BULBE
Le hulhe, continuation de la moelle épinière, est formé, comme cette dernière, d'un certain nombre de faisceaux de cordons blancs entourant la substance grise centrale. Nous trouvons, en effet, à la partie inférieure du bulbe cette disposition ; mais, à mesure qu'on remonte vers son extrémité supérieure, la texture du bulbe se modifie assez profondément pour ne plus ressembler que de loin a la moelle : certains cordons blancs, au lieu de rester autour de la substance gnse, la traversent en décapitant les cornes antérieure et postérieure, et se portent vers les parties antérieures do l'organe. Ce sont les faisceaux moteurs pyramidaux croises et des faisceaux sensitifs des cordons latéraux et postérieurs de la moelle; ils vont constituer les pyramides bulbaires. La substance grise, ainsi fragmentée, se trouve disposée en colonnes distinctes parcourant le bulbe dans toute sa longueur; chacune de ces colonnes répond aux têtesel bases des cornes médullaires déjà décapitées; cesmômes
.,2g ANATOMIE MÈDICO-CIHRURGICALE.
colonnes émettent quelques prolongements ou noyaux : noyaux de Goll, noyaux de
Bui-dacli, etc. . , .
A ces éléments du bulbe, tous d'origine médullaire, viennent s ajouter d autres éléments de formation nouvelle ou d'origine cérébelleuse. Les formations nouvelles sont des amas gris : les olives, les parolives et les noyaux arciformes. Les éléments d'ori gine cérébelleuse sont des fibres blancbes, dites fibres arciformes internes et extei-nes.
Ces quelques lignes sont suffisantes pour démontrer la complexité de la texture du bulbe, et l'impossibilité d'en avoir une idée précise autrement qu'en l'étudiant sur une série de coupes microscopiques transversales. La texture de la protubérance et de l'isthme de l'ôncéphale, formés par les mêmes éléments que le bulbe, et
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Fig. 49. — Coupe schématique du bulbe rachidien. .
La coupe passe au niveau de l'entre-croisement des pyramides. — Pî/r. a., pyramide antérieure. — Enlr., lieu d'entre-croisement des cordons pyramidaux croisés, Cord. pijr. cr. — Tête c. a., tète de la corne antérieure séparée de la base, Base c. a., par le faisceau pyramidal croisé, Cord. pyr. cr. — Can. c, canal central du bulbe. — Base c. p., base de la corne postérieure. — Téle c. p., tête de la corne postérieure. — N. Goll, noyau de Goil compris dans l'épaisseur de la pyramide postérieure du bulbe, Pyr. p. — N. resL, noyau restitorme compris dans l'épaisseur des cordons ou corps restiformes, C. rest.
par d'autres éléments de formation nouvelle, ne peut être comprise que sur les coupes de l'organe. C'est pourquoi nous étudierons la conformation intérieure du tronc cérébral (bulbe, protubérance et isthme) à l'aide des coupes.
La constitution intime du bulbe n'est pas la même dans ses différents segments. Aussi, pour en avoir une idée suffisante, il faut étudier des coupes transversales de l'organe faites à divers niveaux.
La première (Voy. fig. 49), passant par le point ot'i les fibres des pijraniides antérieures s' entre-croisent (entre-croisement visible sur la face antérieure du bulbe), nous montre toutes les parties constituantes de la moelle cervicale ayant conservé à peu de chose près la même disposition. Au centre, le canal épendymaire, entouré do la substance grise. Le segment postérieur de celle-ci présente ses cornes intactes, mais déjà elles émettent deux expansions pénétrant, l'une dans l'épaisseur de la
i)K LA Ti>;riî.
pyramide poslôrieui'e (noyau de Goll), l'autre dans le corps resliforme (noyau de Ikirdach). Le segment antiiricur est traversé, à l'union de la base avec la tête de la corne antérieure, par un faisceau blanc (faisceau pyramidal croisé) qui décapite ainsi cette corne, isolant la télc de la base. Dans la disposition de la substance blancbe, ce qui frappe, c'est le trajet particulier d'un faisceau (cordon pyramidal croisé). Ce faisceau, situé primitivement entre les cornes antérieure et postérieure correspondantes, dans l'épaisseur du cordon latéral de la moelle, se porte en avant et en dedans, passe au travers du col de la corne antérieure, francbil le sillon médian antérieur et va se placer sur la face antérieure du bulbe, là où siégeait le cordon antérieur de la moelle, pour constituer la pyramide antérieure bulbaire. Au moment
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Fig. 50.
