles encé-

phaliques? La situation et la direction de la blessure rendaient très vraisemblable cette supposition ; mais la suite de l’observa-

tion vint démontrer qu’elle n’était pas fondée. En effet, le malade n'eut jamais de fièvre ; pas de vomissement ; pouls normal ;

GLS

pas d'albuminurie, pas d’autres phénomènes paralytiques ; Ja-. mais de troubles du côté de l'intelligence ni des organes des sens; seulement les muscles contractés avaient de temps en temps des crises. :

Quelques jours après, avec la suppuration, un petit éclat de bois fut rejeté au dehors, et il fut facile de reconnaître à sa longueur qu'il était tout à fait impossible qu'il eût pu occasionner des désordres du côté du cerveau.

Après cette issue du corps étranger, tous les symptômes : du Kopftetanos disparurent, absolument comme dans beaucoup d'autres cas analogues disparurent les phénomènes tétaniques, : après l'extraction d’un corps étranger. Pcu de temps après, le malade fut renvoyé complètement guéri.

OBSERVATION VII. — KiRGHNER, 1872. — Soldat qui, le 21 octobre 1872, reçut un coup de feu à l'œil droit : épanchement de sang dans l'orbite ; exophtalmie prononcée: opacité commen- çante de la cornée ; affaiblissement de la vision. Douleurs très légères ; état général bon.

27 octobre. Quelques douleurs dans le cou. Paralysie faciale droite. | ce

Le 28. Déglutition difficile mais non douloureuse. Appétit conservé. Opacité de la cornée et pus dans la chambre antérieure. cd ne

Le 29. Trismus. Injections sous-cutanées de morphine.

Le 30. Tétanos généralisé.

1° novembre. Mort.

OBSERVATION VIII. — X..., 1874. Publiée dans les rapports de Saint-Bartholomew's Hospital. — Plaie de la paupière inférieure gauche ; paralysie et trismus simultanés le 6° jour. Mort le 16° jour.

OBSERVATION IX. — Dümocanrp, 1875. Tétanos céphalique ; paralysie faciale droite. Guérison au bout de 2 mois 1/2. — -Le 9 janvier 1875, un fermier des environs de Vizille, est, selon

api due

son habitude, en état d'ivresse; il tombe et sa tête frappe contre une pièce de bois; il se fait une plaie qui commence au-dessus du sourcil droit di remonte à {0 centimètres plus haut avec dé-

Collement à droite et àgauche. Tout! se passe bien pendant les premiers jours, la plaie se répare sans fièvre, sans état général grave, si bien que l'homme peut vaquer à ses occupations.

Le 18 janvier, 9 jours après l'accident, il fait observer que sa

bouche ne s'ouvre plus du côté droit, qu'il se mord les lèvres en mangeant; l'orbiculaire des lèvres est contracturé de ce

côté. Le 21 janvier les symptômes sont bien plus accusés ; l’as-

pect général de la figure est des plus curieux; vu du côté droit, __X..., paraît féroce, et du côté gauche il conserve son air bon

enfant. | Tout le coté droit est immobilisé et abaissé; tous les muscles sous-cutanés sont contracturés ; l'œil est largement ouvert et

les larmes coulent sur la joue: la bouche est fermée à droite,

et les mâchoires sont presque immobilisées par la contracture du masséter droit. Si le malade cherche à ouvrir la bouche du côté gauche, les lèvres se séparent et dessinent un ovale qui ne dépasse pas la ligne médiane. La mastication est difficile : la muqueuse des lèvres et de la joue à droite a de la tendance à s’interposer entre les dents ; de plus la joue droite forme un plan résistant qui ne renvoie plus les aliments sur la langue, La déglutition des liquides est également pénible et la salive s'écoule entre les lèvres. La pointe de la langue laisse voir deux ou trois petites plaies contuses rèsultant de sa surprise par les spasmes des mâchoires, surtout pendant le sommeil, l’état général reste bon ; le pouls est calme, la température normale de même que l'appétit, quoiqu'il puisse difficilement être satisfait à cause de la difficulté de la mastication et de la déglutition. Le 30 janvier, même état, la déglutition est encore plus difficile,

souvent les liquides passent de travers et font tousser. À partir -du 10 février, elle devient de plus en plus facile, les muscles

contracturés se relâchent; toutefois la guérison n’est complète que vers la fin du mois de mars.

SLR Le traitement a consisté dans pannes du chloral Se

du bromure de potassium.

Le malade est mort depuis de cirrhose du foie (1883).

