‹ Tétanos BulbaireChapitre 4 sur 29 · PT · texte numérisé non relu

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d'affection qui démontre mieux que le tétanos, la faiblesse et l'impuissance des recherches dans toutes les parties de l’art de guérir. Connue d’ Hippocrate, dont les aphorismes n’ont pas été beaucoup ébranlés, cette maladie, étudiée depuis deux mille ans parce qu’elle a toujours conservé un caractère terrible de danger, n'a rien laissé connaître de bien certain ni dans sa nature, ni dans les lésions quil’accompagnent, ni dans les méthodes de traitement qui auraient pu seulement diminuer sa gravité. Et cependant que d'observations recueillies sous tous les climats, à tous les âges, dans tous les temps, pendant la paix et pendant la guerre ! Combien de médicaments préconisés chaque jour ! Avec quel soin n’a t-on pas examiné les centres nerveux, enregistré les températures avant el après la mort pour arriver à une thérapeutique rationnelle ! Les résultats aujourd’hui connus n’ont pas un caractère de certitude absolue en rapport avec la longueur et la multiplicité des recherches ».

Il s’en faut que le tétanos revôte toujours le même aspect. Déjà Hippocrate signale le tétanos droit, l’opisthotonos et le tétanos intermittent avec rémissions complètes. À cette division, Galien ajoute plus tard l emprosthotonos, plus tard encore on décrit le pleurosthotonos. Enfin, de nos jours, après les travaux si remarquables de Périeÿ l'étude du létanos entre dans une phase nouvelle. Aux formes précédentes, caractérisées . par la prédominance d’un symptôme, on en ajoute d’autres, suivant le mode de début, l'intensité ou la fréquence des spasmes, le degré de généralisation des contractures. À ce point de vue, on a divisé le tétanos, en tétanos généralisé et téta-

nos partiel ou localisé. Parmi ces localisations, une, assez rare, intéresse la têle : on a alors ce qu’on est convenu d'appeler le télanos céphalique. rm:

. Ce dernier, suivant ses manifestations symptomatiques est susceptible d’être divisé en plusieurs variétés au nombre desquelles, une surtout est curieuse à PUE d'un res: |

M existence d'une plaie siégeant sur le territoire des 12 nerfs crâniens paraît être sa cause invariable et comme symplôme on observe : une paralysie faciale constante, siégeant ordinairement du côté de la blessure, mais pouvant occuper le côté opposé ; des troubles dysphagiques à peu près constants, accompagnés quelquefois d’hydrophobie, et enfin des troubles de l'appareil respiratoire, très fréquents également et surtout très graves. On a donné à cette variété le nom de tétanos céphalique où hydrophobique de Rose. C’est d'elle que je veux parler, ayant eu l’occasion de l’observer.

Dans le courant de l’année 1891, le hasard de la cles

nique amena successivement dans les salles de l'hôpital Beaujon, deux malades atteints d’une variété singulière de létanos traumatique, variété qui, il y a quelques années seulement, passait, en France du moins, pour être excessivement rare, puisque M. Terrillon en 1887, rendant compte à la Société de chirurgie d’un cas de ce genre disait: «Je ne connais dans la littérature médicale qu’une observation analogue à la mienne, celle de M. le professeur Gosselin, relatée dans la Gazette des hôpitaux de 1884. » à

Cette conclusion ne tardait pas à être modifiée. Son auteur d’abord et tout le monde ensuite, reconnurent que

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celte variété detétanos n’était pas aussi rare qu’on l'avait cru tout d’abord. Toutelois, cette forme est loin d’être fréquente, puisque, malgré les cas assurément très nombreux de télanos traumatique, on compte encore ceux qui se rapportent à la variété en question.

Cette variété de tétanos était à peine signalée, que déjà des travaux importants lui étaient consacrés ; il suffirait de rappeler les noms de leurs auteurs pour en indider toute la valeur.

Aussi, en venant après des noms si autorisés, parler du tétanos céphalique, je n’ ai pas d'autre ambition que de signaler certains détails curieux qui ont été passés sous silence; d'autre part j'ai pensé, que peut-être ce serait faire œuvre de quelque utilité en groupant, plus ou moins bien, des matériaux épars, espérant par suite, faciliter les recherches de ceux qui plus tard AI écrire sur le même sujet. À

Tels sont les motifs qui m'ont décidé à prendre comme sujet de thèse: le tétanos dit « céphalique ».

Je diviserai mon travail en trois parties :

I. — Dans la première je retracerai d'abord l’historique de la question. Je n’insisterai pas longuement, ce travail ayant déjà été fait et très bien par M. Villar. Je citerai seulement quelques noms, marquant pour ainsi dire, chacun, une étape dans l’histoire du tétanos céphalique : au surplus, on pourra se reporter à la 2° partie de ma thèse, où les observations sont, dans ce but, rapportées suivant l’ordre chronologique.

Je discuterai ensuite la valeur du nom imposé à la maladie qui m'occupe: « tétanos céphalique », et j'expo-

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Fe “eévai les raisons qui me font nr cette expression.

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RENE La seconde partie. sera consacrée aux observa-

: re Je rapporterai d abord les deux qui me sont per- sonnelles, puisqu elles ont été le point de- ‘départ de mon

à travail. Quant aux autres, toutes ne seront pas citées avec les mêmes détails, et, suivant leur importance, je les reproduirai : in extenso, en abrégé, et pour quelquesunes je me contenterai de les signaler. Cette partie de ma |

thèse pourra paraître fastidieuse, peut-être même oiseuse cependant il me semble qu’on a plus de chances de bien décrire une maladie lorsqu’ on en a de nombreux exem-

I. — Enfin dans la troisième féntie ] aborderai LÉ chapitre clinique de la maladie, et comme corollaire je ferai suivre cette étude de quelques conclusions.

Mais avant de commencer, je n'aurais garde de manquer à un devoir auquel il m'est bien doux de m'as-

treindre: l’usage veut que, ses études médicales términées, le jeune docteur adresse un public hommage au dévouement et à la science des maîtres qui l'ont Los dans l'étude si difficile de l’art de guérir.

Je prie donc MM. Léon Labbé, Ollivier, Comboait Le Ricard, Bazy, Michaux, Picqué, d'accepter l'expression de ma profonde gratitude et de croire à mes meilleurs sentiments de respectueuse affection.

Que M. le professeur Le Dentu, qui a bien voulu me

faire l'honneur d'accepter la présidence de cette thèse, reçoive mes plus sincères remerciements.

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