Coupe schématique du bulbe.
La coupe passe par le milieu des pjramides. - Fahc. c. p., faisceau des cordons postérieurs de la moelle passant à travers le col de la corne pos.érieure, pour arriver dans 1 étage antérieur du buircts'eîitre-croiser (Enlr.) avec celui du côté opposé au même niveau que les faisceaux pyram d u c oisés [Faisc. yyr. c.) el conslituer la partie sensitive des pyramides antérieures (Pyr. a)
- IhZl le nerf Rrand hypoglosse. - Têle c. a., tète de la corne antérieure - B.se c. a., base de on ; antérieure. - rêUc. p., tête de la corne postérieure. - Ba.e p., I.ise de la corne pos- ^^Z -Z: r- Py-mide potérieure. - N. Goll noyau de Goll. - C. resL, corps rest.forme.
- N. ms/., noyau restiforme. - Can. c. canal central du bulbe.
Où ce faisceau traverse le sillon médian, il s'entre-croise avec le faisceau du côté opposé qui se dirige en sens inverse. Cet entre-croisement est visible aussi, avonsnous dit, sur la face antérieure du bulbe, où il comble en partie le sillon médian.
Une deuxième coupe, passant par le milieu des pyramides (Voy. fig. 50), nous montre la même disposition que la coupe précédente, sauf en ce qui concerne les cornes grises postérieures. Celles-ci sont décapitées à leur tour par des ia.sceaux blancs qui se détacliont des cordons postérieur^ pour se porter en baut et en avant, et passer dans l'étage antérieur du bulbe au travers du col de la corne postérieure. Arrivés dans l'élagc bulbaire antérieur, ces faisceaux s entremêlent avec les
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faisceaux pyramidaux croisés (donl, nous avons déjà parlé), pour s'enlre-croiser à leur tour.
La troisième coupe, passant par le yuilieu de l'olive (Voy. flg. 51), nous montre le bulbe considérablement modifié, l'ar une sorte de déhiscence de l'organe, le canal
CoLs.pj- Coiju.ji. \ PcUsc.rcsji.
l(Ap.1ié Str.x..
Fig. 51. — Coupe schématique du bulbe passant par le milieu de l'olive.
Arc. ]njr.,\' dite pyramidal, — Hypog., nerf grand hypoglosse. — Sir. z., straluni zonale d'Arnold.— N.pyr., le noyau pyramidal ou arcilorme. — Pyr. a., la pyramide antérieure. — Rub. R., le ruban de Reil. — Ch. f. r., le champ de la formation réticulée, subdivisée par Floclisigen deux segments «et b. — Arc. oliv., l'arc olivaire, — Vague., le nerf vague. — Olive, l'olive bulbaire avec son pédoncule (Perf. ol.) pénétrant par le hile. — Paroi, a., parolivc antérieure. — Paroi, p., parolive postérieure. — JV. c. t., le noyau du cordon latéral. — Cul. m. a., la colonne motrice antérieure (tète de la corne antérieure.) — Farm. r. lal., la formation réticulée latérale. —j4rc. rest., l'arc restiforme. — Faisc. cérébell., le faisceau cérébelleux direct de la moelle. — C. renl., le corps restiforme. — Faisc. resp., le faisceau respiratoire. — Col. s. a., la colonne sensitive antérieure (tèle de la corne postérieure). — Col. m. p., la colonne motrice postérieure (base de la corne postérieure.) — Col. «. p., la colonne sensitive postérieure (base de la corne postérieure).