OBsERvATION X. — ZsiGMonpy, 1879. Extraction -de dents cariées; télanos avec paralysie faciale. Mort de pneumonie. — Une femme de 41 ans, souffrait depuis 8 jours d'une dent Cariée : fluxion de ia moitié droite du visage et en même temps difficulté d'ouvrir la bouche, ce qui rend difficile l’alimentation.

Actuellement: Température normale ; la moitié droite du visage est fortement tuméfiée, rouge, douloureuse; les deux masséters, particulièrement le droit, sont contractés et les mâchoires sont serrées l’une contre l’autre. Le sillon labio-nasal est effacé, la commissure gauche de l1 bouche est fortement tirée à gauche. À droite, léger ptosis. La malade dit que souvent surviennent des crises dans les masséters, principalement la nuit. Pulvérisations de pe Peue de potasse dans la bouche.

24septembre 1879. Température matin 37°,2 ; soir 380,4; même état.

Le 25. Température : 31°,4. On endort la malade afin de pouvoir écarter les mâchoires l’une de l’autre, ce qui ne se fit pas sans grande peine ; puis on enleva trois racines de molaires cariées à la mâchoire inférieure et une molaire à la mâchoire supérieure. Dans l'après-midi, la malade pouvait déjà ouvrir la bouche d'environ 1 centimètre. Mais les jours suivants le trismus reste stationnaire, malgré l’usage de l’opium, de l'électricité et de la teinture de belladone; 10 jours plus tard survint une pneumonie double des lobes inférieurs à laquelle la malade succompba.

OBSERVATION XI. — KircHorr, 1879. — Femme de 52 ans, qui le 6 février 1879, tombe dans des épines et s'en enfonce une dans la tempe gauche. :

Sept jours après,trismus avec gène de la respiration et de te

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in le lendemain une crise ; et le surlendemain para-

lysie faciale gauche. On ouvre un He dans la région tempo-

ra à le gauche ; malgré cela, pas d'amélioration. Mort le 12 jour.

= OBSERVATION XII. — THÉNÉE, 1880. — Femme de 55 ans;

plaie delaracine du nez qui4 jours aprèss’enflammeun peu. Deux

jours après, paralysie complète de la face à gauche,contracture violente du masséter gauche et du temporal; rien à droite. Le

lendemain, paralysie faciale droite puis trismus à droite; ; dys- phagie ;le lendemain encore, raideur de la nuque puis niches

tonos. Mort rapide par œdème pulmonaire. re OBSERVATION XIIL — GOSsELIN, 1880. Tétanos unilatéral au début, simulant une hémiplégie faciale. Mort. — « X....

avait une plaie de tête presque insignifiante, n'intéressant que

les parties molles de l’occipital droit, quand il fut pris tout à

coup de contracture du masséter et des ptérygoïdiens du côté gauche ; sa physionomie ressemblait à s'y méprendre à celle d'un malade atteint d'hémiplégie faciale, à cause de la contracture des divers muscles de la face d’un seul côté. Nous ne nous sommes pas rendu un compte exact de ce trismus unilatéral et nous avions même prié M. Vulpian d'examiner ce malade;

. mais le lendemain les accidents étaient plus nets ; il n’y avait plus à en douter, nous avions affaire à un cas de tétanos. En

effet, les muscles du côté droit commençaient à être envahis, le trismus devint bilatéral, les trapèzes et les muscles du cou se prirent ; avec l'opisthotonos arriva la gêne de la déglutition et même la suffocation. Pendant que lé malade buvait, il passait du liquide dans les voies respiratoires et il se produisait à ce contact des spasmes violents de la glotte. Le tétanos est évident ; cependant le malade n’a pas encore les exacerbations violentes qui se produisent dans le cours de cette affection,

__mais la contracture reste permanente.

Traitement: 10 grammes de chloral par jour et injections

* sous-cutanées de morphine. Le tétanos ne se généralisa point,

RÉ Meta ne

mais le malade succomba en quelques jours aux accidents d’asphyxie causés par la contraction des muscles de la glotte et des muscles respirateurs. »

OBSERVATION XIV. — Vus Wa, 1882. — Homme, 41 ang plaie sus-orbitaire droite ; le 9° jour, trismus et impossibilité À de fermer l'œil droit: depuis, paralysie faciale droite ; à gauche contracture des Here de la face, en particulier de l'orbiculaire des paupières ; rien du côté de la nuque et des membres. Le trismus est tel qu’on le chloroforme pour ouvrir la bouche, mais ilasphyxie et on est obligé de faire le lendemain la trachéotomie. Le tétanos envahit la nuque et les muscles du ventre ; de plus, il se produit des spasmes intenses du pharynx, qui empêchent absolument l'introduction de la sonde Se gienne et la nutrition du blessé. Mort.

