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AVERTISSEMENT

Je ferai une prélace à cet ouvrage lorsqu'il sera devenu, comme le promet son litre, un traité d'anatomie médico-chirur<jicale. — L'anatomie médico-chirurijicale l cela existe. Sans aller jusqu'à dire avec Malgaigne : « ce n'est nullement un paradoxe d'affirmer que les anatomisles de profession ne possèdent que très imparfaitement l'anatomie «, on peut affirmer qu'il y a, à côté de l'anatomie descriptive pure, une autre anatomie, complément indispensable de la première, l'anatomie vivante, appliquée, topographique, médico-chirurgicale, comme on voudra l'appeler.

Pour le présent, je veux seulement faire connaître au lecteur, le plan sur lequel l'ouvrage est conçu et le but qu'il cherche à atteindre.

Nous ne manquons point de livres du même genre : la littérature médicale française est particulièrement riche en traités d'anatomie appliquée : nous avons Malgaigne, Paulet, Richet, Tillaux.,.; les littératures étrangères comptent de nombreux travaux : Luschka, Hyrtl, Merkel... ; œuvres françaises et étrangères sont toutes œuvres de maître.

Il m'a paru cependant que les ouvrages les plus récents ne répondaient plus parfaitement aux besoins agrandis de la pratique tant médicale que chirurgicale. Tel chapitre longuement traité n'a plus de raison d'être ; tel autre, à peine ébauché par nos maîtres, est devenu d'importance primordiale. Pour ne citer qu'un exemple emprunté aux sujets traités dans ce volume, n'est-il pas vrai de dire que le chapitre consacré à l'étude des centres nerveux doit tenir une grande place, dans un ouvrage qui voudrait servir de guide au médecin et au chirurgien, à la recherche d'un diagnostic ou d'une voie opératoire.

^,„, AVKIiTISSKMKNT.

A un auliv point de vue, les changements apportés dans nos méthodes d exploi-alion et d'(.pérali..n par les conquêtes i-écentes de la science, les trailemenis médicaux mo.iir.és par la conception plus nette des processus morbides, les hardiesses autorisées d'une chirurgie «lue rien ne peut arrêter, exigent une exposition autre, une compréhension plus large de l'anatomie médico-chirurgicale. ■

Il entre dans mon esprit de ne point Caire seulement l'anatomie des régions aux différents Ages de la vie, mais aussi celle des tissus, avec leurs aflinités et leurs réactions morbides diverses, souvent réglées par la provenance embryonnaire.

Je m'appliquerai encore à donner une description étendue de l'aspect des régions, à montrer comment une exploration attentive peut soupçonner, sentir et retrouver sous la peau l'anatomie des couches profondes et déterminer des repères infaillibles. J'essaierai, en un mot, de montrer le corps humain tel que le médecin le rencontre au lit du malade, tel qu'il apparaît sous le couteau du chirurgien, à la table d'opéralion.

Les dessins devront être nombreux, car l'anatomie s'apprend surtout par les yeux ; ayant à ma disposition un matériel anatomique suffisant, j'ai cherché à montrer les aspects divers des régions et la succession de leurs couches. J'ai prié M. Cuyer, l'artiste qui a bien voulu me prêter le concours de son talent, de ne jamais sacrifier l'exactitude à la beauté : ensemble, nous nous sommes efforcés de donner de toutes les parties une représentation aussi exacte que possible, telle qu'elle pût remplacer la pièce anatomique. — Il n'est pas bon de montrer les choses autrement qu'elles sont dans la réalité.

Paul PomiER.

Mai 1892.

AMÏOMIE MÉDICO-CHIRURGICALE

DE LA ÏÊTE

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