La moitié gauche de la coupe est destinée à montrer le trajet du faisceau olivaire [Faisc. olir.) lequel, parti du corps et du noyau restiformc gauches [C. et n. resL), traverse ou contourne l'olive gauche (01. g.) pour se réunir au niveau du hile de cette olive en un faisceau, commissure interolivaire (Commiss. inlcrol.,) qui traverse le raphé, passe à travers le ruban de Reil et les racines du nerf hypoglosse pour pénétrer par le hile de l'olive droite dont il l'orme le pédicule. Constitué par des fibres d'origine cérébelleuse qui abordent le corps rcstiforme, ce faisceau met l'olive en connexion intime avec le cervelet.
central a disparu, ayant rejeté sur les côtés les parties qui le fermaient en arrière. La coupe présente de chaque côté 3 arcs de cercle, sur les contours appartenant à la pyramide antérieure, à l'olive et au corps restiforme; les deux moitiés du bulbe sônt séparées par le raphé médian formé de fibres entre-croisées.
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A. — Dans le territoire limité par le premier arc, apparaît : i° la coupe delà pyramide antérieure (formée, comme on sait, par la réunion du faisceau pyramidal direct de la moelle ou faisceau de Turck et du faisceau pyramidal croisé). Cette coupe est limitée en avant par un croissant do substance grise, le noyau pyramidal ou avciforme. Ce noyau est lui-môme recouvert par une couche de fdires blanches transversales, le slralum zonale d'Arnold, formé de rd)res arciformes. — 2" Derrière la pyramide, une région triangulaire liase antérieure, à sommet arrondi arrivant presque jnscju'au vtintricule, et dont les bords sont limités en dedans par le raphé, en dehors par un tractus blanc naissant sous le plancher du ¥ ventricule et quittant le bulbe entre l'arc formé par la pyramide et celui de l'olive; ce sont les fibres intra-bulbaires du nerf grand hypoglosse. Ce triangle traversé dans le sens transversal par des fibres (fibres arciformes internes) entre lesquelles se trouvent des cellules nerveu^es, présente deux parties : a.) Une |)ostérieure, champ (le la formation réticulaire. (Là se terminerait et se transformerait le faisceau fondamental antérieur de la moelle. Flechsig y distini;ue deux parties : celle ^iluée au niveau de la pointe du triangle serait la continuation du faisceau fondamental du cordon antérieur de la moelle; et au-devant de celle-ci, une aulre suhdivision contenant des fibres du même cordon médullaire et d. s fibres des couches optiijues ) — b.) La partie antérieure, dite région interolivaire ou ruban de Heil (ce serait la.porlion sensitive des pyramides, formée par les faisceaux du cordon postérieur de la moelle qui se sont entrecroisés plus bas [Sappey et M. Duval]).
B. — Dans la concavité du deuxième arc, ou arc olivaire, nous Irouvons : 1» une masse de substnnce grise, Volire (olive inférieure ou olive bidbaire), plissée, ayant la forme d'unç bourse dont l'ouverture ou bile regarde eu arrière et eu dedans. Par cette ouverture, pénétre dans la cavité de l'olive un faisceau blanc (faisceau olivaire ou pédoncule de l'olive), qui s'épanouit dans les éléments cellulaires qui la conslitueot. (Ce faisceau, venu du cervelet, passe par le corps restiforme, traverse ou contourne Tobve opposée, franchit le raphé, enfin pénètre parle bile; de la face externe de l'olive parlent de nouvelles fibres qui iraient vers le cerveau.) — En avant et en arrière de l'olive, on voit deux lamelles grises accessoires : parolive antérieure (noyau juxla-olivaire interne ou grand noyau pyramidal) séparée de l'olive par le tractus blanc du nerf hypoglosse; et parolive postérieure (noyau juxla-olivaire externe). — L'olive et les parolives sont des amas gris de nouvelle formation. - 2» Derrière l'olive, nous Irouvons une région limitée en dedans par le tractus de l'hypoglosse, en dehors par un autre tractus blanc (les fibres intra-bulbaires du nerf vague), et s'étendant en arrière jusque près d.i plancher ventriculaire; ce champ bulbaire très complexe renferme : a.) A la partie postérieure, un mélange de fibres et de cellules; la formation réticulée latérale [ce serait la continuation de la formation réticulaire médullaire (corne latérale) et du tractus intermédiaire visibles sur la moelle cervicale. Pierret attribue à ces formations un rôle trophique et vaso-moteur (Brosset, thèse de Lyon, 1891); là se termine aussi le faisceau latéral profond de la moelle]. - b.) En avant et en dehors de cette formation, près des fibres du vague, on voit la coupe d'une colonne de substance grise : colonne motrice aniérieure (c'est le prolongement de la tôle de la corne antérieure; elle constiîue à ce niveau le noyau moteur du vague ; on voit des fibres se détacher de ce noyau pour rejoindre le faisceau radiculaire principal do ce nerf ) — c ) En avant et en dehors de cette masse, un autre amas cellulaire, le noyau du cordon latéral (noyau anléro-latôral), contenu dans l'épaisseur
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du faisceau latéral ou intermédiaire du bulhe (d'après BcclUerew, dans ce noyau se terminerait le faisceau périphérique inclus dans la partie antérieure du cordon latéral de la moelle).