Rien de saillant à l’autopsie, malgré un examen minutieux du cerveau, du bulbe et de la moelle. SE 4

OBSERVATION XV. — LEHRNBECHER, 1882. — Homme, 43 ans, plaie au-dessus de l'œil gauche.

Au 5° jour, douleurs dans la nuqueet Le cou, puis dysphagie, trismus, paralysie faciale gauche, tableau de l’hydrophobie. Mort après deux jours. Autopsie négative.

OBSERVATION XVI. — MIDDELDORPFF, 1883. — Enfant de 3 ans, pipûre à la tempe droite. Successivement apparition des symptômes du trismus et de la paralysie faciale droite. 14 jours après sa blessure, entrée du malade à laclinique. Les symptômes deviennent de plus en plus accusés jusqu'au 11° jour. À partir de ce moment ils diminuent progressivement et 47 jours après le malade était complètement guéri. ; |

OBsERvATION XVII. —Mayenr, 1883. — Fille de 18 ans; blessure au sourcil gauche. 8 jours après, paralysie faciale gauche

EN

et impossibilité d'ouvrir la bouche. Marche lente des symptômes. Guérison après 54 jours de durée,

OBSERVATION XVII. — NANKIVEL, 1883. Tétanos traumaa tique aigu compliqué de par aiysie faciale. Mort. — Homme de RSS 33 ans; plaie du dos du nez. Deux jours après (12 mars 1883), Æ __ érysipèle de la face guéri au bout de 5 jours. eZ 18 mars. Le malade remarque qu'il ne peut ouvrir la bouche

ni fermer l'œil droit; ilest admisle lendemain à l’ hôpital et pré- - sente les mp iômes suivants : Les rides et les traits du côté droit-de la face sont complètement effacés, l'œil est- grand ouvert et ne peut se fermer; la bouche et l'extrémité du nez sont ___ déviés à gauche et la mâchoire inférieure ne s’ ouvre que juste assez pour qu’on puisse y introduire le manche d'une cuiller. Traitement : calomel et jalap; en outre, potion avec 10 grains d’iodure de potassium.

Le 20. La paralysie de la face peut être complètement neutralisée par un léger courant galvanique appliqué sur le trajet = dufacial. La respiration est considérablement gènce etsifflante.

1130 trimus reste sensiblement le même.

< Le 21. Le malade se plaint de douleurs à l’ épigastre: les mus-

À | cles du cou et du dos semblent durcis. On ordonne de la bella-

à done et duchloral.

: = Le 23. De bonne heure dans la matinée, le hotes un spasme très violent des muscles de la respiration, il est presque asphyxié. Il ya aussi del’ opisthotonos ; la paralysie faciale existe

RE __ encore et le trismus est aussi complet qu'auparavant.

__ Le 24. À eu plusieurs spasmes généraux depuis la veille.

Mort dans l'après-midi.

OBSERVATION XIX. de 1883. Télanos traumatique accompagné de paralysie faciale. Guérison après 45 jours. — Homme de 23 ans, renversé le 5 juin par une voiture. Bles-

sure grave du cuir chevelu dans la région temporo-pariétale droite, sans aucune frature au crâne. 16 jours après l’accident, le malade se plaignit de raideur du côté droit du cou: le

2 qe ee | ; lendemain sa tête était légèrement inclinée sur l'épaule droite et son visage tourné du côté gauche ; il ne panrait ouvrir la bouche que d’un demi-pouce. :

23 juin. Les muscles del abdomen, surtout les droits, étaient rigides. La blesure à ce moment (et du reste pendant tout a temps dela maladie) avait un bon aspect. On ordonna du chlo: ral hydraté par doses de 30 grains toutes les 3 heures, ce qui soulagea beaucoup le malade et diminua la rigidité. ES

Le 25. Le réflexe rotulien des deux côtés, est remarquablement augmenté. |

Le 27. Mème état : le malade a pour la première fois un ane spasme opisthotonique.

Le 27. Paralysie du côté droit de la face ét en même temps de l’orbiculaire de l'œil et des lèvres.

8 juillet. Délire et violent spasme avec opisthotense durant plusieurs minutes. Après l’accès, la sensibilité revint. Grâce à de fortes doses de chloral, le malade dormit tranquillement la nuit suivante et l’on remarqua que sa bouche était mieux ouverte que pendant l’état de veille. De fait, la rigidité des muscles de la mâchoire était alors légère, mais dès que le malade s'éveilla, elle revint. :

9 juillet et jours suivants. Le malade devint beaucoup pl faible, restant parfois évanoui et insensible. On lui donna de l’eau-de-vie et de l’opium au lieu de choral.

Le 14. Il eut un violent spasme avec extension des jambes, flexion des bras et une courbure marquée du tronc, à concavité gauche ; le côté droit de la face cependant restait sans contracture ; il n’y avait de spasmes ni aux larynx, ni au pharynx, les te passaient aisément. À partir de ce moment, les crises se succédèrent à plus longs 1AteP valles : la dernière cut lieu le 4 août. RS

16 août. La paralysie faciale avait complètement disparu. Réflexes rotuliens normaux. Le malade putse lever et marcher, bien qu'avec difficulté et un peu d’incoordination.

Renvoyé guéri le 18 août. :

ST, Lee

- -OBSERVATION XX. — TRiGLia, 1884 — Homme de 50 ans. Plaie contuse du sillon labio-nasal droit. Tétanos avec paralysie faciale droite. Guérison.

OBSERVATION XXI. — BErNHanpr, 1884. — « H..., âgé de 32 ans, se fit extirper le 17 octobre 1883, une tumeur dermoïde qui siégeait à l'arcade orbitaire gauche tout près de l'angle externe. La plaie résultant de cette opération guérit très bien. 5 jours après l'opération le malade éprouva une certaine difficulté pour ouvrir la bouche, difficulté qui alla en augmentant de jour en jour, la déglutition fut en même temps empêchée, et le 29 octobre le malade vint me consulter. Il se plaignait de douleurs lombaires ; chaque tentative de déglutition provoquait des spasmes des muscles déglutiteurs. Je constataitout d'abord une paralysie du nerf facial gauche dont les phénomènes, d’après la déclaration de H..., s'étaient présentés aussi quelques jours après l’opération. En outre, les arcades dentaires étaient pressées énergiquement l'une sur l’autre, et aussitôt que le malade voulait ouvrir la bouche, il v avait des contractions convulsives des masséters, contractions dont on s'apercevait par un fort grincement de dents qu’on entendait à distance.

Il est clair que dans de telles circonstances, la nutrition du malade était empêchée au plus haut degré : la déglutition des substances solides était tout à fait impossible ; de plus/la contraction réflexe des muscles du pharynx opposait une résistance insurmontable à la déglutition des liquides.

L’excitabilité électrique de la moitié paralysée de la face était intacte pour le courant faradique, de même que pour le courant constant, que l’on excitât directement ou indirectement le tronc ou les branchés du nerf. Le muscle frontal gauche excité directement à l’aide du courant constant, donnait seul des contractions, lentes il est vrai, sous l'influence de courants si faibles, que le muscle droit n'y réagissait pas encore. Il faut encore remarquer que des deux côtés du menton et à la lèvre inférieure il y avait un certain engourdissement. Les extrémités étaient

en état normal, Je diagnostiquai cette forme de tétanos, que E. Rose a décrit le premier sous le nom de tétanos de la tête (Kopftetanus), et jugeant l’état du malade bien dangereux, je lui conseillai de se rendre dans un hôpital, ce qu’il fit, à contre-

cœur il est vrai, parce qu’il n’était pas convaincu du danger

imminent. Trois jours après (2 novembre) le malade mourut. A l’autopsie, je ne trouvai rien d’anormal, sauf que la pie-mère présentait à la convexité un aspect trouble, de couleur lactée.

L'examen microscopique du nerffacial et de ses branchesadonné

un résultat négatif. »

OBSERVATION XXII. — GUTERBROCK, 1884. Plaie de la région sourcilière droite; tétanos céphalique avec paralysie faciale. Mort. — « Le 8 décembre 1883, fut envoyé à ma policlinique privée, par mon collègue Remak, un cocher de 31 ans, avec paralysie faciale récente et trismus très accentué : mastication et ouverture de la bouche complètement impossible. M. Remak croyant à la possibilité d’un trismus d’origine réflexe, songea à endormir le malade pour voir si peut-être il trouverait dans la bouche ou la gorge, la cause de ce trismus. D'autre part, voici ce qu'apprit l’interrogatoire du malade :

14 jours auparavant il s'était fait en tombant une blessure insignifiante et superficielle, siégeant au-dessus du rebord orbitaire droit et se dirigeant obliquement vers l’angle de l’œil où elle se terminait. La plaie, linéaire, fut de suite réunie au moyen de sutures par le D' Walhmüller, et se cicatrisa rapidement. Quatre ou cinq jours avant l'entrée du malade à ma policlinique des douleurs se montrèrent, des deux côtés, au niveau de l’artieulation temporo-maxillaire, douleurs telles que le malade, ne pouvant plus ouvrir la bouche, s’alimentait seulement avec des liquides. À peu près en même temps, — au dire du malade et de sa femme, — la moitié droite du visage fut attirée en bas, et lorsque M. Remak vit le malade pour la première fois (3 décembre) la paralysie faciale droite et le trismus étaient complets.