C Le troisième arc (arc postéro-laléral du bulhe, ou arc des corps restiforraes), dont la limite profonde répond aux fibres d'origine du vague, s'étend superficiellement depuis le bord du plancher veniriculaire jusqu'au niveau de l'émergence du nerf vague. 11 renferme : 1» la coupe du (;orps restiforme, ou pédoncule cérébelleux inférieur. [Ce faisceau blanc occupe à ce niveau le plan des faisceaux du cordon postérieur de la moelle (faisceau de Hurdach et de Goll) qui ont déjà pénétré dans l'épaisseur du bulbe ; il est formé par le faisceau cérébelleux direct de la moelle (qui le coiffe extérieurement^, par des fibres émanées des noyaux de Goll et des corps restiformes, qui se rendent dans le cervelet; enfin par des libres émanées de la formation réticulaire latérale et du faisceau olivaire croisé, et qui forment les fibres arciformes internes du bulbe. En somme, ce faisceau met le cervelet en connexion avec la moelle et les éléments dulîulbe]. — 2" A la partie antérieure de celte région, et accolée aux fibres du vague, nous trouvons la coupe d'une colonne de substance grise : In colonne sermlive antérieure (elle représente la tête de la corne postérieure d(! la moelle, isolée; elle donne naissance à la racine ascendante du trijumeau). — 5" A la partie postérieure de la région, près de l'origine des libres du vague, on distingue la coupe d'un faisceau blanc : faisceau nerveux respiratoire (l^ddinger) (ce faisceau unirait le noyau du vague à celui du phrénique contenu dans la moelle, et l'excitation centrale du vague produirait la tétanisation du phrénique [Eddinger|).
Pour compléter la description de cette coupe, il nous reste un petit territoire, formé de substance grise, limité : en avant, par les extrémités postérieures des trois régions décrites ; en arrière, par la couche épendymaire recouvrant le plancher veniriculaire; en dedans, parle raphé médian; en dehors, par le corps resliforme. Nous avons dit que le plancher veniriculaire résultait de la déhiscence du canal central du bulbe, produite par la disjonction des parties qui le formaient en arrière. Les parties qui entouraient immédiatement ce canal sont donc devenues superficielles; or ces parties ne sont autre que les bases des cornes grises antérieures et postérieures, déjà décapitées, et dont nous avons trouvé les têtes refoulées dans l'épaisseur du bulbe. La masse grise la plus interne, celle qui se trouve contre le raphé (ou mieux la tige du calamus) appartiendra nécessairement à la base de la corne antérieure : c'est la colonne motrice postérieure (noyau d'origine du nerf grand hypoglosse). La masse grise située en dehors d'elle appartient à la base de la corne postérieure, rejetée en dehors de la première, elle constitue la colonne sensitive ■postérieure (noyau d'origine du nerf vague).
Sur la face externe de la coupe du bulbe et dans son épaisseur, nous avons déjà indiqué l'existence de nombreuses fibres à direction transversale ou légèrement oblique, ce sont les fibres arciformes : externes et internes. Les fibres internes, d'origines multiples (elles viennent des noyaux de Goll et de Burdach pour aller dans le ruban de Reil, des corps restiformes ou pédoncules cérébelleux inférieurs et enfin de l'olive) s'entrecroisent dans le raphé. — Les fibres externes forment le stratum zonale (Voy. Isthme) ; elles se mettent en rapport avec le noyau pyramidal (arciforme), déjà décrit, et le corps restiforme du côté opposé.