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Le malade attribuait ces phénomènes à un refroidissement prolongé qu’il avait subi, et avait complètement oublié la blessure insignifiante qu'il s'était faite deux semaines avant. Con-

tinuant à examiner le malade, Remak constata que la paralysie

était périphérique. Pas d’altération du goût.

L’exploration électrique démontra partout une réaction normale aux deux courants. Détail à signaler : l'examen électrique provoqua une crise de trismus. | Pour satisfaire au désir de Remak, j'essayai d'endormir le malade à l'aide du chloroforme. Mais à peine en avait il respiré quelques gouttes, qu'il survint un violent opisthotonos et une asphyxie menaçante : le visage et les mains du malade se cyanosaient et la respiration s’arrêtait. Alors, au moyen de la vis d’Heister, on essaya d’écarter les mâchoires fortement serrées

l'une contre l’autre, d'attirer la langue au dehors au moyen

d'une pince à langue ; en même temps on fit la respiration artificielle. D'abord, peu de résultat : le malade revenait lentement à lui, lorsque, soudainement, et à notre grande surprise, le malade se sentit bien mieux, put ouvrir légèrement la bouche

et avaler sans trop de difficulté. J'en avais assez avec cette ten-

d’anormal dans la bouche pas plus que dans la gorge. Malgré le danger imminent auquel il venait d'échapper, le malade vou-

tative de chloroformisation ; d’ailleurs, je n'avais rien trouvé

lut s'en retourner ; mais deux jours plus tard, en présence de

l'aggravation du trismus, il se décida à entrer à l'hôpital. L'examen actuel de cet homme, robuste, bien pris, montre à l'endroit précédemment indiqué une cicatrice très manifeste de ? à 3 centimètres et demi de long. La mâchoire inférieure s'écarte à peine pour admettre un tuyau de plume ; les muscles masticateurs sont contractés des deux côtés, la nuque est raide et le visage offre l'aspect caractéristique du tétanos traumatique avec paralysie faciale droite. Les contractures sont permanentes, et de temps à autre surviennent des accès occasionnés pour la moindre cause. Pendant l'accès, les mâchoires sont plus fortement serrées l’une contre l'autre et souvent la langue Je 10

ie

est prise entre les nie il y à en outre : A de la nuque, lenteur des mouvements du diaphragme et cyanose. Un examen minutieux des autres organes ne montre rien d’anormal. Transpiration abondante, urine rare et trouble, pas de selles depuis plusieurs jours. Traitement : chloral et injections souscutanées de morphine. En outre on écarte les mâchoires au moyen de la vis d'Heister et tire la langue au dehors avec la pince à langue. Le cathétérisme pratiqué, soit par le nez, soit par l'intervalle résultant de l’ extraction d’une dent, estimpossible à cause des spasmes énergiques des muscles du pharynx et le cathéter se plie dès qu’il arrive au fond de la gorge. Toutefois après les accès, le malade peut avaler qnelques gouttes de vin et de lait.

Bien qu'il n'y eût pas de fièvre, l'état s s'aggrava pendant la nuit.

Le lendemain (7 septembre), cinq crises violentes d'opisthotonos : on est obligé de donner le chloral en lavement, et on. administre ainsi 16 grammes de chloral en 24 heures et 0 gr. 03 de morphine. Même lorsque la bouche était un peu ouverte, la déglutition était impossible, et si par hasard quelques gouttes de liquide vetiaient à franchir l’isthme du gosier, elles ne pouvaient aller plus loin à cause des contractions de J'œsophage. D'ailleurs chaque tentative de Ne provoquait un violent accès. |

8 décembre. Cinq accès très violents et plusieirs plus faibles dans l'intervalle desquels le malade est complètement abattu.

À chaque crise il y a opisthotonos très évideut, et la difficulté de respirer est si grande que le malade saute à bas de son lit et cherche à s'asseoir. La durée de ces accès varie de 2 à 5 minutes, et dans le courant du jour, surtout après midi, leur violence devient si grande que le malade n’a plus la force de bougerdeson lit ;ilyaà plusieurs reprises issuéinvolontaire d'urine et de matières fécales; l'intelligence e.t légèrementobnubilée ; la respiration est sifflante, saccadée et fréquente, le pouls bat 108 foiset plus à la minute. l'empérature : matin, 37,9; midi,

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